‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 304 sur 312 · LETTRE DE MADAME DE BOUFFLERS — FRAGMENT · texte numérisé non relu

LETTRE DE MADAME DE BOUFFLERS — FRAGMENT

Numéro 2092.

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LETTRE DE MADAME D'ÉPINAY — FRAGMENT Numéro 2093.

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FEMMES CÉLÈBRES

* 2094 -f CHÉNIER (Elisabeth Sanïi l'Homaca, femme), épouse du diplomate Louis de Chénier, mère de l'illustre poète André Chénier et de Marie-Joseph, auteur des Lettres grecques, n. à Constantinople, 1729, m. à Paris, 6 novembre 1808.

L. A. S. au citoyen Mahérault, chef de l'école centrale de Paris; Paris, 29 vendémiaire an VII (20 octobre 1798), 5 p. in-4. Très belle et très remarquable pièce. Très rare, (Coll. Mahérault.)

Epltre des plus curieuses où elle le supplie entérines piquants de l'aider à tirer son fils Marie-Joseph (le poète dramatique) des mains d'une maîtresse. « Le citoyen Sièjes (Sieyès) m'avet envoyé dire par mon fils Louis-Sauveur Chénier de dire à mon fils le député qu'il ne convené pas à un homme aussi marquant que M.-J. Chénier de ce montrer en publique ave de sertene femme. Je lui ay dit et ils'es contenté d'an rir. » Elle raconte les scènes violentes qui ont eu lieu entre son fils et sa maîtresse. Dans la nuit du 26 celle-ci s'est portée à des voies de fait sur son amant. « Tachés, mon chère citoyen, de tirer votre ami d'auprès d'une objait si indigne d'un homme comme lui sur tous les rapors... » — (Cette femme s'appelait Marie-Louise- Eugénie Le Beau de l'Esparda de Maisonnave. Elle vécut avec Marie-Joseph Chénier jusqu'à sa mort et hérita de ses manuscrits. — Cf. Revue des documents- historiques, 1877, et l'édition des Lettres grecques donnée par Robert de Bonnières.)

* 2095 -s- HOUDETOT (Sophie-Elisabeth-Françoise de La Live de Bellegarde, comtesse d'), la célèbre et fidèle amie de l'illustre Jean-Jacques Rousseau et du poète Saint-Lambert, n. 18 décembre 1780, m. à Paris, 28 janvier 181 3.

L. A. S. à Suard (Jean-Baptiste-Antoine, célèbre écrivain, n. à Besançon, 1 7 3 3 , m. 181 7), à Paris ; ce mercredi 12 pluviôse (1 février) i8o3, 3 p. in-4. Très belle pièce. (Coll. Lajarriette.)

Superbe lettre où elle lui mande que Saint-Lambert a reçu l'avis de son incorporation dans la nouvelle Académie et l'invitation d'assister à la prochaine assemblée du i3 pluviôse. « Vous sçavés que son triste état ne luy permet pas de s'y rendre. Voulés-vous bien vous charger pour votre malheureux et ancien amy de porter à l'assemblée les excuses de son absence et ses remerciemens? Ses derniers voeux ont été de revenir à ses anciens confrères et il verroit avec bien de la joye en arriver le moment...» — (Saint- Lambert mourut le 8 février i8o3.)

* 2096 -* LESPINASSE (Julie-Eléonore de), femme célèbre par son esprit et par le brillant salon littéraire qu'elle présida, rivale de Madame Du Deffand, la tendre et infidèle amie de d'Alembert, n. à Lyon, 1731, m. à Paris, 23 mai 1776.

L. A. à Jean-Baptiste-Antoine Suard; samedi, midi, 3 p. in-8. cachet brisé. Très jolie pièce. — P.

Curieuse épitre sur M. de Mora. Elle a reçu une lettre qui la rassure sur l'état de sa santé. Elle n'en est pas moins tourmentée, car une lettre contenant plus de détails ne lui est pas parvenue. « Je suis si touchée et si persuadée de votre amitié qu'il me semble que je vous dois compte de tous les mouvements de mon âme. Elle est plus calme, mais que de choses encore qui me font peur... J'ai trouvé le secret d'être toujours dans l'ignorance sur tout ce qui m'intéresse. Cela me désole, mais cependant je suis rassurée sur le plus important. Il est mieux et il me promet de se soigner pour moi et de m écrire une longue lettre où il me fera tous les détails dont j'ai besoin... »

* 2097 -:- MARIE ADÉLAÏDE DE FRANCE, fille aînée de Louis XV et de Marie Leczinska, n. à Versailles, 3 mai 1732, m. à Trieste (Autriche), mars 1800.

P. S., avec trois lignes autographes ; Versailles, 19 mars 1792, 2 p. in-fol. Très belle pièce.

Très curieux document. C'est l'approbation d'un mémoire de livres et de reliures à / elle fournis par le libraire Blaisot. Dans A '

cette pièce figurent plusieurs livraisons de i/ &r) ^--^f ^yf*^'

X Encyclopédie et les Actes des Apôtres. Le ' mémoire s'élève à trois cent quatre-vingtdix-huit livres quatorze sous.

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FEMMES CÉLÈBRES

* 2098 NECKER (Suzanne Curchod), femme du célèbre homme d'État, renommée par ses vertus et par sa bienfaisance, fondatrice de l'hospice qui porte son nom, n. à Crassier (canton de Vaud), 1739, m. près de Lausanne, mai 1794.

L. A. S. à Bernardin de Saint-Pierre, à Paris ; Saint-Ôuen, i3 mai 1773, 2 p. in-8, cachet.

Charmante épitre ou elle l'invite à dîner, afin qu'il leur lise le manuscrit dont il leur a parlé (sans doute les Études de la nature). « L'on ne peut faire l'histoire de la Suisse sans parler de sa situation, et il faut voir la nature pour l'imiter. Un peintre ne la cherche pas dans des tableaux. Tout ce que nous vous dirions sur notre patrie vous paroitroit froid et exagéré. La longue habitude du pays, comme la connoissance intime d'un homme,donne du prix aux petites choses et diminue l'impression des grandes. «Intéressants détails.

* 2099 •+ ANNA AMALIA, duchesse de Saxe-Weimar, femme du duc Ernest- Auguste, régente après la mort de son mari ( 1 768-1 776), célèbre protectrice des lettres et des arts, amie de l'illustre Gœthe et de Wieland, n. 1739, m. 1807.

L. A. S. au conseiller Johann-Heinrich Merck ; Weimar, 4 août 1 781 , 2 p. 1/2 in-4. — P.

Belle et piquante épïtre : « Bien que Messieurs les poètes se tiennent volontiers à côté de la vérité, le poète Wieland vous a bien dit cette fois-ci la vérité vraie, à savoir que je suis toujours la même à votre égard.... et que si j'ai tardé à vous remercier de toutes les belles œuvres d'art que vous m'avez envoyées ces derniers temps, cela tient à un détestable vice de nature, qui s'appelle, je le confesse à ma honte, la paresse.... Le bas-relief que la poste m'a apporté hier, m'a ravie; il est admirable! Gœthe se trouvait auprès de moi lorsque je l'ai reçu; il a ouvert de grands yeux, et cela ne lui a certainement pas déplu. — Gœthe war eben bei mir als ich es bekam. Er machte grosse Augen, es missfiel Ihm gewiss nicht. »

4- 2100 -f STEIN (Charlotte von), amie et confidente intime de Gœthe, célèbre par l 'heureuse influence qu'elle exerçasurluietsur son génie, n. à Weimar, 1742, m. 1827.

L. A. S. (à Karl-Ludwig von Knebel, à Iena, n. 17 14, m. 1834) ; 3 1 janvier 1824, 2 p. pet. in-8. — P.

Curieuse lettre. — Elle se plaint, tout en prenant la chose philosophiquement, du mauvais état de sa santé. Elle aimerait

s'enfouir sous terre, comme une taupe : « Ich sehe nur noch wie uus einer fremden Welt in das Leben hinein und môgte gern wie ein Maulwurf tinter die Erde Kriechen, ich bin sehr leident, wenn es noch Erfahrungen waren die man auf ein andres Leben anwenden kônnte. »

Elle ajoute en français : « N'enfonçons votre œil ni le mien dans ce profond abime, ou nous ne voyons rien, sag ich mir oft vor ! »

FEMMES CÉLÈBRES

* 2101 DASGHKOW (Catherina-Romanofna, princesse), favorite de l'impératrice de Russie Catherine II, qui lui dut son avènement au trône, n. 1744, m. à Moscou, 18 10. Cette princesse a laissé plusieurs écrits en vers et en prose.

L. A. S., en français, au R. P. Hermengilde Pini, à Milan ; Pise, 10 juillet, 1 p. in-4. Superbe et curieuse pièce. Très rare. (Coll. de la marquise de Barol arec notice autographe de Silvio Pellico.)

Belle lettre de remerciements du cadeau qu'il lui a envoyé'. «Vous m'obligeriez infiniment si vous me donnez quelques renseignements sur les endroits de l'Italie qui me restent à voir où je puisse trouver des choses qui regardent l'histoire naturelle. » Très jolie lettre au point de vue des relations littéraires qui unissaient les beaux esprits à cette époque.

4- 2102 •* LAMBALLE (Marie-Thérèse-Louise de Savoie-Carignan, princesse de),

belle-fille du duc de Penthièvre, surintendante de la maison de Marie-Antoinette,

dont elle fut l'amie la plus intime et la plus dévouée, n. à Turin (Italie), 8 septembre

1748, massacrée à Paris, dans la prison de la Force, le 3 septembre 1792.

L. A. S. à Marie-Antoinette; Versailles, 11 janvier 1782, 1 p. in-fol. (Coll. Dubrunfaut.) — P.

Superbe lettre de compliments de bonne année. « Je pense que Votre Majesté ne désaprouvera pas que j'aye différé mon hommage relatif à la nouvelle année jusqu'à ce que je pusse l'assurer de la joye que me cause la convalescence de Madame la comtesse d'Artois. »

* 2io3 s- POLIGNAC (Yolande-Martine-Gabrielle de Polastron, duchesse de), gouvernante des enfants de France, favorite de la reine Marie-Antoinette, dont on l'a accusé d'avoir été le mauvais génie, n. vers 1749, m. à Vienne (Autriche), 9 décembre 1793. Elle fut une des premières à émigrer après la Révolution.

L. A. S. au comte...; Passy, le 7, 1 p. 1/4 in-4. Superbe et très remarquable pièce. Très rare.

Intéressante lettre dans laquelle madame de Polignac le presse de terminer l'affaire qui les regarde, elle et son mari. Elle est impatiente de voir donner une forme solide aux bienfaits de Sa Majesté, afin que ses enfants puissent en jouir un jour.

4-2104* BONAPARTE (Lœtitia Ramolino), femme de Charles de Bonaparte,

mère de l'empereur Napoléon I, n. 1750, m. à Rome, 1839.

L. S., en italien. avec la souscription aut.,à son fils(Lucien) ; Paris, 8 mai 1810, 3 p. 1/2 in-4. — P-

Très curieuse lettre où elle se plaint de la lettre qu'elle a reçue de son fils. « Je vous ai conseillé le divorce et je vous le conseille encore, parce que je ne crois pas qu'il y ait d'autre moyen d'éviter votre perte et celle de vos fils, parce que votre femme ne cesse pas par là d'être leur mère et parce qu'avec le temps tout peut s'arranger. Je vous ai induit à m'envoyer Lolotte (la fille aînée de Lucien, née en 1796) parce que j'espérais que sa venue serait un moyen de réunion, et il me semble que je ne m'étais pas trompée si vous aviez voulu vous prêter aux ouvertures que l'Empereur vous a fait faire. » Elle ne comprend donc rien à sa lettre, qui lui a causé un grand chagrin. Elle l'engage à renoncer à son funeste projet de quitter l'Europe et elle le supplie de ne pas élever une barrière entre lui et sa famille.

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