‹ Lettres choisies de Voltaire (volume 2)Chapitre 28 sur 246 · CONSEILLER AU PARLEMENT DE ROUEN · texte numérisé non relu

CONSEILLER AU PARLEMENT DE ROUEN

A quel misérable état faut -il que je sois réduit, de ne pouvoir répondre que de méchante prose aux vers charmants que vous m'avez envoyés? Les souffrances dont je suis accablé ne me donnent pas un moment de relâche, et à peine ai-je la force de vous écrire. Laudaniur ubi non sunt, cruciantur ubi sunt. Vous me prenez à votre avantage, mon cher Cideville; mais si jamais j'ai de la santé, je vous réponds que vous aurez des épitres en vers à votre tour. L'amitié et l'estime me les dicteront et me tiendront lieu du peu de génie poétique que j'avais autrefois, et qui m'a quitté pour aller vous trouver. Adieu, mon cher ami; feu ma muse salue très-humblement la vôtre, qui se porte à merveille. Pardonnez à la maladie si je vous écris si peu de chose, et si je vous exprime si mal la tendi'e amitié que j'ai pour vous. Je salue les bonnes gens qui voudront se souvenir de moi.

i. Ia Triomphé du Temps, comédie en trois actes, représentée pour la première fois le 18 octobre 1724.

iO LETTRES CHOISIES DE VOLTAIRE

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