‹ Lettres, avec quelques additionsChapitre 8 sur 50 · À H. PAUL GAT, A SAINT- JE A · texte numérisé non relu

À H. PAUL GAT, A SAINT- JE A

Tart, le âD Juillet ±934.

Mon cher ami Paul,

M. Blanc me dit voas avoir communiqué ma dernière, dont un article vous concernait. Je ne crois donc pas devoir revenir sur le sujet pénible qu'il traite et dont je suis sûr que vous sentez toute l'importance, et peut-être déjà les fâcheux effets sûr vous-même. Cependant on me dit que votre femme doit d'autant moins contribuer à diminuer votre spiritualité qu'elle ne se montre pas ennemie de la vérité. Qu'y a-t-il donc, cher ami, qui paisse vous refroidir pour une cause qui est la vôtre et qui a paru d'abord vous intéresser vivement? Je ne poil rien vous adresser de positif et qui puisse vous convenir parfaitement, parce que je ne connais point l'état de votre âme. Tout ce que je puis vous dire, c'est de veiller et de prier, de peur que vous ne vous laissiez retomber dans la tiédeur et la sécurité; car les ruses de l'Ennemi nous surprennent facile* ment, et il est bien facile de reculer. Mais une fois engagé de nouveau dans les pièges de Satan et éloigné du Seigneur, il n'est pas facile de reconquérir sa liberté; c'est souvent une plaie mortelle et un mal sans remède. Et bienheureux celui qui, effrayé à temps à l'aspect de l'abîme, recule précipitamment, se réveille comme au milieu d'une tempête ou d'un incendie, et vient honteux et confus chercher un refuge dans les bras du bon Berger qui nous a tant aimés, et dont le cœur ne connaît d'autre affliction que celle causée par l'ingratitude et Tin-

constance des brebis qu'il a rachetées au prix de son sang. Certes, yoqs marchez dans votre pays au miUeu du règne des ténèbres, et comme au milieu des filets et des batteries du Prince de ce monde. Voas n'avez donc que deux partis à prendre ; ou veiller et combattre sans cesse, et remonter, à force derames, contre le torrent; ou vous laisser vaincre, eachainer, endormir et entraîner vers le même Aime où court le monde. Je suis loin de douter du doîx de votre cœur ; mais il est si pénible à la [ cfaan-et au sang de lutter toujours ; il paraît si doux [ M contraire de jouir du repos, de la paix et des dflicea de ce monde ! Cependant, j'en suis sûr, TOUS éprouvez qu'on ne peut servir deux maîtres, et qu'il n'y a qu'angoisse, ennui et mécontentement intérieur, pour celui qui veut marchander avec sa conscience et rabattre quelque chose du dévouement absolu que le Seigneur exige de nous. Oh I combien est préférable , mille fois, le sort de celui qui ne vit plus pour lui-mêrne^ mais pour Celui qui ta racheté ! Que le joug lui est doux alors et le iardeau léger ! Combien il est riche et puissant, ce IKeu dont le seul amour est une large compensation de tous les sacrifices ; qui d'un seul regard verse un kaame excellent dans toutes nos plaies et réjouit le cœur le plus triste ; et qui peut, d'un rayon de sa gloire, changer en un paradis le plus affreux ca-^ chot ! C'est cependant ce qu'ont éprouvé et ce qu'é* prouvent, plus ou moins, chaque jour tous ses fidèles serviteurs , sans parler aucunement de la gloire à venir, parfaite et éternelle, qui leur est réservée. Oh ! qui ne voudrait être tout entier à un si

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