Praslin et Ghoiseui
dienneSf qui sont les causes de ma mort; et c'est ce que mes anges verront dans l'avis au lecteur, qui est après ma naïve préface.
Je proteste encore, devant Dieu et devant les hommes, qu'il n'y a pas une seule critique de mes anges et de mes satrapes à laquelle je n'aie été très-docile. Ils s'en apercevront par le papier collé page 19 et par d'autres petits traits répandus çà et là.
Je proteste encore contre ceux qui prétendent que je suis tombé en apoplexie; je n'ai été évanoui qu'un quart d'heure tout au plus, et mon style n'est point apoplectique.
Si mes anges et mes satrapes veulent que la pièce soit jouée avant que l'édition paraisse, ils sont les maîtres. Gabriel Cramer la mettra sous cent clefs, pourvu qu'il y ait des acteurs pour la jouer, et que les comédiens la fassent succéder immédiatement après la Pomme ^ ; car, pour peu qu'on diffère, il sera impossible d'empêcher l'édition de paraître ; les provinces de France en seront inondées, et il en arrivera à Paris de tous côtés.
Je la lus devant des gens d'esprit, et môme devant des connaisseurs, quatre jours avant mon apoplexie, et je fis fondre en larmes pendant tout le second acte et les trois suivants.
J'enverrai au bout des ailes de mes anges les paroles et la musique, dès que les comédiens auront pris une résolution. J'attends leurs ordres avec la soumission la plus profonde.
A M. LE COMTE D'ARGENTAL
4 janvier 17G7.
Comme les cuisiniers, mon cher ange, partent toujours de Paris le plus tard qu'ils peuvent, -et s'arrêtent en chemin à tous les bouchons, j'ai reçu un peu tard la lettre que vous avez bien voulu m'écrire le 14 de décembre. Ma réponse arrivera gelée; notre thermomètre est à douze degrés au-dessous du terme de la glace; une belle plaine de