A UN AUMONIER DU ROI
J’ai reçu votre lettre avec tout le respect que je vous dois et avec toute l’estime et la reconnaissance que mérite la grâce que Dieu a mise en votre aimable cœur. Comme il n’y a que Dieu seul qui, dans l’inclination naturelle que les hommes ont de s’élever, ait pu vous donner les vues et les mouvements que vous avez ressentis de faire le contraire-, il vous donnera aussi la force de les mettre en exécution et d’accomplir en cela ce qui lui est le plus agréable. En quoi, Monsieur, vous suivrez la règle de l’Église, qui ne permet pas qu’on se pousse soi-même aux dignités ecclésiastiques et particulièrement à la prélature, et vous imiterez le Fils de Dieu, qni, étant prêtre éternel, n’est pas néanmoins venu exercer cet office par lui-même, mais il a attendu que son Père l’ait envoyé, quoiqu’il fût attendu depuis un si long temps comme le désiré de toutes les nation^. Vous donnerez une grande édification au siècle présent, où par malheur il se trouve peu de personnes qui ne passent par-dessus cette règle et cet exemple. Vous aurez la consolation, Monsieur, s’il plaît à Dieu de vous appeler à ce divin emploi, d’avoir une vocation certaine, pource que vous ne vous y serez pas introduit par des moyens humains.