Dans son Éloge de La Condamine
S. Voyez Britannicus, acte T< scèno ii« j
d'oreille. N'importe, encore une fois. Je serai consolé, et j'oublierai ma misère pour m' occuper de votre gloire et pour être témoin que vous êtes un vrai philosophe. C'est par là qu'il faut fmir. Je vous ai déjà dit que votre duc d'Épernon ne l'était pas, et que c'était en tout sens un homme InGniment mférieur à vous. C'est ce que je vous prouverai quand il vousplaii-a.
Songez, quoique vous ne soyez pas à beaucoup près si vieux que moi , que vous avez vu six générations , en comptant Louis XIV, et que pendant ces six générations vous avez toujours eu une canière brillante. Cette seule idée est un excellent appui de la philosophie. Je vivrais cent trente-quatre ans comme Jean Causeur, qui vient de mourir en Bretagne, que jamais je ne risquerais de vous envoyer des Pégasesy et autres fadaises de chétive littérature. Mais je vous envoie hardiment une petite oraison funèbre de Louis XV, composée par un académicien de province, nommé Chambon. Vous n'y trouverez aucun de ces lieux communs, et rien de ces déclamations dont le public est tant rebattu ; mais vous y verrez de la vérité. Elle est bien étonnée, cette vérité, de se trouver dans une oraison funèbre, et elle sera encore plus étonnée de ne pas déplaire. Remarquez , je vous en prie , qu'un seul académicien fit l'éloge du feu roi pendant sa vie , et que c'est un académicien qui le premier l'a loué publiquement après sa mort. Les louanges sont un peu restreintes. II n'y a que celles-là de vraies.
Ce modéré panégjriste n'avait pas de rancune.
Mais ce vain éloge et le monarque, tout sera bientôt oublié. Autrefois , dans de paieilles circonstances , le grand chambellan disait : Messieurs , le roi est mort, songez à vous pourvoh*. On y songeait assez sans qu'il le dit. Pour moi, monseigneur, je ne songe qu'à vous être attaché avec le plus tendre respect jusqu'au dernier moment de ma vie.
A M. LE COMTE D^ARGENTAL
20 juin 1774.
Mon cher ange , l'esprit est prompt et la chair est faible. Si je pouvais mettre un pied devant l'autre, vous croyez bien que mes deux pieds
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