Acte signé en qualité de grand pensionnaire de Hollande
* 267 •* GROTIUS (Hugo van Groot, dit), l'auteur du célèbre traité « sur le droit de la Paix et de la Guerre », n. à Delft, 10 avril i 583, m. à Rostock, 28 août 1645.
L. A. S., en latin, à de Thou, intendant de la justice et des finances du Roi en l'armée de Sa Majesté commandée parle cardinal de La Vallette (fils de l'historien, décapité avec Cinq-Mars) ; Paris, 1 août (1637?), 1 p. 1/4 in-fol., trace de cachet. — P.
Superbe lettre de condoléances sur la perte d'un ami. Considérations philoso- fl^J/Ç f^ffr$L tZfrftWrf
phiques à ce sujet. Félicitations sur son état présent. « Es apud illustrissimos duces (le duc Bernard de Saxe-Weimar et le cardinal de La Vallette) : apud exercitus, qui longissimè hostem submovent ostenduntquc Rheno, veteri Galhaî limiti, oblità ibi jàm olim Gallorum arma... » — (Grotius était ambassadeur de Suède à Paris depuis 1 63 5 et il ne quitta ce poste qu'en 1645.)
4- 268 + WITT (Johan de), grand pensionnaire de Hollande, un des plus illustres hommes d'État de son pays, n. à Dordrecht, 25 septembre i632, assassiné à La Haye le 20 août 1672.
L. S. aux États des provinces unies; La Haye, 3o novembre 1661, 1 p. 3/4 in-fol. — P. de B. Picart.
Pièce historique sur les négociations qu'il a entamées avec la France et l'Angleterre relativement aux provinces de Hollande et de la Frise occidentale.
4 269 •* HEINSIUS (Antoine), grand pensionnaire de Hollande, confident de Guillaume III, ennemi acharné de Louis XIV, n. 1641, m. à La Haye, 3 août 1720. L. A. S., en français, à
Monseigneur...; La Haye, 1 5 « a ^. * /Jft—
avril 1696, 1 p. in-4. — P. fWz/^"K« <H^T 0~C^H4/j/
Envoi de lettres du roi (Guillau- jf * " S "N ^ " ~*-
me III). Les affaires d'Angleterre vont ib-AJ^'V^i~/z-*^/^) —fît- ;)~rj^^^>^^^^>€yC^,
assez bien. Le prince de Wurtem- * ' ' ' \~/
berg n'est arrivé que l'avant-veille à midi en Zélande avec dix bataillons.
S. ii
ET PERSONNAGES POLITIQUES
SUEDE
270 -* OXENSTIERNA (Axel, comte d'), (161 1), le grand ministre et ami de Gustavem. à Stockholm, 28 août 1654.
L. S., en latin, avec la souscription et seize lignes autographes, au baron Claude de Salles et Rorté, résident du roi de France à Brankenbourg ; Munchen- Neuburg, 24 août j 635, 2 p. in-fol., cachet. Jaunie. Très rare. — P.
Pièce historique où il lui mande qu'il a vu par ses lettres ce qu il avait ne'gocié avec l'électeur de Brandebourg (Georges-Guillaume, n. i5g5, électeur en 1619, m. 1640) et avec le général Arnheim (Jean- George, commandant en chef des troupes saxonnes, dit le Capucin luthérien, n. i58i, m. 1641). L'assemblée de Lunebourg a envoyé à l'électeur de Saxe (Jean-Georges I, n. 1 585, duc en 1611, m. i656) des députés pour savoir si celui-ci veut se joindre à l'action commune. Il a dépêché à Magdebourg le sieur Stenberg qui, de concert avec les envoyés du landgrave de Hesse (Guillaume V, n. 1602, landgrave en 1627, m. 1 637), s'efforcera de persuader l'assemblée de faire de même, ce qui, d'ailleurs, est peu vraisemblable. — (Le 3o mai, les électeurs de Brandebourg et de Saxe avaient fait la paix avec l'empereur. Les Suédois les attaquèrent peu après et furent vainqueurs à Dommitz le 23 octobre.)
chancelier du royaume de Suède Adolphe, n. à Fanoë, 16 juin 1 583,
PRUSSE
4- 271 -s- HARDENBERG (Karl-August, prince de), célèbre ministre du roi Frédéric-Guillaume III, ennemi acharné de Napoléon I, n. à Essenroda (Hanovre), 3i mai 1750, m. à Gênes, 26 novembre 1822.
L. A. S., en français, au marquis...; 26 de'cembre (1816), 3/4 de p. in-4. — P.
Pièce historique où il lui affirme qu'il n'y a aucune relation entre le duc de Wellington et Carnot. « Vos proscrits sont surveillés avec le plus grand soin et je serois le premier à vous avertir s'il parvenoit quelque notion qui pût intéresser votre cour. Il me paroit fort douteux aussi que le duc de Wellington enlretint des relations avec Fouché. Celui-ci lui a écrit une lettre au printems passé et a fait parade de cette correspondance. Votre conjecture est certainement juste. Si le duc correspond avec des proscrits, c'est certainement par un motif honorable, mais je répète que je ne le crois pas. » — (Carnot et Fouché, proscrits en vertu de la loi du 12 janvier 1 816 contre les régicides, s'étaient réfugiés, le premier à Magdebourg et Je second à Prague.)
* 272 STEIN (Heinrich-Friedrich-Karl, baron de), adversaire de Napoléon I, dont le libéralisme et l'énergie patriotique contribuèrent puissamment au relèvement de son pays, n. à Nassau, 26 octobre 1757, m. à Kappenberg, 29 juin 1 83 1 . L. A. S., en français (à G. de "Walmoden); Munster, i3 octobre 1802, 3 p. in-4. — P-
Belle lettre, « Je partage bien sincèrement et vivement les chagrins que la situation des affaires générales et celle du nord de l'Allemagne doit causer à Votre Excellence. Ils paraissent toujours s'embrouiller davantage, et la nullité de ceux qui les
HOMMES D'ÉTAT
dirigent annonce un avenir bien dangereux Dans le courant de cet été on me fit des propositions de passer au service
d'Hanovre. J'observais à celui qui me la fit que ma conviction de la nécessité d'une réunion des forces éparses et morcelées de l'Allemagne ne se conciliait guère avec les
devoirs que j'allais m'imposer, qu'il était dur 4 t / / / g y<£— y / /\
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l'éloignement du Roi, son âge, l'état de ses facultés intellectuelles, celles de Monsieur de Lenthe rendaient un grand changement impossible, et que toutes ces raisons me conseillaient de rester à ma place. »
*- 273 -* HUMBOLDT (Karl-Wilhelm, baron de), homme d'État et critique, un des
plus grands esprits de l'Allemagne, n. à Potsdam, 22 juin 1767, m. 8 avril 1 83 5 .
L. A. S., en français, à un savant français; Berlin, 3 mai 1810, 2 p. in-4. (Coll. Boilly.) — P.
Belle lettre de recommandation en faveur d'un professeur de l'Université de Berlin qui se rend à Paris. Autrefois on ne faisait voyager que les artistes, les naturalistes et les antiquaires, mais il lui semble que ceux qui se vouent aux langues vivantes peuvent également se perfectionner en voyageant, car il est impossible de juger des manuscrits et des différentes leçons qu'ils offrent sans en avoir vu et manié un certain nombre. « Je suis chargé ici, Monsieur, comme vous saurez, de la partie de l'instruction publique dans le sens le plus étendu. Je m'estimerois heureux si dans cette partie je pouvois trouver quelque occasion pour vous être utile à mon tour... » — (Il avait été nommé ministre de l'instruction publique en janvier 1809 et il venait de fonder l'Université de Berlin.)
* 274 * BISMARCK SGHŒNHAUSEN (Otto-Eduard-Leopold, prince de), ministre du roi Guillaume I, créateur de l'unité allemande, n. à Schonhausen, 1 avril 18 14.
L. A. S. au roi de Prusse (Guillaume I, depuis empereur d'Allemagne); (Berlin, 22 mars 1 865), 1 p. in-4. — P-
Superbe pièce : « Eurer Majestât, erlaube ich mir die allerunterthànigste Bitte vorzulegen dem Landmarschall des Herzogthums Lauenburg von Biilow, der zur Begluckwûnschung hergekommen ist, fur heut Abend befehlen zu 'wollen, da er nicht Gelegenheit gehabt hat Eurer Majestât zu nahen. (Je me permets de présenter à Votre Majesté la plus humble demande de vouloir bien permettre au land maréchal de la principauté de Lauenbourg, de Bulow, lequel est venu vous présenter ses hommages, d'être reçu ce soir, vu qu'il n'a pas eu d'occasion d'approcher de Votre Majesté.) »
RUSSIE
IVUOOIL
4~ 275 -s- MENGHIKOF (Alexandre-Danilovitch, prince), illustre homme d'État et général, favori et collaborateur de Pierre le Grand, n. à Moscou, 6 novembre 1670, m. en Sibérie, 22 octobre 1729.
L. S. à un lieutenant-général; Zulkiew, 7 avril 1707, 1 p. in-4. Très rare.
Intéressante lettre ou il le remercie de lui annoncer qu'il n'a pas à s'occuper de ce qui se passe de ce côté de la Vistule. Les vaisseaux du maréchal de la Confédération doivent passer, mais on peut retenir les autres.
* 276 ~¥ NESSELRODE (Charles-Robert, comte de), célèbre ministre des empereurs Alexandre I et Nicolas I, n. à Lisbonne, 14 décembre 1780, m. à Saint- Pétersbourg, 22 mars 1862.
L. A. S., en français, à sa chère Hélène; 17 décembre 1 S 3 5 , 3 p. in-S. — P.
Charmante épitre ou il mande qu'il n'est pas allé au bal de la Cour, à cause du froid.
4- 277 s- GORTSCHAKOW (le prince Alexandre-Michaelowitsch), l'illustre chancelier de l'Empire russe, n. 16 juin 1798, m. à Baden-Baden, 10 mars 1 883.
L. S. par l'empereur Alexandre II, contresignée par Gortschakow. au roi des Belges (Léopold I) ; Tsarkoé-Selo, 8 juin 1860, 1 p. 3/4 in-fol., enveloppe. — P.
Notification de la naissance d'un fils du grand-duc Constantin Nicolaewitch.
ETATS-UNIS
4- 278 -* HENRY (Patrick), illustre orateur parlementaire, le Mirabeau des États- Unis, n. dans le comté d'Hanovre (Virginie), 1736, m. 6 juin 1799.
L. A. S. à Washington; Williamsburgh, 8 septembre 1777, 1 p. in-fol. Très rare. (Coll. Gui^ot.)
Importante lettre où il lui mande que, par suite de l'absence des troupes régulières, la milice se trouve seule chargée de la défense du pays. Il lui envoie le capitaine Peirce, afin d'entretenir des relations journalières entre les deux armées et d'éviter une surprise de l'ennemi. — Derrière la lettre se trouve une note autographe de Washington.
4~ 279 ■+ MORRIS (Gouverneur), ami de Washington, ministre des États-Unis en France, auteur de Mémoires sur la Révolution française, n. à Morrisiana, près de New- York, 3i janvier 1752, m. 6 novembre 1816. L. A. S. à Washington ; Paris, a3 février 1789, 3 p. in-4.
Très curieuse épître où il lui mande qu'il a acheté chez l'horloger Delépine deux montres, une pour Washington et une pour lui-même. Plaisants détails à ce sujet. Leur nouvelle constitution les grandit en Europe et la nomination de Washington au poste suprême achèvera de fixer l'opinion en leur faveur. Détails sur l'effet produit sur le roi d'Angleterre par les derniers événements d'Amérique. Le premier mouvement de ce souverain a été de prendre Pitt à la gorge. D'autre part le prince de Galles serait disposé à contracter alliance avec l'homme et le pays qui ont fait perdre la tête à son père.
* 280 CLAY (Henry), célèbre ministre, éloquent champion de l'émancipation des noirs, n. à Hanovre (Etat de Virginie), 12 avril 1777, m. 29 juin 1862. L. A. S. à Edward C. Delavau ; Ashland, 20 août 1 S 38, 1 p. 1/4 in-4. — P.
Très intéressante lettre sur les moyens de faire réussir la cause de la tempérance. Il faut pour cela user de mesures douces, sans recourir à la répression et sans se mêler à la politique du pays. Le malheur des affaires humaines est qu'on veut convaincre les autres par la force. De là l'intolérance religieuse, la proscription, le bûcher, etc. Maintenant il est admis que, en religion, chacun suit les principes qui lui conviennent. Or, si on ne peut contraindre les hommes à être religieux, a-t-on le droit de les obliger à être sobres ? Il ne le pense pas et se prononce nettement contre les mesures de répression vers lesquelles inclinent plusieurs membres de la Société de tempérance.
FIN DE LA