‹ Lettres, avec quelques additionsChapitre 34 sur 50 · II · texte numérisé non relu

II

ceux qdi se pratiquent dans nos églises soni conformes à TEcrilure-Sainte.

» Nous prions notre respectable pasteur, le vénérable Consistoire, et tous les fidèles de notre église, s^ils nous croient encore dans Terreur après ce que nous venons de dire, d'avoir compassion de nous sans nous haïr, parce que nous cherchons notre salut en simplicité de cœur. Nous vous tendons la main; veuillez nous recevoir pour vos

amis; pardonnez-nous nos fautes Nous sommes décidés

à tout souffrir pour la vérité et à ne rendre jamais injure pour injure ; mais, à l'exemple de notre diviii Maître, nous aimerons et bénirons ceux qui ne nous aiment pas. Nos consciences soni en repos pour toutes les accusations dont on nous charge ; car la plupart sont si dénuées de fondement, quil n^aurait fallu avoir aucun bon sens pour y donner lieu.

7) O peuple vaudois ! est-ce faire une nouvelle religion, lorsque quelques-uns se réunissent pour lire la Parole de Dieu, pour adresser à Dieu leurs prières, afin qu^il continue à nous bénir, et pour lui demander que son règne vienne sur toute la terre et dans tous les cœurs? Est-ce faire une nouvelle religion que de préférer la lecture de la Bible à tout autre divertissement? Mais lisez encore ce que croyaient nos ancêtres d^heureuse mémoire, par rapport aux mêmes choses que nous croyons (Léger, p. 194 et 195, livre I).

» Plusieurs d'entre vous nous accusent de condamner? Nous ne condamnons personne, car la Parole de Dieu nous dit : c( Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés» (Matth. VU, 12). Mais est-ce condamner que de dire avec la même Parole que , sans la sanctification , nul ne verra le Seigneur (Hébr. XII, 14) P.... Chrétiens, montrons aujourd'hui que nous aimons notre Dieu en faisant ce qu'il nous commande. Il nous commande de nous pardonner, de nous aimer comme des frères. Ah! cher pasteur, accordez-

nous votre bienveillance ! Vénérable Consistoire , joignezvous à lui pour protéger notre innocence; car nous sommes toujours prêts, comme il est de notre devoir, è recevoir avec soumission vos censures, quand elles sont légitimes, et à rendre raison de notre foi avec douceur et modestie, toutes les fois que nous y serons appelés, ainsi que nous le commande un apôtre (1 Pierre III, 15). Et vous tous, les fidèles de celte commune , accordez -nous votre affection ; car la recherche que nous faisons pour que nos &mes soient sauvées, ne porte aucun préjudice au salut des vôtres, ni à vos biens temporels. Puisse ce jour être un jour mémorable par Tunion, la concorde et une tolérance entière! C'est ce que nous demandons à notre bon Dieu, au nom de notre bien-aimé Sauveur I

y> Nous désirerions, si Ton a quelque chose à nous dire pour nous convaincre de quelque erreur, ou si Ton veut porter quelque accusation contre nous, qu^on le fit par écrit pour éviter tout malentendu.

» (Signé) Jean-François Gay, Antoine Blanc, Barthélémy Fenouil, Jean-Paul Gat. »

M. Hondon ayant achcfvé la lecture de notre écrit, lut ce qui suit avec beaucoup de colère :

ce Le pasteur de Saint-Jean a été ému et édifié des déclarations produites le 9 novembre 1828 par les sieurs A. Blanc, J.-P. et J.-F. Gay et B. Fenouil, par lesquelles ils tendent à justifier la piété exagérée qu'ils ont fait éclater depuis quelques années parmi le reste du troupeau. J^inviie en même temps ce cher troupeau à les recevoir d'un œil favorable, et à accueillir favorablement leurs protestations de bienveillance qu'ils expriment d'une manière si touchante dans récrit qu'ils nous ont présenté. Nous conservons cet écrit comme un monument précieux, et comme une caution qu'ils n^alarmeront plus cette Eglise et toutes les autres de

nos Vallées, par des dissentiments fâcheux et une division funeste. Faisons, d'un commun accord, notre possible pour que nos inléressanles Yallées soient toujours regardées par nos frères réformés comme le foyer primitif et fondamental du saint et pur christianisme !

» Cela dit pour PédiGcaiion commune, je dois cependant faire quelques observations que je crois utiles, pour mieux resserrer encore les liens qui doivent nous unir. Tous que j^ai nommés ci-dessus, je vous prie de recevoir mes obser* valions et de les peser 5 la balance de ce bon sens dont vous faites profession et qui ne se concilie pas avec un esprit d^obstinaiion et de raideur.

» 1° J^ai reçu de votre part des livres pleins de déclamations futiles, oii Ton calomnie tous les philosophes de Tantiquité qui, au su de tous les savants, ont eu presque pour la plupart d^aussi saines idées sur la morale que notre Saint-Evangile, et qui, par cela seul, ont contribué à son établissement.

* - ')) 2* Dans ces mêmes livres, on emploie des expressions qu^un homme sensé ne peut entendre qu^avcc un frémissement d'horreur; comme est le mol déicide qui tend à faire croire que Dieu a été tué par les bourreaux de Jésws- Chrisl. Et pour renchérir encore sur cet épouvantable idée, on aflirme la mort du Créateur (*). Envoyez des missionnaires chez les Persans et chez les Turcs avec celle belle doctrine ! Qu^ils aillent chez les Juifs et chez les Chinois, et vous entendrez parler de leurs beaux succès (') !

(1) Ici jo crois devoir, dans Tintcrél de TËvang^ile, déclarer que les deux expressions soulignées de ce paragraphe n'ezisleDi pas dans rEcrilurc, et que je ne les ai non plus rcnconfrées une seule fois dans les pages innombrables qui m'ont passé sous les yeux depuis le commencement du réveil. L'Evangile enseigne partout la divinité de Christ, mais jamais il ne confond les deux natures, comme le font les deux termes dont il s*agi(. Edit.

(2} Comme nos misiiounaircs cnf, par la grâce de Dieu» de brilliDli

» 3^ J^ai aussi vu ie papier qui fait mention de la reine des lies Sandwick; el j'ai vu, avec douleur, que le seul motif qui la fait persister à élre chrétienne, c'esl la crainte des flammes iofernales ! Quoi ! la seule terreur des plus affreux châtiments fera des convertis au Dieu de miséricorde el au Prince de paix ! Le dur fanatisme de Montauban et de cette poignée d'Anglais qui vous séduisent est bien ici mis à découvert (^)l

y> Vous voulez imiter les habitants de Bérée! Cesl trèsbien ; ils comparaient les oracles du Vieux Testament avec le système évangélique, et la plupart y trouvaient avec joie une consolante conformité. Mais les habitants de Bérée connaissaient les langues dans lesquelles ont été écrits ces oracles, ainsi que les livres du Nouveau Testament; ils connaissaient Thébreu, le syriaque (ou hébreu qui se parlait du temps de Jésus-Christ); ils connaissaient le grec, la langue du Nouveau Testament (*)• Mais vous, qu^esi-ce que vous en connaissez? Lisez, méditez les livres édifiants de la Bible, faites-en votre nourriture et votre bonheur; m^is prétendre les expliquer dans leurs passages obscurs et dif* ficiles ('), avouez que c^est de votre part une grande témérité el une présomption justement blûmable.

» Venez cependant au temple à louies les heures et jours . où Vusage et la bienséance y appellent les fidèles : priez,

succès, il soit de là, selon M. Mondoo môme, qu'ils n'emploient Jamalf ces termes.

(1) Est-ce Montauban qui a écrit : « Lew* t^er ne meurt point ^ et leur feu ne s'éteint point ; et la fumée de leur tourment montera aux siècles des sihiles? — Ou bien Jésus-Cbrist était-il fanatique el Anglais?!.... Ou M. Mondon et ses semblables sont-ils de purs incrédules ? Edit,

(2) On comprend que si je ne continue pas les notes, c'est que je ne les crois pas nécessaires. Quels raisonnements! et quel homme!

(3) Vous saurez, cher frère, que les livres que nous lui avons prêtés iOBi les Archives , et celui de M. Garde, de Ntmes. Mais c'est la Biblo qui est noire règle, et nous y avons toujours laissé les choses cachées, les passages obscurs et difflcilcs. ^ote d*Ant, Blanc.

lisez, chantez dans ce lieu privilégié. Si cela vous plak, unissez-vous même à vos voisins pour vous édifier ensemble chez vous, chez eux : mais, au nom de Dieu, cessez un culte séparé du nôtre, et ne faites plus dire que nous avons deux religions ! »

Avant d'entrer au temple, notre ami Paul était de nouveau allé chez M. Mondon où s'étaient réunis les plus méchants de nos ennemis, qui voulurent Taccabler d'injures. Il leur dit que c'était avec le Consistoire qu'il avait affaire et non avec eux. Après midi quelques-uns de ces garnements allèrent à l'école des Gonins , s'assirent à la place des eofanis, et quand on vint pour faire réciter, ils se mirent à dire des insolences; et l'on céda ainsi l'école. Nous fûmes obligés de ne plus nous réunir.

De là ont résulté plusieurs réunions qui prospèrent et qui font du bien, grâce au Seigneur. Car plusieurs personnes qui ne pouvaient pas aller à la rénuion, parce qu'elle était loin, y vont depuis qu'elle est proche ; ce qui fait qu'elles sont assez nombreuses. C'est ainsi que tout est pour le mieux. Du courage , de la persévérance et de la douceur, me direz-vous ! Oui, mon frère, TEsprit du Seigneur nous soutiendra, et nous n'avons encore jusqu'à présent rien à nous reprocher pour le manque de douceur. S'il y en a qui nous ont quittés, ils reviendront quand le Seigneur le voudra. Nous avons la consolation de voir qoe d'autres ont été affermis ; et nous avons eu un vrai plaisir en ce que le réveil de la Tour continue, au milieu d'an grand orage ; c'est que c'est l'œuvre du Seigneur. Il est étonnant que le gouvernement ne s'en soit pas encore mêlé. Mais on sait que les autorités de Pigneroi ont refusé de nous faire du mal, regardant cela d'un œil favorable. Les prêtres prêchent partout que la religion vaudoise n'est pas bonne, en ce que plusieurs d^entre eux veulent s'en faire

UDe autre ; c^esl ce qui pousse & un si haut degré ta haine et rauimosiié de nos ennemis. Nous vous demandons le secours de vos prières. Oh ! vous tons qui n'êtes pas exposés aux mêmes outrages et qui avez goûté combien le Seigneur est bon, chers frères, priez pour nous, secoureznous par vos lettres, car vous ne pouvez vous faire une juste idée du tumulte qui est parmi nous ! Que le Seigneur nous soutienne et nous fortiGe ! Nous ne douions pas de son assistance ; car si ce n^élait son ouvrage , il y a longtemps que nous n'aurions eu une Âme avec qui nous eussions pu nous entretenir ! Mais c'est quelque chose qui tient du prodige : plusieurs maisons chez qui nous n'avons pas encore été, nous invitent.

Ce que nous avons écrit pour notre défense nous a fait et nous fait encore beaucoup de bien^ «on-seolement dans notre commune, mais aussi dans.toutes les Vallées. Plusieurs pasteurs nous encouragent; et il n^y a presque que le nôtre qui nous soii contraire. Nous languissons tous bien de recevoir de vos nouvelles : mai$ eommeM;Dumont a eu labpaté de m'écrire, et que j'ai reçu le ballot de livres en bon état, je crains que vous n'attendiez mon reçu pour nous écrire votre arrivée et votre heureux voyage; car celui qui se met sous la conduite du bon Berger a autour de lui uoe muraille de feu et d'airain; et puis j'ai assez de choses à vous dire pour ne pas attendre votre lettre*

Nos vallées sont ébranlées. Frache, dont vous m'aviez parlé (427), fait du bruit au Viilard, et il attend que quelquesuns de Saint Jean montent pour faire une réunion chez lui : Prarustin semble aussi avoir senti le vent de l'Eternel ; mais c*est à notre commune que je veux revenir. M. Mondon change de batterie. Après nous avoir attaqués en lion, il nous attaque eu renard. Voyant que la persécution augmentait le nombre de ceux qu'il voulait détruire, il est devenu de nos amis ; il est ménip déj(k venu, ù une de no$

réonidns ok je v^éiaii pat, étant «allé aiUeora. Soo desseia est 4e BOUS tordre lea Eeritores; et oeanne o» ne hii rétine pas en 'foce^ inais qu'en le laisse dfare et ei|Miqaer k sa nui* nière, il a coBMieaeé de chanter victoire. Cen qnl ne coa* naissent pas encore le Seignenir ne le conprêiineni pas, «t ctonk qni on( goûté codAiien fl-fairbon sons laboalette de Ceitti qui séol peot nont pardonner mos iniquités, ne chsagersient pas ponrmi- mcnde eîKier'flelgotha' eonlre SinsL Nos réunions cent bénies 4tt fièignènip, qui eentisnedy répandre -son esprit de {Mrièrè; si neris Bavions pas élé obligés deaons iéparer, nous avrions oentinné à ne Un qu'une réunion, cair note nous hinrioM irép pMr noas décider k nous séparer» Le Seigneur 1% Ibit ; 'gi4eea lui sa soient rendues, et chaque réiAiion est aussi noibwusa qas quand nous y étions tous. Ntiis 'UMitona ^elqueMakii Tour ; la réunion y est t0U}Ours e»isidéraMe> Dimanchi dernier on est descendu de la Tour an nombre de dix, aae femme et neuf jeunes gens ; ils sont venus chez moi et som remontés à la garde du Seigneur.

A. BLAMC A SON FRËRK.

SaiDl-Jean, l«'Jao?ier 1829.

Mon bieo-aimé frère,

Je profite de Poccasion de noire cousin Rostan (le père), de Vars, pour répondre à vos deux dernières lettres. Cher frère, encore une mauvaise nouvelle ! Le Prince des lésèbres, cet ennemi de nos Imes, nous atiaque de toute manière. Nous commencions à jouir d'un calme de quelques jours ; nos ennemis , honteux et pleins de colère de ce qoe le Seigneur avait pris lui-même notre défense, semblaieai ne plus s'embarrasser ni de nous ni de nos réunions. Diuianche dernier nous jugeâmes devoir répondre aux désirs

de DOS amis de la Tour, qui, depuis quelque temps, demandaient que nous y tinssions une réunion le soir; ce que nous Times ; puis nous nous retirâmes heureusement à Saînt< Jean. Comme j'avais reçu votre première lettre, notre ami François qui languissait de la lire, passa chez moi : nous trouvâmes ma femme seule qui m'attendait. Après avoir lu la lettre, notre ami fit la prière et se retira. Dès qu'il a passé le village de Saint-Jean il voit deux homntes, et il entend qo^ils disaient en patois : c^esl être chrétien que de croire cela. Il passe tout près d'eux et fait son chemin. A quelque distance de là, il entend qu'on court après lui ; il double le pas ; mais ils Tont bientôt atteint. Après l'avoir suivi quelque temps, Tun d'eux passe devant lui, et ils continuent ainsi à le conduire sans rien dire. François ne leur dit rien. A la fin celai qui était devant le laisse de nouveau passer ; il parle à son compagnon ; il avance encore après lui quelques pas ;••• et notre ami tombe d'un coup de pierre qu'il reçoit à l'oreille droite. Il ignore le temps qu'il est resté couché dans la boue : mais le Seigneur ne voulait que l'éprouver, et non lui accorder la palme du martyre. Il reprend connaissance, mais il ne pouvait se lever. Croyant que son heure était arrivée, il pria pour lui et pour son meurtrier. A la fin il retrouva assez de force pour se rendre à son lit, qui n'était qu'a une vingtaine de pas. Le lundi matin il vint me raconter son malheur. Le coup, sans faire plaie, était énorme; et il était sourd de l'oreille droite. Il se décida à ne rien dire à ses parents; mais il fut pourtant obligé de le dire vers le soir, parce qu'il lui était impossible de se faire panser sans qu'ils s'en aperçussent. Leur alarme fut grande, parce qu'ils avaient déjà perdu une fille qui, en s'amusant, avait reçu à la tête un coup qui la conduisit à la mort. Il avait connu le scélérat qui avait passé devant lui ; il va vers M. Mondon et lui raconte son malheur. Celui-ci le reçoit avec beaucoup d'amitié. François prie M. Mondon de se

icadra An sm CHMWy ai diiMi ^11 M ataic itrdé de ptéMiar h lii à cei ho— « j pti !■ y*n foilit i wlwMrt W din le sajfli de «n aeiiea InriMMU M* Hoadea j A.

aseBcriM.I»B làFracob elh chei II I, ^hûerdoMt d*adlereecoMher, M diMK ^H iiaii M fcjre — e iiigiée; ■Mteeh ae hii raedhpn TeA. H U eppKqee Uer ^ine nqnMs, q«i égilwMii ■e W cal rica fiÉk« là -lei obige uii lUiamîM à dédanr ai j^ge de paix ces eeriei d^eneaMs. UdUre B^ p« se lair •ecrtia; deanaièn <|W kjasiiee •*« aMe. Yeaille le Sfll-

rfaaHiceai) ei nifa legiace ^|ae ceai uam nneda eoqiebie!

ffkaaçois cMuae aa firèi«9 eaee^iae aeat lOMMi Ovitt poar rétenûié ; Mit fl a dteani pias éê dreitt à laea aniiié ipe biea leaieati de eniate qaH m af irrifit qadqae choM (peraeip^oa ca vealail è aui vit), il veatit me prendre diei Moi et ai^ rtcoadaisait trte-tot* veac. Hélas ! le Setgaear qai aoas conaatt, el qal est le seil boa scroiaieor des cœors, Toyait bien qa^il était plot digne qae moi de souffrir pour Celai qai est mort pour DOts. Mais, malgré ce malheor, le Seigoear le fera eocore sertir il sa gloire et à ra?aocement de son règoe. François, daa son lit, est en édification à tons ceux qai Tentoarent do oia- Un an soir.

Qaand il était ainsi snifi, il ne dit rien h ses dmix assassins, parce qae s'il lenr a?ait parlé ils se seraient dispoltt atec lai et Taaraient également baun , et peat^tre toé ; et Ton aarait dit : a Les momiers se sont disputés et on la s rossés. »

François n'a pas encore la consolation de voir son père se ranger sous la bannière du Bon Berger ; ce sera le père qui-poursuivra les coupables ; et les chrétiens seront exempts de bl&me. François, par sa douceur et sa modestie, D'étiut coupable d'aucun coup de langue qui pût lui avoir attiré ce

malheur; et même les mondains en sont scandalisés. Oui, c^est le seul amour qu^il a pour Jésus qui lui a attiré celle persécmion ! Que le Seigneur le guérisse ; et s^il veut qu'il porte la marque de ce qu'il a été trouvé digne de souffrir poor Celui qui avait souffert pour lui, que sa sainte volonté soit faite !

Cher frère, nous prendrons garde ; et nous demanderons M Seigneur la prudence du serpent et la simplicité de la colombe; mais nous ne craindrons pas ceux qui ne pea^ vent 6ter que la vie du corps. Les cheveux de notre léte toot comptés. Cest lui qui donne la force au bras et qui dirige les pierres. N'est-ce pas par plusieurs tribulations qa^il faut parvenir à la vie éternelle? Nous ne voulons pas, qaoique ce soit dur à notre chair, aller en Golgolha c< avec violons et joie ; » nous nous rappellerons de quelle manière Jésus y monta; il nous a laissé un modèle afin que nous suivions ses traces.

Si vous ne connaissiez pas le Seigneur je vous cacherais ces nouvelles, de peur de vous alarmer ; mais je veux fidèlement vous exposer notre position, afin que vous vous souveniez de nous dans vos prières. Priez pour. nous, cher frère ; recommandez-nous aux frères et sœurs ; nous vous tendons aussi les mains; et les Alpes, malgré leur hauteur, n'empêcheront pas à notre foi de se joindre à la vôtre; et si nous ne nous revoyons plus dans ce pèlerinage, nous nous reverrons dans notre patrie auprès de notre bon Frère, le tendre Ami des pauvres pécheurs. Courage donc! Et qui n'aurait pas du courage en voyant combien la bonne semence fructifie, au point qu'on est appelé à moissonner aussitôt après avoir semé ! Ah ! c'est l'œuvre du Dieu de Jacob !

J'ai déjà reçu pour les missions onze francs. Que le Seigneur ouvre lui-même les cœurs, afin qu'il y opère par son Esprit ! C'est une chose certaine, comme vous me le disiez dans une lettre, que, aussitôt qu'on s'occupe de son àme à

— Ui —

soi, on pense aussi à Télat de ceiii qui sont encore ploogés dans Tombre de la mort, et Ton cherche h leur faire coa« naître Celui qui, des ténèbres, nous a appelés à sa menreiU leuse lumière.

Je reviens à noire ami François. Le cbimrgieo a donné la relation au juge. Celui-ci s'est rendu avec sa suite, aojoard^hui premier jour de Tan, près du malade et lui a dit : u Voos » auriez mal fait de ne rien dire ; car durant le carnaval oo »en aurait assommé plusieurs d'entre vous; mais preoei » courage, le gouvernement vous protège : il sait que dsffi >i vos réunions, quoique défendues par les lois, il n'est pas » question de lui, mais que vous ne vous occupez que de » vos âmes. » Le chirurgien est ce même tf • de la Tour, qui était syndic quand vous vous réunîtes h la Tour et qat tous nos amis de Sainl-Jean y montèrent, il y a eoviroi deux ans, et qui défendit aux carabiniers de vous insulter, quoiqu'il y fût encouragé pur plusieurs notables du pays, de Suiui-Jean et de la Tour. Il disait à François : a Je ne veux w pas me vanter ; j'avais été nommé député à Pignerol pour w prendre des ordres contre vous autres ; mais j'y reçus M Tordre de vous tolérer et de ne permettre en aucune maw nière qu'on vous insultât » (V. p. 191).

Cher frère, que direz-vous à tout cela? Quel est le dessein des Jésuites ? Je Tignore, mais j'y vois le doigt de Dieu. Si le gouvernement n'avait pas mis un frein à nos ennemis, nous aurions été détruits dans le commencement par ceux qui se disent Faudois ei protestants I M^\s que Celui qui tient le cœur des rois en ses mains et qui opère par son Esprit, nous fasse continuer à marcher dans son amour et dans sa crainte! Qu'il continue, en opérant par son Esprit, à nous bénir !

Combien il faudrait être ingrat, après tant de grâces sipinalées, pour être encore dans la crainte, et ne pas avoir celte conliance qu'un enfant doit avoir au plus tendie Jei pères !

Je n'ai osé aller porter voire lettre au pasteur du Villanl, de peur qu'il ne me demandai si je Tavais lue ; mais François y alla pour moi, el il lui remil la lettre, qu'il lut tout doucement en sa présence, sans lui rien dire de ce qu'elle contenait. Elle ne lui a pas fait de mal ; car dans ses examens (inierrogats) du haut de la chaire, il nous a approuvés , et il a encouragé ses paroissiens à en faire autant.

Je languis après les Nouveaux Testaments. Que le Seigoeur les accompagne, aGn qu'ils nous parviennent ! car HUiinteoant, en hiver, il faut beaucoup de peine pour cela.

Je finis en priant le Seigneur qu'il vous bénisse ; qu'il nous fasse la grâce que, comme Pan passé n'est plus, ainsi nous prissions avoir quitté tout ce qui est inimitié contre loi, et qa'avec le nouvel an nous marchions en nouveauté de vie; et que, comme nous ne verrons plus le jour d'hier, il nous fasse la grftce de ne plus voir en nous ce qui est du vieil homme!

A M. J.-N. OOULIN, (p. ^h et I, 171 et 176)» alors absent de Genève.

Cher frère et ami,

Ayant reçu dates nouvelles par une amie de tes filles avec qui nous parlons quelquefois d'elles et de toi, et sachant qu'elle leur écrit, je me sens pressé de profiler de celle occasion pour me rappelelr à ton souvenir et te renouveler l'assurance de mon affection cordiale en Jésus-Chrîsl.

Ne pouvant, à cause de ma faiblesse, supporter les visites des frères qui m'entourent, je suis d'autant plus souvent en esprit avec ceux qui sontéloigncs : or, tu es certainement de ce nombre ; car, ne

fut-ce que par rang d'ancienneté, tu ne dois pas douter que tu n'occupes une des premières places dans mon cœur, étant un des premiers que j'aie connus et aimés comme frères, à la bienheuredse époque de mon réveil. Je ne puis me rappeler sans émotion ces bonnes conversations, dans lesquelles tu me racontais avec tant de confiance et de simplicité tes expériences spirituelles. Combien m'est cher le souvenir de nos petites promenades, et des moments que j'ai passés chez toi avec le brave et bienheureux Samuel Veyrassat, quand tu m'enseignais à chanter ces beaux cantiques que j'ai enseignés à mon tour à tant d'autres, mais que je ne puis plus chanter maintenant ! Combien j'aime surtout à me rappeler ces bonnes assemblées moraves où j'éprouvais tant de bénédictions, et où la présence du Seigneur était si souvent si sensible !

Je pense que tu sais que j'ai passé une partie de l'été et de l'automne aux bains de Plombières, dont je suis revenu à peu près dans le même état où j'étais quand je suis parti, c'est à-dire capable encore de voyager ; mais maintenant je ne puis sortir de mon lit que pour le laisser faire ; et ce n'est qu'à grand'peine que je puis dicter ; c'est pourquoi je se« rai court, malgré tout le désir que j'ai de m'entretenir plus longtemps avec toi ! Toute ma nourriture consiste en quelques petites tasses de lait d'ànesse ; encore a-t-il bien souvent beaucoup de peine à passer. Je ne puis soutenir aucune conversation, et à peine des lectures fort courtes, dont j'aurais pourtant grand besoin, étant souvent fatigué par des tristesses qui tiennent à la maladie. Je me re-

commande à tes prières. Demande à Dieu pour moi de fortifier ma foi et ma patience; et quMl me rende plus présents les biens de Favenir. Tu me feras bien plaisir si, à la première occasion, tu mécris une petite lettre dans ce bon langage de Nardin ou de Bunian. J^espère qu'elle sera pour moi comme une datte qu'on trouve au désert. En même temps, tu me feras plaisir de me donner des nouvelles de tes enfants, en particulier de Sophie, qui assistait aux catéchismes que je faisais chez notre sœur Duhner. Salue-les tous bien afiectueusement pour moi. Tu apprendras sûrement avec plaisir que nous avons desnouvelles bien réjouissantes des vallées du Piémont.

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