SERMENTS DE JULES SIMON ET DE JULES FERRY
80 HOMMES D'ÉTAT S. il
* 2i3 * SIMON (Jules-François). :
L. A. S. à (Jules Favre); Mont-Dore, 3i août 1872, 3 p. 1/4 in-8.
Très curieuse épître. Après avoir couru tout d'une haleine jusqu'au Texel pour voir si trois ans de faction ne lui avaient pas engourdi les jambes, il est revenu au Mont-Dore. « A présent, je repars pour Paris, où je rentrerai le 4 septembre. 11 y aura deux ans ce jour-là que vous avez commis le crime, avec la complicité de quelques amis, de sauver votre pays du désordre et du déshonneur. Je doute qu'on vous !e pardonne jamais. C'est un drôle de pays que le nôtre, mon cher philosophe. Si nous étions restés chez nous à faire des vœux pour la France, ou si nous avions pris un fusil comme nos enfants, on aurait eu la commune six mois plus tôt et une capitulation honteuse. Et à présent on dirait : Ils n'ont pas même essayé de se servir de leur popularité! Ils ont eu peur d'un retour des Bonapartes, ou d'une émeute dans la rue, ou d'un emprisonnement en Prusse. Mais comme nous n'avons eu peur de rien de tout cela et que nous avons sauvé l'honneur du pays, autant qu'il pouvait l'être au sortir de l'Empire, on nous chante une autre gamme, et on nous reproche d'avoir siégé six heures par nuit à l'hôtel de Ville et travaillé douze heures par jour dans les ministères, par ambition; d'avoir gouverné la France, depuis Saint-Denis jusqu'à la barrière d'Enfer, par ambition ; d'avoir, vous, affronté seul la vue et la morgue des Prussiens, par ambition ; d'avoir tenu tête à l'émeute du 3i octobre et repris, le lendemain, ce pauvre pouvoir et cette redoutable responsabilité, par ambition. Je ne sais pas s'il vous est arrivé depuis, comme à moi, d'être injurié dans la rue, mais pour injurié dans les journaux, j'espère que vous l'avez été! 11 faut bien vous faire expier les richesses que vous avez entassées et les plaisirs que vous avez goûtés. Et malgré tout cela, mon cher ami, nous aimons ce pays, qui vaut mieux que sa destinée, et nous sommes fiers, vous, de tout ce que vous avez fait, moi, du concours assez insignifiant que je vous ai donné, et nous pensons au fond que, sans nous, la France serait un peu plus profondément malade. »
•2- 214-:- BROGLIE (Jacques-Victor-Albert, duc de), écrivain distingué, ministre du maréchal de Mac-Manon après les coups d'État parlementaires du 24 mai 1873 et du 16 mai 1877, membre de l'Académie française (1862), n. à Paris, 1 3 juin 1821.
i° L. A. S. (au romancier Amédée Achard); Versailles, 5 juin 1873, 1 p. 1/4 in-8. — P.
Remerciements de ses félicitations sur son avènement au ministère. « Puisque les gens de bien nous approuvent, c'est à eux de nous aider par leur concours. Nous ferons de notre mieux, soyez-en sûr, pour ne pas tromper leur attente. 11
2° L. A. S. (au même); Paris, 3i mai 1874, 1 p. 3/4 in-8.
Epître politique où il mande que les conséquences du vote du 16 mai ,~-~> -,
(sur la loi électorale, après lequel il avait dû donner sa démission) lui font /y -yV—^^C^ C—-f
regretter cet acte qui aura de tristes conséquences pour le pays, u Je ^\ v.^
suis insensible à l'injustice des
partis, mais très sensible à ^-^^ , j> ✓ J l'estime des honnêtes gens et à v âsi ' \ff gy^^^i ' ^. l'appréciaion des bons juges. » £-<X y* ^-
4- 2i5 + FREYCINET (Charles-Louis de Saulce de), ingénieur, collaborateur de Gambetta dans l'organisation de la défense nationale en 1870, ministre sous les présidences du maréchal de Mac-Mahon et de M. Grévy, n. à Foix (Ariège), 14 novembre 1828.
L. A. S. à un journaliste; Paris, 26 août (1880), 1 p. in-8. — P.
Il lui mande qu'il va publier son ouvrage : La guerre en province pendant le siège de Paris. « Je vous adresse ci-joint un chapitre, dont je serai charmé de voir figurer des extraits dans votre journal. »
•5-216 -5- ROCHEFORT LUÇAY (Victor-Henri, marquis de), célèbre publiciste, auteur de la Lanterne, député de la Seine (1869), membre du gouvernement de la défense nationale (1870), n. à Paris, 3o janvier i83o.
r° P. S.; Paris, 5 novembre i85o, 1 p. 1/2 in-4. — P.
Pièce signée H. de Rochefort. Reçu de 180 fr. pour des travaux faits comme employé auxiliaire à la Préfecture de la Seine. — L'état d'émargement est approuvé et signé par le préfet de la Seine Berger.
2° P. S.; Bruxelles, 2 novembre 1869, 1 p. in-4.
Il constitue pour son mandataire à Paris, Jean-Joseph Barberet, employé, « à l'effet de pour lui et en son nom déposer le serment éxigé par le sénatus-consulte du 17 février i858 pour les candidats à la députation du corps législatif français, autorisant ledit mandataire à faire imprimer et apposer sur les murs de Paris (première circonscription) toutes affiches, profes-