‹ Lettres choisies de Saint Vincent de PaulChapitre 86 sur 100 · A CHARLES OZENNE · texte numérisé non relu

A CHARLES OZENNE

De Paris, ce 22 octobre 1657.

Je viens d’apprendre qu’il y a ici un jeune homme qui est au service des demoiselles d’honneur de la reine de Pologne, qui part demain pour s’y en retourner, ce qui me donne occasion de vous faire la présente pour vous assurer de notre bonne disposition et des prières que nous faisons pour la vôtre et pour nos chers confrères. Je veux croire qu’elle vous trouvera réunis à Varsovie, après avoir été si longtemps séparés ; si j’en étais certain, j’en aurais une joie incomparable, et déjà cette espérance me console fort. Voilà comme Dieu fait pour l’ordinaire : il divise et puis il rejoint; il éloigne et puis il rapproche; il ôte et puis il rend ; enfin il détruit et rétablit, en sorte qu’il ne laisse rien de permanent en cette vie, ni personne qui demeure toujours en un même état. Béni soit son nom de ce que le grand orage a passé et que le calme revient ! Nous demandons souvent à sa divine bonté qu’elle vous le donne tout entier, en rétablissant le royaume en sa première tranquillité, qu’elle conserve et sanctifie Leurs Majestés, qu’elle étende et affermisse leur autorité, et vous fasse la grâce, Monsieur, de contribuer en quelque chose à leurs pieux desseins. Si vous êtes tous trois ensemble et autant unis de cœur que de présence, par la vertu du Saint-Esprit, qui est le lien du Père et du Fils, il y a sujet d’espérer que Dieu sera glorifié en vous et par vous tous, et que le public en recevra service et consolation. Et peut-être que voilà l’heure voulue où vous commencerez à travailler en vrais missionnaires, selon nos fonctions.

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