‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 300 sur 312 · LETTRE DE LA MARQUISE DE MAINTENON · texte numérisé non relu

LETTRE DE LA MARQUISE DE MAINTENON

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Numéro 2060.

FEMMES CELEBRES

* 2062 •+ LA VIGNE (Anne de), fille du médecin, célèbre femme poète, une des précieuses de la société de l'hôtel de Rambouillet, n. vers 1640, m. à Paris, 1684. Ses poésies ont été recueillies dans le volume des Vers choisis du père Bouhours. L. A. S. à Huet (à Caé'n) ; 18 mai i665, 2 p. in-8. cachets et soies. Jolie pièce. Très rare. — P.

Piquante épitrc, qui est un exemple typique du style des Précieuses. Elle parle d'une lettre galante de M. du Mesnil. « Vous m'obligerez fort de luy dire que je luy permets de m'envoyer douse autres lettres aussy galantes qu'est celle qu'il m'a escrite et d'aimer vint-cinq belles et jeunes personcs à la fois, si le cœur lui en dit. Pour vous, Monsieur, je n'ay point d'avis à vous donner là dessus. Je say que vous en faites parfaitement bien vostre devoir et j'ay apris de bonne part que vous n'usez pas vos petits rabats à Caè'n. Vous pouvez bien penser que je n'ay garde de blasmer vostre conduite, moy qui n'ay pas le coeur de condamner celle de M. du Mesnil. Faites donc en province tant de maîtresse qu'il vous plaira. J'en scray ravie, pourveu que vous me fassiez la grâce de croire que je suis vostre très humble servante. »

* 2o63 s- MONTESPAN (Françoise-Athénaïs de Rochechouart, marquise de), fille de Gabriel de Rochechouart, premier duc de Mortemart, sœur du maréchal de Vivonne, une des plus célèbres maîtresses de Louis XIV, n. au château de Tonnay- Charente (Charente-Inférieure), 1641, m. à Bourbon-rArchambault, 28 mai 1707.

i° L. S., signée aussi par sa sœur aînée Gabrielle-Victoire de Rochechouart, marquise de Thianges (m. à Paris le 12 septembre 1693), à une amie. 1 p. in-4. Magnifique pièce. Très rare.

Lettre des plus piquantes écrite en caractères microscopiques, tandis que les signatures sont d'une grandeur exagérée. « Nous prenons la liberté de vous présenter ces petites étrennes qui accompagnent les souhaits que nous faisons pour votre prospérité et santé. Que Dieu augmente votre courage, qu'il conserve votre bonne humeur, qu'il maintienne la fraîcheur de votre teint, qu'il rende vos eaux purgatives, les sueur abondantes, les fraises rafraichisantes etles poix plus aisez à digérer. » — Cette pièce est une1 véritable curiosité.

20 P. S., sur vélin, par la reine Marie-Thérèse d'Autriche (femme de Louis XIV, n. 1 638, m. 1 683) ; Saint-Germain-en-Laye, i3 avril 1679, l/2 P- in-4 oblong. Très importante pièce.

Très curieux document. Elle fait don à Madame de Rochechouart de Montespan, surintendante de sa maison, d'une pension annuelle de six mille livres pour subvenir aux dépenses que celle-ci est obligée de faire pour son service.

•3- 2064 -f MONTESPAN (Françoise-Athénaïs de - Rochechouart, marquise de).

L. A. à son Altesse royale..., 2 p. 1/4 in-4. Superbe et très rare pièce. (Coll. Dubrunfaut) .

Précieuse lettre dont voici le texte: « Je suis bien fâchée que les soupsons de vostre Altesse roialle est eu de sy juste fondernant et que vous soiiés an nestat de perdre un homme quy me parest sy nésaisere au personne ausquelle il s'est ataché. Je parleray se soir au roy qui par malèur est alay à Versaille avec la reyne. Insy je ne puis voir M. Colbert que demain, mes je croy que rien n'est plus important que de savoir présisémant ou il sest, et sy s'est dans une meson religieuse vous pouriés demander à M. de Paris (l'archevêque de Paris) que l'on luy retins jusca se que vous luy aiés parlay. Je ne puis asest vous dire la part que je prans à vostre douleur. Toutte selle que vous avest me sont très sansible et felle sy me parest sy resonable que- je la sans doublemant. ■> — (On voit que l'orthographe de la marquise était des plus fantaisistes.)

FEMMES CÉLÈBRES

4- 2o65 -s- URSINS (Anne-Marie de La Trémoille, princesse des), la célèbre gouvernante du roi d'Espagne Philippe V, dont elle négocia le mariage avec Marie- Louise de Savoie (i 701), disgraciée en 17 14, n. vers 1641,01. à Rome, 5 décembre 1722. L. A. S. à M...; Madrid, 17 décembre 1706, 1 p. in-4. Belle pièce. (Coll. Charles de Halm.)

Superbe lettre ou elle lui fait part de la prise d'Alcantara par le marquis Debay, qui s'en est rendu maître par escalade en deux heures de temps. « 11 n'y a perdu que douze hommes et il a fait la garnison prisionaire de guerre. Vous sçavez de quelle importance est cette place pour sa Majesté catolique dans un temps où l'on peut apréhender que les Portuguais avec le secours qu'ils ont receu ne fassent quelque nouvelle entreprise de ce costé là

*- 2066 * LA VALLIERE (Françoise-Louise de La Baume Leblanc, duchesse de), la plus sympathique des maîtresses de Louis XIV, qui se retira aux Carmélites du faubourg Saint-Jacques en 1674 et y fit profession sous le nom de sœur Louise de la Miséricorde, n. à Tours, 1644, m- a Paris, 6 juin 17 10.

L. A. S. à Madame Bourin de La Haye, à Orle'ans; i5 octobre (après 1675), 2 p. in-8, cachet brisé. Très précieuse et très intéressante pièce. — P.

Charmante épitre dont voici le texte : « Je suis bien obligée à Monseigneur le cardinal de Coislin de sa bonté. Faite bien des honestetés à M. Massuau de nostre part. Il prendra toujours soin de vous et de nous avertir de ce que nous pourons faire pour vous, ma bonne dame. Pour ce que vous nous marqués, nous somme fâchée de ne pouvoir ^-^S \

le faire; nous ne devons point nous mè- . /-— m *

1er de ces sortes de choses. En tout ce que nous pourons vous marquer nostre amitié, nous le ferons, priant Dieu pour vous avec affection. »

4 2067 -s- MAZARIN (Hortense Mancini, duchesse de), nièce du cardinal Mazarin, célèbre par ses galanteries, femme du fils du maréchal de La Melleraie, qu'elle abandonna pour s'établir en Angleterre, n. àRome, 1646, m. àChelsea, 2 juillet 1699. P. A. S. de trois lignes au bas d'un mémoire ; Paris, 17 mars 1666, 1 p. in-fol. Jolie pièce. Rare. Approbation d'un mémoire d'étoffes et de robes, s'élevant à la somme de trois cent quatre-vingt-dix-neuf livres quatorze sous.

4- 2068 * LAMBERT (Anne-Thérèse de Marguenat de Courcelles, marquise de),

femme de lettres, qui tint un des salons les plus recherchés de Paris, auteur des

Avis d'une mère à sa fille, n. à Paris, 1647, m- dans la même ville, 12 juillet 1733.

L. A. S. (à l'évêque d'Avranches Huet) ; (Paris, 1670), 3 p. pet. in-4. Très belle pièce. — P.

Superbe lettre où elle le remercie de l'envoi de son livre sur l'Origine des romans. « Tout le monde vous doit des remer* cimens. Quand vous vous occupez, vous travaillez pour les sçavans; quand vous vous amusez et délassez, vous travaillez pour nous et vous ne dédaignez pas notre sexe. Je voudrois bien que vous le pussiez guérir du mauvais goût qui règne à présent. Ce sont ces contes qui ont pris la place des romans. Puis qu'on nous bannit, Monseigneur, du pays de la raison et du sçavoir et qu'on ne nous laisse que Fem-

pire de l'imagination, au moins fau- -7 jr f\ /)

droit-ilresver noblement et que l'esprit r/ ' LS* / j et les sentimens eussent quelque part à ' / f t>cL4£f2/ÎS& C^i^tj

nos illusions...

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