En suspendant le payement des rescrlpiions
di Pi*esque toute la fortune de Voltaire était |)lacée en rentes viagères. (G. Ai)
[,2i LETTRES CHOISIES DE VOLTAIRE.
que je lui ai demandées, places, argent, honneurs, et je ne lui ai jamais rien demandé pour moi. Vous devriez me mépriser si je ne Taimais pas.
Il me paraît que français doit avoir la préférence sur francès: 1° parce que dans plusieurs livres nouveaux on emploie français et non pas francês; 2° parce qu'on doit écrire ; je faisy tu fais^ il faity et non pas je fàSj tu f(% il fét; 3° parce que la diphthongue ai indique bien plus sûrement la prononciation qu'un accent qu'on peut mettre de travers, qu'on peut oublier, et que les provinciaux prononcent toujours mal; 4° parce que la diphthongue ai a bien plus d'analogie avec tous les motû où elle est employée; ô*» parce qu'elle montre mieux l'étymologie. Je faisy facio'y je plais, placeo; je tais, taceo. Vous voyez qu'il y a toujours un a dans le latin.
Je fais une grande différence entre les bâillements des voyelles au milieu des mots et les bâillements entre les mots, parce que les syllabes d'un mot se prononcent tout de suite, et qu'on doit très-souvent, dans le discours soutenu, séparer un peu les mots les uns des autres.
Je fais encore une grande différence entre le concours des voyelles et le heurtement des voyelles. Il y a longtemps que je vous aime : cet {7 y a est fort doux; il alla à Arles est un heurtement affreux.
Nous avons voyelle qui entre et voyelle qui n'entre point. Je dhais hardiment dans une comédie de bas comique : Il y a plus tfun mois que Je ne vous ai vu.
Je n'aime pomt un verbe en monosyllabes. Nos barbares de Welches ont fait il a d'habet.
L'abbé Audra a à Toulouse un, etc.
J'avoue qu'il y a un peu d'arbitraire dans mon euphonie; chacun a l'oreille faite comme il peut.
Un c ne me parait point choquer un e, comme a choque un a.
Immolée à mon père n'écorche point mon oreille, parce que les deux e font une syllabe longue. Immolé à mon père m'écorche, parce qu'^ est bref. Je peux avoir tort en voyelles et en consonnes; mais je crois que si les vers des Quatre Saisons et de la Religieuse flattent mon oreille, et si tant d'autres vers la déchirent, c'est que MM. de Saint- Lambert et de La Harpe ont senti comme je sens.
Je vous demande très-humblement pardon de toutes ces pauvretés; elles sont au-dessous de vous, je le sais bien ; il ne faut pas parler d'tf
b c k Newton. J'espère qu'il y aura quelques articles plus amusants pour votre imbécillité. Vous êtes imbécile, à ce que je vois, comme Archimède et Tacite, quand ils étaient las de travailler.
Ne m'oubliez pas auprès de M. de Saint-Lambert. M™^ Denis et moi nous vous embrassons de tout notre cœur. V.