NOTICE DU TRADUCTEUR
A ce même moment, Robert avait compris que Clara lui avait voué une affection plus que /raternelle, et que, lui, ne serait heureux qu'avec celle qui avait reconnu son génie et qui lui offrait ingénument Tamour, né depuis longtemps déjà, dans son jeune cœur.,, cœur pur, aimant et viril, capable de supporter, sa?is défaillir, toutes les épreuves de la vie. L'avenir de Schumann était fixé ; celui de Clara aussi, mais ni Tun ni T autre n'avait prévu le dur et inflexible refus de Wieck, che% qui Robert avait toujours trouvé un affectueux appui.
Quelle fut la véritable cause de cette irréductible résistance ? Si les craintes que pouvait inspirer la santé de Schumann en eussent été — comme le croient certains — le principal motif, qui oserait blâmer le père à qui T avenir ne donna que trop raison ? Mais il est impossible de ne pas reconnaître, che^ Wieck, un égoïsme féroce : il s'admirait dans la délicieuse artiste qu'il avait formée et ne pouvait se résigner à se la voir enlever.
Le Dr Karl Storch qui a publié en Allemagne un choix de lettres de Schumann, — ainsi que nous le faisons aujourd'hui dans une traduction qui n'a pas encore été tentée en France, où l'œuvre de Schumann est cependant si répandue et si bien comprise — apprécie ainsi le rôle de Wieck dans cette terrible lutte qui dura quatre longues années : « L'éducation musicale de sa fille fut un véritable chef-d'œuvre d'art et de conscience... Et cette enfant que tout le monde admi-