‹ Lettres, avec quelques additionsChapitre 27 sur 50 · HAUTES -ALPES · texte numérisé non relu

HAUTES -ALPES

Journal de J. Bkharij du Fillaride louage (307).

lient, 16 ukïïh 1S28.

De retour depuis avant-hier d'un voyage dans les Alpes, je viens vous en communiquer un petit journal.

Je partis du Yillard le 22 février. Je passai d'abord à foichaa pour voir une jeune fille^ ma filleule et ma cousine, matade depuis longtemps, et qui avait désiré ma visite. Je la trouvai seule; elle ne me reconnut pas d'abord, et elle me dit qu^elle n^était pas digne de mes amitiés. Je lui demandai si elle pouvait supporter la lecture de TEvangilo ; sur sa réponse affirmative, j'ouvris le Testament et tombai sur ces paroles : « Je suis venu afin que mes brebis aient la vie et -» qu^elles Faienl même en abondance. » Malgré la grande faiblesse de la malade, notre entretien dura près de deux heures. Je lui demandais de temps en temps si elle n'était point fatiguée ; elle répondait chaque fois que non, et que son Ame avait besoin de ces choses. Je la quittai, après avoir adressé au Seigneur une prière qu'il a daigné exaucer. Deux jours après, cette âme, appelée à la dernière heure, mais lavée et blanchie dans le sang de l'Agneau, est allée pleine de joie et d'amour au-devant de son céleste Epoux.

De Paichau j'allai à Saint-Sébastien, voir une femme malade depuis six mois, qui sent sa misère et qui désire ardemment de connaître Jésus. Je lui parlai d'abord du bonheur des enfants de D'eu; puis je priai avec elle Celui

qui seul peut nous auirer à son Fils. Le même soir, j'allai coucher aux Pélissiers (')• Nous nous sommes réunis environ vingt personnes ; plusieurs d^enlre elles étaient attendries; d'autres, qui croyaient se justifier parleurs œuvres, disputaient contre le salut gratuit. Un de ces derniers a changé de langage pendant le temps de mon voyage ; et à mon retour il m'a dit : ce Je reconnais maintenant que je n'ai jamais rien fait de bon, car ce que je faisais, je le faisais par orgueil. » Ces braves gens n'ont voulu me laisser partir qu'à condition que j'y retournasse bientôt.

Le 23, j'allai coucher au Champsaur; nous y eûmes une réunion le même soir.

Le lendemain, dimanche, tous les habitants étaient réunis au temple; on me permit de prendre la Parole; tons étaient attentifs. L'après-midi et le soir, on s'est encore réuni en grand nombre chez Du Pont (306), où chacun a parlé sur un verset de TEcriture-Sainte. Ceux qui ont été précédemment convertis persévèrent, mais il n'y a pas de nouveaux réveils.

Le 25, je suis parti accompagné de notre jeune ami F. Fouréz; nous avons été coucher à Chàteau-Roax, et le lendemain aux moulins d'Arvienx; le 27 à la Ghalp, à Bronissart ('). Nous avons été réjouis de la foi vivante de nos amis des Moulins. Le 28, nous montâmes dans le haut Queyras. Nous proposâmes aux habitants de Pierre*Grosse de se réunir; mais Jacq. Blanc, l'adjoint, nous dit qu'il valait mieux se réunir le lendemain au temple de Fongillarde; nous allâmes donc coucher dans ce village, et dès le même soir les gens vinrent en grand nombre dans Tétable où nous étions. logés. Pendant le service que nous y finies, on eotendait de toute part des soupirs et des gémissements. Je

(1) A trois lieues de Mens, sur la route des Haules-Alpes.

(2) Je passe les détails sous silence ; ils sont à peu près les méiues que dans les précédentes lettres. I^eff»

me rappelais que vous m^aviez dit que c^élail ud peu la mar nière de faire des gens de ce lieu ; mais il y avait plus que cela; et eu effet, qous apprîmes d'André Yasserole que plusieurs sont sérieusement occupés de la seule chose nércessaire.

Le lendemain, 29, presque tous les protestants du.vaN Ion (de Mollines) se trouvèrent réunis dans le temple à rheure assignée. Après le service nous partîmes pour St.- Téran; nous avions fait prévenir les habitants pour deux heures après midi, et nous les trouvâmes près du temple. Nous vînmes encore le même soir coucher à la CL... (*).

Le samedi, 1*' mars, nous partîmes de grand malin pour Tars, où les gens se réunirent aussitôt. Sur la fin du service louâ vîmes entrer un douanier dans Tétable; c'était un jeune homme de mon pays qui me connaissait, et qui fut bien surpris de me trouver là. Je lui expliquai le but de mon voyage dans ces hautes montagnes; puis, lui ayant lu le récit de rappel de Lévi le péager, je lui parlai sérieusement de ses péchés, du salut en Jésus-Christ etduNouv. Testament, qui explique celle Bonne Nouvelle. Il parut désirer d^y avoir part, et me promit d'acheter un Nouveau Testament. Nous terminâmes ensuite le service par une prière, à laquelle le douanier se joignit.

Catherine, la sœur de Jean Rostan qui est mariée en Piémont ('), était ce jour-là à Yars ; elle nous donna des noufelles des frères des Vallées, où, dit-elle, le . règne de Dieu avance toujours petit à petit. Elle nous annonça^ pour le mois d'avril, la visite des deux frères Gay.

Nous revînmes coucher à Guillestre, d'où nous partîmes de très-bonne heure le lundi pour Freyssinières. Nous pensions aller à la Combe pour Theure du service ; mais on

(1) Serait-ce U Chapeiaine ? {f^i'sUe, p. 98, au bas.)

(2) C'est. celle qni nous eotoDoa ce cantique de départ i Vars (f^isit$^ p. 92 et 93}.

Dons reiÎDl à Pdllon, en nons faisant considérer qu'il y avait ans environs beaucoup de catholiques romains qui ont quille leur église (93), et d^autres qui aiment la Parole de Dieu. Nous reslàmes donc ; la réunion fut nombreuse ; tous paraissaient vivement touchés de Tamour du Sauveur^ duquel je les occupai. Après la réunion tous les frères vinrent nous embrasser avec une grande affection. Nous eûmes la joie d'y trouver la chère petite Mariette (314), et de voir son père décidé à la laisser venir avec nous à Mens (') ! Il parait, pour lui-même, assez bien disposé et aime les frères.

Nous allâmes le même soir aux Ribes, et nous y tînmes le soir une réunion. Les dispositions de M. Baridon et de sa sœur nous ont réjouis. Le lundi, 3, nous montâmes de bon matin à Dourmillouse; et à dix heures, tout le monde était réuni dans le temple. Après le service nous eàmes plusieurs entretiens avec les frères, et le soir une réiwion assez nombreuse. Plusieurs personnes sont venues tout dernièrement h la connaissance de la vérité. Le nommé P., galérien, est travaillé d'une manière épouvantable; puisse le Seigneur lui accorder la même grâce qu'au brigand sur la croix !

Le 4, au matin, nous redescendîmes à la Combe, où nous eûmes une réunion des deUx villages au temple. Aux Meosais il y a de nouvelles âmes converties; elles réjouissent les anciens frères qui leur ont montré PAgneau de Dieu qui ôte les péchés du monde. Le même jour nous sommes revenus à Pallon ; et le soir nous sommes montés aux Gari*at8 (village ci-devant tout catholique), où nous avons eu une réunion peu nombreuse, mais bien intéressante.

Le 5, nous sommes partis avec Mariette, et sommes venus en trois jours aux Pélissiers, et le quatrième à Mens, où b jeune sœur aété reçue avec affection. Nous comptions ki placer

(1) C'est probablement ce Toyage qui a doublement nui à cette enfaol. Quant au corps, elle eut les pieds presque gelés ; et son eoMir t'étoTai en apercevant qu'on Tadmirait.

comme domesliqne chez M">' €•••• qui aurait soigné soa édneatioii ; mais on a faii mieux que cela; eUe est placée à l'école de ma cousine Emilie, et consacrera tout le reste de cette année à la lecture et à récriture.

Ici (aaYillard de Touage) le père Calva s'estendormi au Seigneur, plein de con6ance. Il était malade depuis douze ans.

La tante, qui autrefois persécutait les filles de Calva, est ■laintenant couchée sur un lit de douleurs; mais c>st moins la maladie de son corps qui lui 6te les forces et Tappétit que celle de son âme, qui brame après le Dieu vivant qu^elle sait avoir, par son péché, cloué sur la croix. Elle dit qu^elle ne veut rien manger qu'elle n^ait fait la paix avec soa, Dieu«

Dois mars*

La vieille tante Calva a reçu la paix ; son cœur bràle d'à» BM>ur; et tous ceux qui la voient sont étonnés de sa connaissance. On peut bien dire que c'est une chose merveiU leuse ! Je n'ai jamais vu tant de foi, de confiance et d'à* mour ! Elle est mieux de corps. Dieu veut sans doute qu'elle loi rende témoignage. Mlle. Poussi est dans la foi, elle se trouve bien heureuse avec son Sauveur.

Saluez les frères de Genève ; et dites-leur de prier pour

votre dévoué frère en Jésus-Christ,.

André Richard.

(Je ne puis trouver exactement la date de cette lettre, qui n^est pas indiquée; mais je crois qu'elle appartient à peu près h cette époque). Editeur.

A vf^^ ÉHILIE B.

Chère Emilie,

Je vous remercie, par roccasion de notre ami Richard, de yos bonnes lettres que j'appellerais yor

lontiers, pour les bonnes nouvelles qu'elles contiennent, le Magasin évangélique de Mens : vous savez dire beaucoup en peu de mots. Bieu me préserve de faire des compliments ; mais je veux pourtant vous dire combien je vous sais gré de tous vos détails.

Vous avez trouvé mauvais que J., à son passage à Genève, ne soit pas allé entendre N.; et vous dites qu'on doit aller partout? Je ne suis pas de vdtre avis ; et je croirais manquer à mon devoir en donnant, à qui que ce scHt, le conseil d'aller où je crois devoir moi-même ne mettre jamais les pieds. Du reste, je ne prétends pas vous faire le moindre reproche pour vos observations ; et je suis prêt à recevoir toutes celles qu'on voudra bien me faire, sauf à les admettre ou non, suivant que» après un mûr examen, elles me paraîtront justes ou non.

J'ai donné à M. Bl. quelques détails sur le canton de Yaud. J'en avais donné précédemment à M. Dumont; je pense qu'ils vous seront parvenus. Etienne (*) m'ayant transmis lui-même Je récit de son voyage, )e ne t'attendais pas de vous : mais je ne vous remercie pas moins de votre bonne intention.

J'ai passé deux jours et demi chez notre cher ami, M. Gaussen, à Satigny. J'en arrive aujourd'hui seulement. Il m'avait conduit et m'a ramené en char. C'est aussi en voiture que je fais mes courses en Suisse ; car je ne puis essayer impunément d'en faire qui excèdent une lieue ; et même quand j'ai été un peu longtemps en voiture, je dois

(1) Matihieo, je pense, dont on (roaye le journal en janvier..

me ménager pour l'a quantité de lait pendant au moins les deux premiers repas. Le travail du jardin ne produit pas le même eflet que ia marche, ou 4eut autre exercice ; il me donne des forces et de Tappétit ; et pourvu qu'il ne soit pas poussé jusqu'à la lassitude, et surtout que j'évite soigneusement de prendre froid après, je m'en trouve fort bien.

Le docteur que j'ai consulté a dit dernièrement à un de mes amis, qu'à l'époque où j'ai commencé mon régime, c'est-à-dire le i*"^ juillet dernier, il n'y avait qu'un cheveu entre moi et la mort, et que si le* lait n'avait pas pu passer (ce qui arrive à bien des personnes), je n'avais aucune ressource. Il a dit à d'autres que j'étais sur le point d'avoir un ^uirre à l'estomac, et que trois ou quatre jours plus tard il était formé ('). J'étais loin pourtant de me croire aussi malade ; et j'avais eu surtout bien de la peine à le croire avant mon départ, car vous vous rappelez à quoi il a tenu que je ne sois pas parti avec M. Djumont? Le Seigneur m!a bien^ramené au bon moment ! Ce n'est pas que, pour mon compte, je n^'eusse préféré mourir sur le champ de bataille, plutôt que de végéter en garnison ou aux invalides. Mais le Maître a jugé à propos de m'humilier par cette sévère dispensation ; et en^ core dois-je m estimer bien heureux>d'être comme je suis maintenant. Je ne ^crains que de concevoir trop d'espérances pour l'avenir, et d'oublier encore une fois, qu A la lettre, nous ne sommes que poudre.

On se plaint toujours que vous êtes sèche dans

(1) n est (rèt-probable que c*est en effet de cette maladie qu*U

Mt DQOrt.

tôs rëpiimaiides : la lettre A Lili en tient ÏAm un peu. Elle parait aToir produit plos de mal que de bien. Louise 8*ennuie ; elle est triste ; et des reproehes ne lui vont guère dans ce moment. Peut-Ctre plus tard en poùrra-t-elle profiter.

' Je remerde bien Alexandrine et Victoire de leur bon souTenir et de réchantillon dé leur boutictne, A laquelle je soubaite toutes sortes de prospéritét« et surtout de ne pas donner trop de souci oo trop d'ambition. (Y. Supplément znT. I.)

Un grand senrice à me rendre serait, s^il ▼ow plaît , de me copier les numéros de ma liste de passages dans leur ordre, et dé me les enroyer dam une lettre le plus tdt possible. Je ne demande pas la feuille même, à moins qu'on ne la mette sous bandt comme brochure, si cela se peut.

Génère, le 80 mars 1S28;

Ma chère Emilie ,

En attendant que je puisse répondre à M~ Garnier, c'est-à-dire en attendant que j'aie fait sa com" mission , je veux m'entretenir un peu avec vous.

Je lis chaque numéro de votre petite gazette avec un nouveau plaisir. Je vous sais surtout infiniment gré des nouvelles que vous me donnez de notre chère demoiselle Flore (3i8). M™* G., sa sœur, ne m'en dit qu'un mot dans sa dernière lettre à moi : peut-être en était-il question dans cette lettre à M. C. dont elle me parle et que je n'ai pas vue ; mais je doute fort qu'elle lui dise le fin mot. J'ai béni Dieu de toute mon âme de cette bonne nouvelle ; et je le prie pour cette chère sœuri qu'il

la préserve des inquiétudes qui, comme des tou£Fes d'épines, ont si longtemps obstrué en elle la bonne semence.

Sans doute que cette soeur était loin d^avoir une connaissance satisfaisante de sa misère ; mais elle était loin aussi de la méconnaître ; elle savait fort bien que son âme était dans un mauvais état et qu'elle n'était point réellement convertie ; en sorte quil n^est pas bien étrange qu'elle ait trouvé la paix du salut- avant de descendre plus avant dans les replis de son cœur ; cela arrive à beaucoup de gens par ici, où le salut est annoncé souvent avant la loi.

Je vous remercie beaucoup de la piquante anecdote de saint Baudille (32o), qui, tout en faisant rire, édifie, en nous montrant l'infinité des moyens dont Dieu se sert pour réveiller les âmes.

Quant aux excuses que vous me chargez de faire à Lili, je vous en sais gré quant à vous, mais je ne crois pas devoir les lui communiquer; elle ne mérite que trop vos reproches par les défauts de son caractère. Tout ce que je blâmais dans votre lettre était la sécheresse du ton, sécheresse qui vous est assez naturelle dans vos observations, que vous faites, d'ailleurs avec une franchise qu'il serait à désirer que tout le monde appréciât, et, je puis le dire sans vanité, que je l'apprécie moi-même pour ce qui me regarde. Vous ne me dites pas si M. Blanc vous a communiqué la portion de ma lettre qui regarde N. (p. 3:26 ). Je sais que M. Guers lui a écrit sur le même sujet, mais probablement avec beaucoup plus de réserve que moi ;^ ce sera une preuve de plus

deTinnocence de ce dernier dans cette a£Eaire,iBno>cence dont je ne me vante pasplus que je ne Ten vie.

J'ai montré, seulement dimanche dernier, votre lettre à Julie T.; elle a paru fort émue des articles qui la concernent; et son premier mouvement a élé de se plaindre de ce qu'on ne lui eût pas dit tout cela à elle-même. Je lui ai répondu que très-pro*^ bablement vous Taviez fait , mais qu'elle pouvait n'y avoir pas eu égard et vous avoir empêchée par son air de lui dire tout avec précision. Elle 9 aussitôt avoué qu'en effet on lui avait fait des obser^ valions sur toutes ces choses et sur bien d'autres», piais qu'elle n'était pas alors en état de les appr^ier; qu'elle regrettait la manière dont elle avait employé le temps de son séjour à Mens ; et qa elle ne com-^ prenait pas de quel esprit elle était animée alors.

J'ai écrit à M. Dumont ces jours derniers, au sujet d'une méditation que j'ai fait paraître et dont je me propose de vous envoyer un paquet. Je pense qu'on vous communiquera la partie de la lettre qui en fait mention, et je ne doute pas du zèle que vous mettrez à la chose. Si cette brochure se place facilement, je ne tarderai pas d'en publier une autre sur le quatorzième chapitre de saint Jaques tout entier : elle sera un peu plus volumiineuse et ne coûtera pas beaucoup plus.

J'ai reçu la feuille de passages que vous m'avea envoyée ; et j'ai commencé à rédiger, d*après cette feuille, le cours de religion auquel vous avez pris part en hiver 1822. J'ai montré à plusieurs pasteurs du canton de Vaud le développement des deux premiers numéros ; tous m'encouragent beau^ coup à continuer ce travail.

Vous ne me diles rien de voire santé? La mienne est toujours bien fantasque. Cet hiver m'a été bien nuisible, et j'ai fait plusieurs rechutes; entre autres une de plus de trois semaines ; puis, la semaine dernièrei une de huit jours, pendant lesquels j*ai été obligé de ne prendre dans mon lait, réduit à la demi-ration, qu'un échaudé à chaque repas ( les échaudés sont une pâte si légère qu'il en va, dit-on, quarante à la livre ). Avec ce régime je me suis mis à bêcher dru dans le jardin de mon ami Bost ; et ce travail m'a, comme de coutume, promptement remonté. Hier déjà, j'ai repris ma ration de lait et da pain plus solide ; et aujourd'hui tout irait bien s'il ne fallait aller chez le dentiste pour essayer de mettre à la raison quelques mauvais locataires de mon palais, qui troublent mon repos de nuit et ne me laissent pas manger en paix. Je ne crains pas ordinairement beaucoup cetle opération ; mais aujourd'hui il faut tirer une dent qui est presque entièrement cachée dans la gencive et qui a l'air de tenir bon dans sa cellule. J'y vais de ce pas, sans rien dire à maman, qui serait en peine. Je vous dirai tout de suite comment cela se sera passé.

21 mars. Hier, en vous quittant, j'allai chez le dentiste, que je ne trouvai pas. J'ai donc dû garder ma dent jusqu'à ce matin, non sans beaucoup souffrir, surtout la nuit. Enfin , elle n'y est plus : l'opération a été extrêmement difficile et douloureuse, la dent n'ayant plus du tout de couronne, et étant tout au fond de la mâchoire supérieure. Je me tiens bien empaqueté, crainte d^accident.

Je reçois aujourd'hui le journal de votre cousin

Richard, du Yillard (32 1), qui m'apprend que tous avez à votre école notre petite bergère du Punayer. Cette nouvelle m*a bien réjoui. Je ne crains qu'une chose, c'est que par trop de caresses, de vi« sites et d'empressement, on ne gâte cette enfant ('); c'est sous ce rapport seulement que je vous la re* commande, ainsi que tous les amis. £mbrassez-la bien afiectueusement pour moi ; et dites-lui combien je prends part à la joie qu'elle doit éprouver de se trouver au milieu des frères, et surtout de pouvoir apprendre à lire la sainte Parole de Dieu. Adieu, ma chère Emilie! Que la paix de Dieu tienne le principal lieu dans votre cœur, et que ses grâces abondent en vous pour sa gloire! Saluez toute votre famille en particulier, et en général tous les amis et amies qui se réunissent chez vous. Dites à M. et à M™* Isaac combien je prends part à leur affliction.

EXTRAIT d'une LETTRE D^ANTOlIfE BLANC 9

propriétaire-agriculteur, à Saint-Jean, Yallécs du Piémont (1,498, II, 190, etc.),

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