‹ Lettres, avec quelques additionsChapitre 16 sur 50 · A MARIE PHILIPPE · texte numérisé non relu

A MARIE PHILIPPE

Mens, le 10 joio iSV.

Ma chère Marie, . ,

Donnant à votre mari des détails sur mopi Yoyage et ma santé, je ne reviendrai pas là-dessA ' dans là présente ; }e vous remercie des nouvelkg ^ (que vous m'avez fait donner de votre état spirîtodj ^ elles m'ont fait grand plaisir. Sous ce rapport^ le ^ jSeigneuF m'a aussi accordé. bien des grâces ; etTa^^ « f aiblissement de mon corps commence k me àgïvtr ^ nir. bien utile. Du reste, le peu de temps que |tf !(■ passé ici a été pour moi un temps, de bénédiction h ^t de )OÎe« à cause du grand nombre d'âmes noor ■ viellement réveillées que j'ai eu le bonheur d'y trmif le ver. Qa m'avait bien prévenu de cela ; mais yé i .trpttvé au-delà de tout ce qu'on m'avait écrit , soi^ m pour le grand nombre des personnes nouvellement ■ jaipenées.à la connaissance de Christ, ou seulemeflt p .éclairées sur leur état de misère , soit pour les ■ progrès qu'ont faits les âmes précédemment convcr- .1 ties, surtout quant à l'amour fraternel et à la con- % fiance mutuelle pour leurs afiaires spirituelles. Ak! i si nos pauvres amies d'Arvieux, qui sont si tris- | tes (p. 180), pouvaient se trouver une fois dans ces réunions, combien elles auraient honte de leur sotte timidité, en entendant des personnes qui n'ont rien de meilleur à dire qu'elles, ouvrir leur cœur sans crainte au milieu d'une nombreuse assem^ blée, où se trouvent souvent des gens qu'elles ne connaissent pas même ! Quant aux entretiens particuliers, je n'ai trouvé personne ici qui se fît demander deux fois la même chose ; la plupart même

Jisenttoat ce qu'ils ont à dire sans être qucslioniK't. Il en est plusieurs que je ti'avais jamais vus.* £a général» je n'ai ti^uVéici personne qui ait pu com^ prendre Tétat pénible et bien fatigant de nos aori» de chez Yoiis^'...« commeiri; ils peuvent tout garder iur le coeur, tandis qu'en s'ouvrant à leurs frères et sœurs plus avancés ils trouveraient tant de soui» lagement I

J'ai iru ici des gens qui , depuis la première anf ■ée de mon séjour à Mens, c'est^-dire depuia jrios de cinq ans, avaient suivi de loin le troupeau ée Jésus- sans qu'on eût pu dire s'ils ^étaient morts, ou \ivants ; et qui , réveillés tout de bon seulement cette année, ont trouvéla porte étroite et sont Mtrés- pleins de joie ; d'autres qui ne s'étaient ja-r mais occupés de leur salut jusqu'à cet hiver, et qui au bout de quelques semaines» ou même au bput de quelques jours de combats», ont trouvé le repos de leur âme en Jésus--Christ. On s'étonne ici, sur^ tout dans le bourg, quand quelqu'un reste dans la conviction de péché plus de deux ou trois mois. Cependant nous en avons à la campagne qui ont sou£fert bien plus longtemps. Il en est une entre autres qui sent son état de perdition depuis quinze ans, et qui, jusqu'à ce printemps, n'avait osé en parler à personne, ne sachant pas même ce qu'elle avait. On l'avait traitée comme atteinte d'une maladie de nerfs ; et pendant longtemps elle cherchait par toute sorte de moyens à se distraire et à se divertir. Malgré cela le Seigneur l'a gardée jusqu'à présent; elle reconnaît maintenant que c'est une œuvre de Dieu ; et elle ne cherche sa guérison que

dans la croix de Jésns et dans la conversation des Trais chrétiens. Mais elle craint si peu de leur ouvrir son cœur, qu'elle le ferait, je le crois, sur la place du marché comme dans sa chambre.

Je ne saurais vous dire combien j'ai été encou* ragé en voyant tout le travail que le Seigneur a j^ daigné faire dans ce pays depuis mon demiëi: ]■ voyage ; et je dois vous dire que ce ne sont pas tant (e lés pasteurs et leur prédication, quoique bien fidUe, ^ qui en ont été le moyen, que les réunions mutuek ^ les, pleines de vie et de confiance chrétienne. .||

Prenons courage, chère sœur, et quoique noua v soyons de bien chétifs et bien indignes ouvriers^ ^ travaillons avec confiance et avec joie dans la vi« g gne du Seigneur ; et notre travail ne sera pas vain auprès de lui.

Saluez bien affectueusement de ma part toutes . les personnes qui soupirent après les fruits de Far- ^ bre de vie : je n'ai pas besoin de les nommer : et , recevez Tassurançe de Tafiection chrétienne de ; votre dévoué frère en Jésus*Christ« j

Voici maintenani le dernier journal que nous avons an* nonce : chacun, sûrement, sera frappé du ion solennel de récapiiulaiion avec lequel il débute; et ce ton presque fatal est d'autant plus saisissant que Neff ne pouvait pas savoir q«^il ne reviendrait plus dans ces lieux : bien loin de là; toiile son âme se soulevait contre cette pensée. Mais Dieu le fait écrire comme un homme qui donne son bilan : et il le donnait en effet! Sans doute Tâme de Neff pressentait dans ce moment ce qu'elle n'osait s'avouer à elle-même ; et c'est ce pressentiment qui aura porté le missionnaire à ouvrir le journal actuel du ton dont pourrait s'ouvrir un (ésia^ ment. Il n'avait alors que 29 ans et 8 mois I....

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