Molière^ le BouryiOis g.ntilhomme, acte III, se. ni
Mandez-moi, je vous en prie, fort au long, tout ce que vous ])ensez, par le premier courrier qu'on dépêchera a milord TyrconncU.
A LA MÊME
A Potsdam, le 29 octobre 1751.
Vous êtes de mon avis; cela me fait croire que j'ai raison; sans cela je n'en croirais rien. Nous nous sommée entendus de bien loin. Je me conseillais tout ce que voue me conseillez ; mais vraiment, je dois plus que jamais admirer votre savoir-faire ; vous triomphez des cabales, vous faites jouer la religion mahométane ^ . Il n'appartenait assurément qu'aux musulmans de se plaindre ; car j'ai fait Mahomet un peu plus méchant qu'il n'était.
Ma chère plénipotentiaire, j'ai bien peur que mes lettres ne passent pas longtemps par milord Tyrconnell. Il s'est avisé de se rompre un gros vaisseau dans la poitrine. C'est la plus large et la plus forte poitrine du monde ; mais l'ennemi est dans la jDlace, et il y a tout à craindre.
Je rêve toujours à Vécorce d orange^; je tâche de n'en rien croire, mais j'ai peur.
Ce dont je suis très-sûr, c'est que mon gracieux maître m'a honoré d'un bon coup de dent, dans les mémoires qu'il a faits de son règne, depuis 1740. Il y a, dans ses })oésies, quelques épigrammes contre l'empereur et contre le roi de Pologne. A la bonne heure; qu'un roi fasse des épigrammes contre les rois, cela peut même aller jusqu'aux ministres; mais il ne devrait pas grêler sur le persil.
Figurez-vous que Sa Majesté, dans ses goguettes, a