Acte Y, scène lu
.*èbre tragédienne, morte en 1803.
s la première représentation (ïOreBte,
Vous avez mis raccent sur fu^ comme Mlle Gaussin sur fou; aussi a-t-on applaudi; mais vous n'avez pas encore assez fait résonner cette corde.
Vous ne sauriez trop déployer les deux morceaux du quatrième et du cinquième acte. CesEuménides demandent une voix plus qu'humaine, des éclats terribles.
Encore une fois, débridez, avalez des détails, afin de n'être pas uniforme dans les récits douloureux. Il ne faut se négliger sur rien, et ce que je vous dis là n'est pas un rien.
Voilà bien des critiques. Il faut être bien dur pour s'apercevoir de ces nuances dans Texcès de mon admiration et de ma reconnaissance. Bonsoir, Melpomène; portez-vous bien.
A LA MÊME
Janvier 1750.
Vous avez dû recevoir, mademoiselle, un changement très-léger, mais qui est très-imporlant. Je ne crois pas m'aveugler ; je vois que tous les véritables gens de lettres rendent justice à cet ouvrage , comme on la rend à vos talen!s. Ce n est que par un examen continuel et sévère de moi-même, ce n'est que par une extrême docililé pour de sages conseils, que je parviens chaque jour à rendre la pièce moins indigne des charmes que vous lui prêtez.
Si vous aviez le quart de la docilité dont je fais gloire, vous ajouteriez des perfections bien singulières à celles dont vous ornez votre rôle. Vous vous diriez à vous-même quel eH'et prodigieux font les contrastes, les inflexions de \oix, les passages du débit rapide à la déclamation douloureuse, les silences après la rapidité, rabattement morne et s'exprimant d'une voix basse, après les
éclats que donne respérance, ou qu'a fournis remporiement. Vous auriez lair abattu, consterné, les bras collés, la lùte un peu l)aissée, la parole basse, sombre, entrecoupée. Quand Iphise vous dit :
a Pamrnène nous conjure « De ne point approcher do sa retraite obscure; a U y va de ses jours.... »
VOUS lui répondriez, non pas avec un ton ordinaire, mais
avec tous ces symptômes du découragement, après un ak
très-douloureux,
a Ah!... que m'avez-vous dit?
m Vous vous êtes trompée.... »