‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 301 sur 312 · LETTRE DE LA PRINCESSE DES URSINS · texte numérisé non relu

LETTRE DE LA PRINCESSE DES URSINS

Numéro 2o65.

FEMMES CÉLÈBRES

* 2069 -f GUYON (Jeanne-Marie Bouvier de La Motte), célèbre femme et écrivain mystique, qui fut l'occasion de la fameuse querelle du Quiétisme entre Bossuet et Fénelon, n. à Montargis (Loiret), i3 avril 1648, m. à Blois, 9 juin 1 7 17 .

L. A. S. (à Bossuet) ; monastère de Sainte-Marie à Meaux, 1 5 avril 1 6<>5, 1 p. 1 /j. in-4. Rare. — P.

Document des plus curieux, dont voici le texte : u Je suplie Monseigneur l'évesque de Meaux, qui a bien voulu me ressevoir dans son diossaise et dans un si saint monastère, de ressevoir pareillement la déclaration sincère que je luy fais que je n'ay dit ou fait auqu'une des choses qu'on m'inpute sur les abominations qu'on m'acuse d'aprouver comme inossantes à titre d'espreuves. Si je ne me suis pas autant espliquée contre ses oribles exès que la chose le demandoit dans mes deux petis livres, c'est que dans le tems qu'ils ont esté escris, on ne parloit point de ses détestables choses et que je ne sçavois pas qu'on eut enseigné ou enseignât de si damnables doctrine. Je n'ay non plus jamais cru que Dieu peut estre directement ou indirectement auteur d'aucun péché ou deffaut vicieux. A Dieu ne plèse qu'un tel blasphème me fut jamais entré dans l'esprit. Je desclare en particulier que les lettres qui courent sous le nom d'un grand prélat (Fénelon) ne peuvent estre vraye, puisque je ne l'ay jamais veu avec le prieur de Saint-Robert qui y est nommé, et je suis prette de jurer sur le saint Esvangile que je ne les ay jamais veus en un mesme lieu et affirmer sous pareil sermant les autres choses contenues dans la présante déclaration, u — (Cette déclaration n'empêcha pas Madame Guyon d'être arrêtée cette même année et enfermée à la Bastille, d'où elle ne sortit qu'en 1702.)

* 2070 -* GRIGNAN (Françoise-Marguerite de Sévigné, comtesse de), la fille chérie de la marquise de Sévigné, mariée en 1669, n. 1648, m. i3 août 1705.

L. A. S. à M. de Lamoignôn, à Paris; ce 18, 4 p. pl. in-8, cachet brise'. (Coll. B. Fillon.) — P.

Relative à un procès qu'elle soutenait. « Pour moy, Monsieur, je le laisserois juger de bon cœur, sans croire que nous courussions aucun risque, mais il n'est pas de la bienséance qu'avec tant de Grignans sur pied il n'en paroisse aucun pour donner

courage aux juges de les délivrer de leur ennemis Je suis sy rebutée de chicanne que toute ma capacité s'est évanouye

et je ne puis pas entendre nomer sans horreur le nom de Louis Adémar. Je laisseray donc à sa postérité le soin d'aller défendre le château de Grignan et je me destireray à le garder et à ne le deffendre que quand il sera attaqué par les armes... »

4- 2071 -* GRIGNAN (Françoise-Marguerite de Sévigné, comtesse de).

P. S., signée aussi par le chevalier Joseph de Grignan, maréchal de camp ; Paris, 7 février 1699, 2 p. 1/2 in-fol. (Coll. Dubrun faut.)

Acte signé de son nom de demoiselle. Elle reconnaît devoir au chevalier de Grignan cinq mille livres qu'elle déclare employer au remboursement du principal et des intérêts de deux cent cinquante livres d'une rente constituée par le comte de Grignan et la feue dame Claire d'Angennes, son épouse en premières noces, à M. et à Madame de Villemure.

FEMMES CELEBRES

4- 2072 MARLBOROUGH (Sarah Jennings, duchesse de), femme de l'illustre général (1678), favorite de la reine Anne, sur laquelle elle exerça une grande influence, disgraciée en 17 10, n. à Sandbrige (Angleterre), 29 mai 1660, m. 29 octobre 1744.

P. S.; 26 juillet 1708, 1 p. 1/4 in-fol. Très jolie pièce. ✓ . rfj

(Coll. B. Fillon.) Ar IjlM ' /J^Ù/J^j

Document par lequel la duchesse de Marlborough donne l'acquit d'une '"s v r (s r somme de cinq mille livres sterling.

* 2073 + CAYLUS (Marthe-Marguerite de Villette de Murçay, comtesse de), nièce de Madame de Maintenon, auteur de charmants Souvenirs, qu'édita Voltaire, n. en Poitou, 1673, m. àParis, iôavril 1729.

L. A. S. (à un évêque) ; Paris, i5 juillet 1718, 2 p. 1/2 in-4. Superbe et rare pièce.

Très belle lettre où elle lui mande que sa tante (Madame de Maintenon) a trouvé son ouvrage parfaitement beau. « Je vous diray que de tout ce qui s'est fait sur ses matières, il n'y a rien qui ait eu une approbation plus généralle. »

■3^ 2074 -s- SIMIANE (Pauline d'ADHÉMAR de Monteil de Grignan, comtesse de), petite-fille de Madame de Sévigné, dont elle publia la correspondance, célèbre par son esprit, n. à Paris, 16 août 1674, m. à Aix (Bouches du Rhône), 2 juillet 1737.

L. A. (au marquis d'Héricourt, intendant de la marine, à Marseille); (Belombre, près d'Aix), 28 juin (après 173.1), 2 p. in-4. Très belle et intéressante pièce. (Coll. Lajarriette et Dubrunfaut.)

Charmante épitre où elle lui fait ses compliments sur le mariage de sa sœur et parle du triste état de santé du père de M. d'Héricourt. « yous m'avés attiré une lettre, Monsieur, qui m'embarasse infiniment. Quand j'admirois celles de Madame Poirier, je ne croyois pas avoir un jour à y répondre, et cette comition me paroissoit bien entre vos mains. J'ay un stile tout dégingandé qui luy paroitra tout à fait ridicule. Je vais tâcher de le réduire au sens commun. En tout cas vous corrigerés, s'il vous plaist, et vous la donnerés vous même, ce qui servira d'excellant passeport. » Belombre est solitaire en ce moment, car tous ses amis se sont accordés, semble-t-il, à avoir affaire ailleurs cette année. Jolies considérations à ce sujet.

**** U ^' ^V^ yf

4-2075-5- MAINE (Anne-Louise-Bénédicte de Bourbon, duchesse Du), fille du prince Henri-Jules de Condé, femme du fils légitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan (17 10), princesse qui fut compromise dans la conspiration de Cellamare, la reine de la cour de Sceaux, n. 8 novembre 1676, m. à Sceaux, 23 janvier 1753. L. A. S. (au cardinal de Fleury) ; Anet, 10 août, 1 p. i/4in-8. Jolie et intéressante pièce. — P.

Roi d'avoir accordé une pension à Madame des Angles. « Sans vous,

Charmante épître où elle le charge de remercier Monsieur, je suis bien persuadée quejen'aurois pas obtenu cette grâce. »

FEMMES CÉLÈBRES

*- 2076 -* TENCIN (Claudine-Alexandrine Guérin, marquise de), sœur du cardinal, fameuse par sa beauté, son esprit et ses galanteries, maîtresse du Régent et du cardinal Dubois, sur lesquels elle eut une grande influence, auteur des Mémoires du comte de Comminges et du Siège de Calais, n. à Grenoble, 168 1, m. à Paris, 4 décembre 1749. Elle eut du chevalier Des Touches un fils qui fut l'illustre d'Alembert. L. A. S. (au comte de Maurepas); 4 juin 173 1, 1 p. in-4. Superbe pièce. (Coll. Diibrunfaut .)

Intéressante lettre sur la disgrâce dont elle était frappée. « Je suis, Monsieur, les conseils que vous m'avés fait l'honneur de me donner. Je part dans le moment pour Ablon. Cet la seule maison où je puisse aller sur le chan, par ce qu'elle apartiens à ma sœur. Peut estre qu'avec le secour de vos bonté et de vos bons office ce contentera-t-on de cet éloignement. J'i atendrois vos ordres. » — (L'exil de Madame de Tencin à Ablon dura quatre mois).

* 2077 * DOUBLET DE PERSAN (N. Legendre, dame), célèbre par le salon qu'elle tint à Paris et dans lequel se rédigeaient les Nouvelles à la main, n. 1687, m. 1 77 1 .

P. S.; Paris, 3i décembre 1744, 1/2 p. in-4. Très jolie pièce. (Coll. Dubrunfaut.) Reçu de Messieurs Crozat deux mille cinq cents livres pour un semestre de la pension que lui a léguée madame Crozat.

* 2078 s- GRAFIGNY (Françoise d'IssEMBouRG d'Happoncour, dame de), célèbre femme de lettres, amie des philosophes, auteur des Lettres Péruviennes et de Cénie, biographe de Voltaire, n. à Nancy, i3 février i(5q5, m. à Paris, 12 décembre 1758.

P. A. S. de quatre lignes; Paris, 25 juillet et 26 décembre 1750, 1 p. 1/4 in-4. Très rare.

Très intéressant document. Acte par lequel madame de Grafigny cède, le 25 juillet i75o, au libraire Duchesne sa pièce de Cénie. « Je cède et abandonne à monsieur Duchesne la pièce nouvelle de Cénie, en prose et en cinq actes, représentée pour la première fois le lendemain de la Saint-Jean dernier, pour en faire l'impression à son profit pour toujours, en obtenant pour luy le privilège à ses frais, moyennant le somme de deux mille livres, sur laquelle il a été paié par ledit sieur Duchesne mil livres comptant, et à l'esgard des autres mil livres, il en sera paié par ledit sieur cinq cents livres dans le courant du mois d'aoust prochain et les autres cinq cent livres lors du commencement du débit de la dite pièce. » — L'acte porte la signature des deux contractants. Au verso madame de Grafigny donne quittance, le 26 décembre 1750, des sommes convevenues. — (Cette pièce est d'autant plus rare que madame de Grafigny ne signait jamais ses lettres. Le fac-similé montre que, contrairement à l'orthographe adoptée par les biographes, le nom de cette femme s'écrit avec un seul f )

■k 2079 -c- GEOFFRIN (Marie-Thérèse Rodet, dame), femme célèbre par son esprit, qui tint un des salons les plus brillants et les plus fréquentés du dixhuitième siècle, amie des philosophes, n. à Paris, 1699, m. dans la même ville, 1777. L. A. S. au libraire Guérin, à Paris; (Paris), ce jeudi matin (1 3 janvier 1744), 1 p. in-4, cachet.

Très jolie lettre ou madame Geolînn le prie de remettre à son laquais la boite que M. FolUes lui a mandée pour elle.

Numéro 207g.

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FEMMES CELEBRES

4- 2080 -* WARENS (Louise-Françoise de La Tour, baronne de), l'amie Jacques Rousseau, qui Ta immortalisée dans ses Confessions, n. (Suisse), 3i mai 1699, m. cà Chambéry, septembre 1762.

L. A. S. à M. de Lembert, baron d'Engeville, à La Caillie, près d'Annecy; Chambéry, 16 mai IJ56, 4 p. in-4, enveloppe et cachet. Superbe et très remarquable pièce. Très rare. (Coll. Lajarriette.)

Intéressante lettre où elle le remercie d'avoir accueilli M. Fabre sur sa recommandation. m& « Soié persuadé, chêr baron, que mes intention son droite et que je n'ay rien tant à cœur que de vous paier les deux cent et quinze livres que je vous doit à ce sujets, quoy que mon r. zelle à conserver dens ce pais l'industrie des fonderies de fert coulés, que j'y avoit fet entrer avec tent de peines, me coûte aujourduy ma ruine... » On a joint une lettre du sieur Fabre sur le même sujet. — (On sait que la baronne de Ware'hs mourut ruinée.)

•3- 2081 -* DU CHASTELLET (Gabrielle-Emilie Le Tonnelier de

de Jean-

à Vevey

marquise), fille du baron de Breteuil, épouse du marquis Florent tellet (1725), célèbre femme de lettres, amie intime de Voltaire, puis de Saint- Lambert, qui fut surnommée la divine Emilie, n. à Paris, 17 décembre 1706, m. à Lunéville, 10 août 1749.

L. A. (à Voltaire), 3 p. in-64, papier à bordures vertes. Très jolie et piquante pièce.

Breteuil, du Chas-

Epitre typique, dont voici le texte : « Dear lover, on ne peut avoir recours qu'à ses amis dans le besoin. Je vous demande pardon d'aimer mieux vous escrire que vous parler, mais enfin, dear lover, j'aurois un extrême besoin de cinquante louis pour payer mon mois d'avril, douze louis et demie que je dois du jeu, et pour n'être pas absolument sans un sol. Je n'en toucherai que le dernier du mois. J'ay envoie cinq cents livres à M. du Chatelet pour l'équipage de son fils. Je vous les paierai en loier de maison, ou bien, si vous voulés, voilà le billet de M. du Chatelet qu'heureusement je n'ai pas déchiré. Il ne sera pas étoné que je n'aie pas pu le paier. Gardés le et prêtés m'en l'argent, et nous ferons un nouveau compte, ou je ne l'emploierai pas en dépense. Cela vaudra mieux et pour moi et pour vous. Vous me ferez un grand plaisir. J'espère que vous le pourés, car je suis sûre que si vous le pouvés vous le ferés. » — En tête de ce charmant billet Voltaire a écrit de sa main ces mots: « Lettre de madame du Chastellet. » — Nous reproduisons ci-contre en fac-similé la première page.

* 2082 -* DU CHASTELLET (Gabrielle-Emilie Le Tonnelier de Breteuil, marquise).

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