‹ Lettres choisies de VoltaireChapitre 115 sur 157 · Ninon de Lenclos. — 2. Parrain de Voltaire · texte numérisé non relu

Ninon de Lenclos. — 2. Parrain de Voltaire

inoins on a observe* la l)iensi'ance chvnc récrire que lon^^ temps après sa mort. Les biographes qui ont écrit ma prétendue liisloire dont vous me parlez, se sont un peu ])ressés, et me font trop d'honneur. Il n*y a pas un mot de véritable dans tout ce que ces messieurs ont écrit. Les uns ont dit, d'après l'équitable et véridique abbé Desfontaines, que je ressemblais à Virgile par ma naissance, et que je pouvais dire apparemment comme lui :

a 0 fortunatus nimiura, sua si bona norint, « Agricolas* ! »

Je pense sur cela comme Virgile, et tout me paraît fort égal. Mais le hasard a fait que je ne suis pas né dans le pays des églogues et des bucoliques. Dans une autre Vie qu'on s'est avisé de faire encore de moi, comme si j'éLais mort, on me dit fils d'un porte-clefs du parlement de Paris. 11 n'y a point de tel emploi au parlement; mais qu'importe? On ajoute une belle aventure d'un carrosse avec l'épouse de M. le duc de Richelieu, dans le temps qu'il était veuf. Tous les autres contes sont dans ce goût. On ne peut empêcher les barbouilleurs de papier d'écrire des sottises, les libraires hollandais de les vendre, et les laquais de les lire.

Je vous envoie un exemplaire de l'édition que l'on a faite à Paris de mes Œuvres bonnes ou mauvaises. C'est de toutes la plus passable ; il y a pourtant bien des fautes. Une des plus grandes est d'y avoir inséré quatre chapitres du Siècle de Louis XIV ^ qui est imprimé aujourd'hui séparément. C'est un double emploi; et il est bien vrai, surtout en fait de livres, qu'il ne faut pas multiplier les êtres sans nécessité. C'est par cette raison que je me donnerai

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