A MADEMOISELLE CLAIRON
Le 12 janvier au soir', 17r.o.
Vous avez été adinirable; vous avez montré dans vingt morceaux ce que c'est que la perfection de Tari, et le rôle d'Electre est certainement votre triomphe; mais je suis père, et, dans le plaisir extrême que je ressens des compliments que tout un public enchanté fait à ma fille, je lui ferai encore quelques petites observations pardonnables à l'amilié paternelle.
Pressez, sans déclamer, quelques endroits comme :
« Sans trouble, sans remords, Égislhe renouvelle
« De son hymen affreux la pompe criminelle....
« Vous vous trompiez, ma sœur, hélas 1 tout nous trahit, etc. »
Vous ne sauriez croire combien cette adresse met de variété dans le jeu, et accroît l'intérêt. Dans votre imprécation contre le tyran :
ft L'innocent doit périr, le crime est trop heureux,
vous n'appuyez pas assez. Vous dites Vinnocent doit périr trop lentement, trop langoureusement. L'impétueuse Electre ne doit avoir, en cet endroit, qu'un désespoir furieux, précipité, et éclatant. Au dernier hémistiche pesez sur cri, le crime est trop heureux; c'est sur cri que doit être l'éclat. Mlle Gaussin m'a remercié de lui avoir mis le doigt sur fou; la foudre va partir, a Ah! que ce fou est favorable ! » m'a-(-elle dit.
« La nature en tout temps est funeste en ces lieux. .c. »