‹ Lettres choisies de Robert Schumann,Chapitre 5 sur 22 · VI NOTICE DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

VI NOTICE DU TRADUCTEUR

rait, qui, pour lui, glorifiait son œuvre, il la voit s'éprendre d'un autre de ses élèves, artiste indépendant qui, de toute la hauteur de son génie créateur, dépasse déjà celui dont l'enseignement Va guidé... Wieck connaissait trop bien sa fille pour ne pas comprendre qu'elle se donnerait tout entière à cette musique. Il lutta, non comme père, mais comme artiste : pouvait-il laisser détruire la glorification de son travail personnel au profit du travail d'un autre?... Telle est l'essence de cette lutte, souvent mal comprise et incorrectement interprêtée. »

Ce jugement ?ious parait résumer, sainement et sans passion, la douloureuse situation, dans laquelle Clara se montra admirable de calme "persévérance, de fidèle et vaillant amour — Robert sut dominer ses nerfs : il eut, pendant longtemps, l'espoir de lasser la résistance, de Wieck. Voici dans quels termes élevés et touchants il parle à Clara de son père1 : « Je dois à ton père, comme professeur, les grandes joies de ma vie — et aussi, hélas! bien des chagrins! Si je pouvais, dans ses vieux jours, ne lui apporter que du bonheur et F entendre dire : « Ce sont de bons enfants » !...

« S'il me connaissait à fond, il m'aurait épargné bien des douleurs et ne m'aurait pas écrit une lettre qui m'a vieilli de deux années ! — Maintenant, j'en ai pris mon parti, tout est oublié. Il est ton père, il a fait de toi l'égale des plus nobles, il a aplani devant

i. Lettre à Clara du 17 mars i838.

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