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vants : le cardinal de Richelieu, Voltaire, Jean-Baptiste Rousseau, Titon du Tillet, Diderot, Beaumarchais, Ballanche, La Mennais, madame de Staël, Lamartine, Mérimée, Silvio Pellico, Victor Hugo, le baron d*Eckstein, Alexandre Dumas père, Philarète Chasles, Jules Janin, Frederick Lemaître, Chateaubriand et Honoré de Balzac.
La série des écrivains vivants est également fort belle. Le doyen d'entre eux est M. le baron Feuillet de Conches, qui est à la fois le roi des amateurs d'autographes, et un écrivain des plus distingués. Peu après lui viennent M. Cuvillier-Fleury, l'éminent critique, et M. Paul Lacroix, un des chefs de l'école romantique et un des initiateurs du goût des autographes en France.
La poésie est merveilleusement représentée. En première ligne nous trouvons notre grand Victor Hugo, qui n'occupe pas moins de huit numéros. C'est là un ensemble des plus curieux. Tout d'abord nous voyons Victor Hugo annoncer en termes touchants à La Mennais son mariage avec Adèle Foucher. Puis viennent deux pièces de vers d'époques fort différentes, des lettres remarquables à George Sand, à Lamartine et à Villemain, et enfin deux charmants dessins faits pour sa lille unique Léopoldine. A la suite de l'auteur de la Légende des Siècles nous trouvons toute la pléiade des poètes contemporains : Leconte de Lisle, Théodore de Banville, Napoléon Peyrat, Soulary, André Lemoyne, Sully-Prudhomme, Armand Silvestre, Ernest d'Hervilly, François Coppée et Anatole France.
L'art dramatique nous offre Labiche, Auguste Vacquerie, Paul Meurice, Emile Augier, Alexandre Dumas fils, deux lettres sur la maladie et sur la mort de son père, Victorien Sardou. Ludovic Halévy et Edouard Pailleron. Parmi les romanciers on remarque Octave Feuillet, Champtîeury, Edmond de Concourt, Emile Zola, Alphonse Daudet et sa femme, Henry Gréville et Judith Gautier. Je citerai enfin Ernest Renan, un des maîtres les plus parfaits de la littérature moderne^ le brillant trio de l'Ecole normale, Edmond About, Hippolyte Taine et Francisque Sarcey, madame Adam, l'éminente directrice de la Nouvelle Revue, Gilbert-Augustin Thierry, l'auteur du Capitaine Sans-Façon, Charles Monselet, le poète Mistral, etc.
M. Bovet n'a pas spécialement recherché les érudits; cependant les grands noms de l'érudition française sont représentés dans le catalogue par Mabillon, Montfaucon, Letronne, Champollion, Burnouf, Jules Quicherat, Mariette et Léopold Delisle.
On le voit, M. Alfred Bovet a, dans cette partie de sa collection, résumé en quelque sorte l'histoire des lettres françaises depuis le quinzième siècle jusqu'à nos jours. C'est un monument remarquable qu'il a pieusement élevé à nos grands écrivains, et je ne doute pas que tous les lettrés lui en sachent gré.
Les littératures étrangères ne sont pas moins familières à M. Bovet; le présent catalogue en témoigne hautement. Ce n'est pas à M. Bovet que s'appliquerait cette accusation d'ignorance et de dédain de ce qui se passe en dehors d'eux qui a été si fréquemment lancée contre les Français. Il connaît tous les meilleurs écrivains de l'Europe et il nous le prouve.
La partie des littératures étrangères s'ouvre par l'Allemagne. Cette série est, sans contredit, la plus remarquable qui ait été formée en France; elle ne compte pas moins de cent cinquante-six numéros. Elle s'ouvre par une pièce de premier ordre par sa rareté et par son importance historique, Johann Reuchlin. Une précieuse lettre de Martin Luther vient ensuite. Après Luther il faut citer ses collaborateurs et en première ligne Ulrich de Hutten, dont les autographes sont de la plus grande rareté, puis Nikolaus von Amsdorff, Bugenhagen, Jonas, Melanchthon et Cruciger.
Au dix-septième siècle on trouve Martin Opitz, Hofmann von Hofmannswaldau et Leibniz. Le
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dix-huitième siècle a de nombreux représentants : Gottsched, Zinzendorf, Hagedorn, le grand Frédéric, une magnifique lettre à Voltaire ; Kleist, Gellert, Winckelmann, Gleim, Uz, Kant. Klopstock, une lettre des plus curieuses en français à Petion; Lessing, une des plus précieuses lettres qu'on connaisse de lui ; Moses Mendelssohn, Wieland, Herder, Biirger. Voss, Forster, une piquante épître, Matthisson, Jean- Paul Richter, Werner, Hœlderlin.
Goethe, dont le génie domine le dix-neuvième siècle, quoiqu'il appartienne au dix-huitième par sa naissance, mérite une mention spéciale. Le catalogue contient de ce grand homme quatre lettres capitales, dont une à Schiller, et des autographes de son père et de sa mère. On ne peut séparer de Gœthe son plus intime ami, Schiller, qui est représenté par trois lettres admirables et par des autographes de son père, de sa mère, de sa femme et de ses enfants. Ce sont là deux dossiers de premier ordre.
Au dix-neuvième siècle la littérature allemande est représentée par Arndt, Hegel, Tieck, précieuse lettre de sa jeunesse; Schelling, Hoffmann, une pièce avec un dessin; Niebuhr, Chamisso, Justinus Kerner, Uhland, Rtickert, Schopenhauer, Theodor Kœrner, une lettre du plus grand intérêt; Heinrich Heine, quatre lettres fort intéressantes; Lenau, Freiligrath, Leopold Ranke, le doyen d'âge des écrivains allemands, Auerbach, Mommsen, Scheffel, Hartmann, etc.
La série anglaise est moins importante, mais elle contient de très belles pièces. Elle commence par Bacon, Locke, Antoine Hamilton, Swift et Addison. Puis viennent, pour le dix-huitième siècle, Bolingbroke, Edward Young, Pope, Richardson, Fielding, Thomas Reid, David Hume, la dernière lettre. qu'il écrivit à la comtesse de Boufflers ; Walpole, Adam Smith, Gibbon, Sheridan et Robert Burns, une précieuse lettre. Au dix-neuvième siècle, nous trouvons Malthus, Wordsworth, Walter Scott, Coleridge, Thomas Moore, Thomas de Quincey, Byron, une magnifique lettre; Shelley, une précieuse lettre à Byron ; Carlyle, superbe et très intéressante pièce ; Macaulay, Bulwer-Lytton, Tennyson, Thackeray, piquante épître ornée d'un dessin, Dickens, George Eliot et Swinburne.
L'Italie est bien représentée par les noms suivants : Poggio Bracciolini, Marsilio Ficino, Matteo Boiardo, Machiavel, Bembo, Guicciardini, Aretino, Alciati, fra Paolo Sarpi, pièce des plus rares ; Torquato Tasso, précieux volume avec annotations autographes ; Metastasio, Goldoni, l'abbé Galiani, Alfieri, Filangieri, Ugo Foscolo, superbe lettre à Silvio Pellico ; Alessandro Manzoni. lettre et pièce de vers ; Leopardi, Gioberti, curieuse épître où il fait l'éloge de Pie IX, etc.
En Espagne on ne peut citer que Moralès, Arias Montanus et Moratin. Dans les Pays-Bas je trouve une précieuse lettre d'Erasme et des autographes de Cats et de Juste Lipse ; en Danemark, Oehlenschlœger et Andersen ; en Russie, Karamzin, Pouchkin et Tourguéneff ; en Suède, Tegner ; dans les Etats-Unis, Fenimore Cooper, Prescott, Longfellow, Edgar Poe, pièce des plus rares, et mistress Beecher-Stowe.
Enfin je dois une mention spéciale à la série suisse qui est unique en son genre. M. Bovet y a réuni toutes les gloires de son pays natal, et c'était justice. Ulrich Zwingli, Amerbach, Pierre Viret et Gualther ouvrent cette partie par des lettres non moins importantes que rares. Viennent ensuite Casaubon, Daniel Le Clerc, Bodmer, Haller, Zimmermann, Gessner, madame Necker, Lavater, Johannes von Muller, le père Girard, Sismondi, Jomini, Bitzius, Vinet, Tœpffer, Juste Olivier, Amiel, Félix Bovet, Victor Cherbuliez, Eugène Rambert, Auguste Bachelin, Alice de Chambrier, etc. Je veux signaler à part la magnifique lettre de Jean-Jacques Rousseau à Voltaire, curiosité de premier ordre. Enfin il m'est agréable de déclarer que la rédaction de cette partie
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est presque exclusivement l'œuvre de M. Alfred Bovet. Les analyses, si soignées, et les notices biographiques font le plus grand honneur au goût et à l'érudition de mon ami et collaborateur.
Après cette énumération, il me paraît superflu d'insister sur l'importance de ces deux séries. Le catalogue, d'ailleurs, est rédigé de façon à mettre les pièces en lumière. J'y ai apporté tous mes soins, et je dois répéter que j'ai eu pour la partie allemande et suisse un collaborateur précieux en M. Bovet. Le succès très flatteur qu'a obtenu en Europe le premier fascicule auprès des amateurs et des lettrés, les compliments et les encouragements qui me sont parvenus de toutes parts, m'ont imposé la tâche de ne pas faiblir dans l'exécution du second catalogue. Si, d'une part, je n'ai rien négligé dans la rédaction, d'autre part Fernand Calmettes a redoublé de soins pour la partie typographique. Les fac-similés et les cachets sont encore plus nombreux que dans le fascicule précédent. Plusieurs curiosités ont été reproduites, notamment les dessins de Victor Hugo, de Hoffmann et de Thackeray, le titre de livre avec ex-dono de Guez de Balzac, la carte de Palissot, la page avec annotations autographes de Torquato Tasso, les cachets de Jean-Jacques Rousseau avec la lyre, d'André Chénier avec la tête d'Homère, d'Alfieri avec le buste du Dante, de Theodor Kœrner avec la devise Fidis manibus, de Mirabeau, tel qu'il est décrit dans la correspondance de Vincennes, de Gœthe, de Schiller, où on voit l'Espérance accoudée comme une Polymnie sur un ancre, de Melanchthon, de Bullinger, etc.
L'introduction dans le texte de toutes ces illustrations créait dans la disposition typographique des difficultés dont on ne saurait concevoir l'idée. Fernand Calmettes s'est appliqué à rendre la mise en pages aussi parfaite que possible, et notre habile imprimeur, Claude Motteroz, a tenu à honneur de faire un beau livre et d'en soigner tout spécialement la composition et le tirage. Grâce à cette collaboration exceptionnelle, nous espérons justifier, par le présent fascicule, les éloges flatteurs qui nous ont été adressés par les juges les plus autorisés. Faire mieux était, nous a-t-il semblé, la meilleure manière de prouver combien nous étions sensibles aux compliments et aux encouragements.
Un dernier mot. Un tirage de luxe devant être fait du catalogue de la collection Bovet, je prie instamment tous ceux qui ont lu le premier fascicule et qui liront le second de me signaler toutes les erreurs qu'ils pourraient y apercevoir, soit dans la rédaction, dans les commentaires historiques ou dans les notices biographiques, afin que je puisse les corriger. J'adresse d'avance mes plus sincères remerciements à ceux qui voudront bien joindre leurs efforts aux miens pour rendre cet inventaire plus digne des amateurs et des lettrés auxquels il s'adresse.
ETIENNE CHARAYAY.