A U. FÉLIX NEFF
Du 19 avril i82a
....Soyez béni du Seigneur, vous qui levâtes le voile qni couvrait nos yeux ei nous cachait le précipice vers lequel nous marchions à grands pas !
Que le Seigneur veuille rendre la santé à votre corps, afia que nous puissions encore entendre de votre bouche h
(1) Voyez le conp-d'œil da missioDnaire ! Je surveillais soas ce rapport toutes ses lettres, depuis qu'il a été question de cette eofiiiit : et voilà que Neff avait prévu le mal. Voyez la note de la page 92Â,
Bonne Nouvelle do salut ! J'ai cette confiance que le Seigneur vous conservera encore sur cette terre pour Tavanccment de son règne.
M. Hutchinson (^) est parti des Vallées (dans Tété de 1827) bien affligé de ce qu'il avait vu et entendu ; et ne pouvant contenir ce qu'il éprouvait, il en parla à plusieurs persoDoes. J'ai été bien édifié de sa conversation.
Si vous veniez maintenant dans nos vallées, les jours ne Yous paraîtraient pas si longs. Le Seigneur nous a enfin regardés d'un œil favorable ; plusieurs frères et même des familles entières s'approcheraient de vous, affamés et altérés de la Parole de vie. Tout l'hiver nous avons eu des réunions ; et bien que nous eussions soin de ne pas faire savoir d'avance dans quel lieu elles se tiendraient, elles étaient tonjoirs assez nombreuses ; car l'Esprit de Dieu a soufflé dans plusieurs coBurs ; et le désir de se consacrer au Seigneur s'est manifesté de plus en plus autour de nous. Quelques-uns de ceux qui nous accusaient de vouloir faire une religion non* telle voient maintenant leur erreur....
Quoique nous ayons évité Téclat, nos réunions prennent UD air de publicité ; et cependant jusqu'à présent on n'a pas renouvelé les défenses. Serait-ce parce que nous avons eu la précaution de les tenir dans la costiera (colline) et non dans la plaine?... N'est-ce pas plutôt parce que c'est l'œuvre du Seigneur, qui a vaincu le monde et qui ne laisse à son Ennemi vaincu que le pouvoir qu'il juge à propos de lui laisser pour Tavancement même de son régne ?
...Il n'y a pas six mois qu'en revoyant les cantiques qui n'avaient pas pu vous parvenir, nous disions, François et moi : u Qu'en ferons-nous ? >> Et à présent nous disons : ce Oh! que oe sont-ils tous restés ici ! » Le Seigneur pensait déjà à uous quand il les laissait ainsi arrêter par les douanes de
(i) Pasteor anglican à qui j*aYais remit quelques adresses pour nos frères des Vallées. Kote de Veff.
France et qu'il les faisait rebrousser de notre côté (^). Il fant qu'un seul serve, dans les réunions, pour quatre ou cinq personnes ; nous ne les avons plus rendus à M. B«; nous ne les vendons, ni ne les donnons à personne ; mais nous les prétons pour pouvoir les ôter à ceux qui n^en feraient pas un bon usagé, et les mettre en meilleures mains.
Nous manquons aussi de Nouveaux Testaments portatifs pour les réunions. La plupart ont bien des Bibles chez eux, mais elles sont trop volumineuses.
Oh! combien nous bénissons Dieu quand nous voyons ceux qui étaient les derniers devenir les premiers, et des ignorants selon le monde être savants dans les choses spirituelles; — quand nous entendons de nouveaux frères et de nouvelles sœurs parler d'une manière si édifiante, dans nos réunions, de Tamour que le Père nous a témoigné en Jésus- Christ, — et que nous entendons à la fin de notre service quelque nouveau frère prononcer au nom de tous une prière fervente et qui sort vraiment de $on cœur ! Nous avons de la peine à en croire nos yeux quand nous voyons avec quelle rapidité Tœuvre de Dieu s'est manifestée parmi nous. Nous sommes maintenant dans la saison des iaulas (tirage ^e carabine et jeux publics, fêtes, etc. ) ; si nous avons été otlristés en voyant quelques-uns de ceux qui nous donnaient lies espérances, se laisser emporter par le torrent, nous espérons néanmoins qu'ils reviendront ; car nous savons que léiSeigneur ne nous a pas abandonnés malgré nos rechutes, inais nous a cherchés plusieurs fois comme de pauvres brebis égarées ; — • et nous avons été édifiés de la fermeté de plusieurs pour qui nous avions des craintes, et
(1) If y a quelques âDuées que la Société des MissioDS de Bile es- Toya UD certain nombre d'exemplaires d*un Recueil de cantiques» de 1817, en don aux Vaudois. Je les trouvai en feuilles chez le Modérateur (p. 48), et les achetai pour le Dauphiné ; mais les douanes de France les ayant arrêtés , "la plupart retournèrent aux Vallées. îiote de
Nef.
qui ont préféré rameur da Seigneur à celui du présent , siècle. Un bon nombre de nos amis ont à combattre, nonseulement contre la perversité de leurs cœurs, mais contre des parents quMIs aiment, et qui préféreraient les voir se divertir avec le monde plutôt que de les voir lire la Bible et de les entendre expliquer comment Tàme déchue peut trouver grâce auprès de Dieu.
Nous avons été bien réjouis par une lettre de M. Bertin('), régent à Congénies (Gard). Il nous conseillait de fixer une heure chaque jour, pour adresser nos prières au Seigneur pour Tavancement de son règne dans nos vallées. Noos lûmes cette lettre dans une réunion nombreuse, et noDS fixâmes Thenre de midi. Quelque temps après nous apprîmes que plusieurs de nos frères et sœurs suivaient ce conseil à Tinsu les uns des autres*
Le Seigneur veuille répandre sa bénédiction sur les prières de ses enfants !
(Neff, réjoui des nouvelles qui précèdent, prit sur lui d^écrire aux frères des Vallées la lettre suivante, dont je ne possède pas la totalité, mais où le missionnaire semble avoir retrouvé toute sa vigueur Edit.)