AU MARQUIS DE PIANEZZE
9 août 1658.
Je ne puis plus me défendre de vous interrompre ; la continuation de vos bienfaits exige de moi ce petit mot de reconnaissance. A ce que j’apprends, Monseigneur, votre charité n’a pas sa pareille, et je ne sais comment vous remercier des grâces qu’elle répand sur nos pauvres missionnaires (2). Je prie Notre- Seigneur que celles qu’il verse sur vous croissent à l’infini et qu’elles vous servent d’un éternel remerciement pour tous les services que vous lui rendez et que vous lui faites rendre, particulièrement pour ces pauvres prêtres que vous avez logés de nouveau, que vous entretenez de vos biens, que vous supportez en leurs défauts et que vous protégez comme vos enfants. Mon Dieu ! Monseigneur, que d’obligations nous vous avons! Le sentiment que j’en ai me fait souhaiter, ou que sa divine Majesté nous anéantisse, ou qu’elle nous rende dignes de l’honorer selon vos saintes intentions. Gomme les siennes sont que nous vous obéissions parfaitement, je vous assure, Monseigneur, que, pour mon particulier, je tâcherai de le faire toute ma vie, et j’ose me
1. Nom donné aux administrateurs de lTiôpitai. — 2. Les missionnaires de Turin.
promettre le même soin de tant que nous sommes. Nous prierons Dieu surtout pour votre chère conservation et à ce qu’il ait agréable de sanctifier de plus èn plus votre belle âme et de bénir votre illustre famille.