Allusion à la Princesse de Clèves de Mme de La Fayette
2. Épouse de Catilina, dans Catilma ou Rome sauvée, tragédie à laquelle Voltaire travaillait encore.
Quinte-Curce lui-môme auiait-il pu dormir, S'il eût osé coucher dans le lit d'Alexandre?
Mais dans quel lit couchez-vous, vous autres? Esl-ce auprès du Bois de Boulogne? est-ce à Plombières? esl-ce à Paris? Mme d'Argental a-t-elle eu besoin des eaux? Il y a un mois que j'ignore ce que j'ai le plus d'envie de savoir. On m'a mandé que Y Esprit et le Sentiment de Mme de Grafligni avait réussi. Ma Iroupe a joué chaz moi Jules César. Mais je ne sais point ce que font mes anges; j'ai attendu, ])our leur écrire, que je fusse un peu stable, et que je pusse recevoir de leurs nouvelles. J'en attends avec la double impatience de l'absence et de Tamiiié.
Adieu, mes anges; mon Frédéric le Grand lait un ])('u de ion vi Aurélie. Il prend mon temps et mon âme. La caverne d'Euripide vaut mieux, pour faire une tragédie, que les agréments d'une cour. Les devoirs et les plaisirs sont les ennemis morlels d'un si grand ouvrage.
Conservez-moi tous des bontés qui me feront adorer votre société, et chérir poemala trayica et omnes lias nugas^ jusqu'au dernier moment de ma vie.
•' AU MÊME
A PotsJam, ce 7 août îTjO.
Mes divins anges! votre Sans-Souci est donc à Neuilly ? vous avez moins de colonnes de marbre, moins de balustrades de cuivre doré; votre salon, quelque beau qu'il soit, n'a pas une coupole magnifique; le roi très-chréiien ne vous a pas envoyé des statues dignes d'Athènes, et vous n'avez pas même encore pu réussir à vous défaire de vos bustes. Avec tout cela, je liens que Neuilly vaut encore Sans-Souci; mais je détesterai Neuilly et votro
Bois de Boulogne, si Mme d'Argental n'y retrouve pas la santé, si M de Ghoiseul ne soupe pas à fond, si M. le Coadjuteur a mal à la poitrine. Je vous passe à vous une indigestion. Heureux les gens qui ne sont malades que quand ils veulent 1
Tout ce que j apprends des spectacles de Paris fait que je ne regrette que Neuilly et mon pelit théâtre. Le mauvais goût a levé l'étendard dans Paris. Vous en avez encore pour quelques années; c'est une maladie épidémique qui doit avoir son cours, et l'on ne reviendra au bon que quand vous serez fatigués du mauvais. La profusion vous a perdus; l'excès de l'esprit a égaré, dans presque tous les genres, le talent et le génie; et la protection donnée à Catilina^ a achevé de tout perdre. J'avoue que les Prussiens ne font pas de meilleures tragédies que nous; mais vous aurez bien de la peine à donner pour les couches de Mme la Dauphine un spectacle aussi noble et aussi galant que celui qu'on prépare à Berlin. Un carrousel composé de quatre quadrilles^ nombreuses, carthaginoises, persanes, grecques et romaines, conduites par quatre princes qui y mettent l'émulation de la magnificence, le tout à la clarté de vingt mille lampions qui changeront la nuit en jour; les prix distribués par une belle princesse, une foule d'étrangers qui accourent à ce spectacle, tout cela n'est-il pas le temps brillant de Louis XIV qui renaît sur les bords de la Sprée? Joignez à cela une liberté entière que je goûte ici, les attentions et les bontés inexprimables du vainqueur de la Silésie, qui porte tout son fardeau de roi depuis cinq heures du matin jusqu'à dîner, qui donne absolument le reste de la