‹ Lettres choisies de Robert Schumann,Chapitre 6 sur 22 · NOTICE DU TRADUCTEUR VII · texte numérisé non relu

NOTICE DU TRADUCTEUR VII

toi la rouie de ton brillant avenir, voulant te voir toujours heureuse et en sécurité sous sa fidèle protection... Non! je ne peux pas lutter contre lui!... Ecoute ce que je vais te dire à V oreille : j'aime et je vénère, en ton père, beaucoup de grandes qualités que — toi seule exceptée — personne ne possède au même degré ; j'ai pour lui, comme un attachement inné, la soumission que ?n' inspirent les natures énergiques. Et /éprouve une double souffrance de ce qu'il ne veuille rien savoir de moi!

« Pourtant la paix viendra peut-être un jour, et il nous dira : « Soye% Vun à Vautre !... »

Clara ne résistait à son père que lorsqu'il s'agissait de son avenir, irrévocablement uni par elle à celui de l'homme qu'elle aimait « d'un cœur qui n'aimerait qu'une fois. » Avec son merveilleux talent, elle faisait connaître les compositions qui l'enthousiasmaient, tout en suivant avec docilité l'infatigable imprésario qui l'éloignait systématiquement de Leipzig et la faisait voyager de tous côtés, pour donner des concerts qui étaient autant de triomphes.

Mais toutes les tentatives pour attendrir ce père implacable furent vaines : il usa et abusa de son autorité. Après avoir fixé une période d' épreuve de deux années, il en imposait une autre!... A la fin, lassée de voir les années se succéder, la vie s'user sans rien modifier à une si douloureuse existence, d'accord avec Schumann qu'elle réconfortait, dans

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