I. Vbpilre de Benaldaki à Caratnouflée
ter que je ne lui ferai pas plus de legs que le président Hénault ne vous en a fait.
M. le prince de Beauvau m'a fait l'honneur de m' envoyer son discours à l'Académie. Il est noble « décent , écrit du style convenable ; j'en suis extrêmement content. Je ne le suis point du tout qu'on m'impute des ouvrages où l'on dit que les parlements sont maltraités. Il y en a un d'un jésuite qui est l'auteur d'un livre intitulé : Tout se se dira^ et d'un autre intitulé : // est temps de parler. Pour moi, je ne me mêle point du tout des affaires d'État; je me contente de dire hautement que je serai attaché à M. le duc et à M""* la duchesse de Choiseul jusqu'au dernier moment de ma vie.
Je Tai dit à la terre, au ciel, à Guzman môme.^
Ce qui m'a paru le plus beau dans le discours de M. le prince de Beauvau , c'est le secret qu'il a trouvé de relever tous les services que M. le duc de Choiseul a rendus à l'État, et qu'en faisant l'éloge du roi,, il a fait celui de M. le duc de Choiseul, sans que le roi en puisse prendre le moindre ombrage : il y a bien de la générosité et de la finesse dans ce tour, qui n'est pas assurément commun.
Je n'ai pas approuvé de même quelques remontrances qui m'ont paru trop dures. Il me semble qu'on doit parler à son souveram d'une manière un peu plus honnête. J'ai écrit ce que j'en pensais à un homme qui a montré ma lettre.
J'ajoutais que j'étais enchanté de l'établissement des six conseils nouveaux qui rendent la justice gratuitement. Je trouvais très-bon que le roi payât les frais de justice dans mon village. On a montré ma lettre au roi, qui ne s'est pas fâché; il aime les sentiments honnêtes; et il devrait être encore plus content s'il voyait que je parle , dans le peu de lettres que j'écris, de la reconnaissance que je dois au mari de votre grand'roaman.
Adieu, madame; soupez, digérez, conversez; et quand vous écrirez à votre grand'maman, qui ne m'écrit point, mettez-moi tout démon long à ses pieds.