A M. TRONCHIN, DE LYON
Délices, 29 juillet 1757.
J'ai une grâce à vous demander ; c'est pour les Pichon. Ces Pichon sont une race de femmes de chambre et de domestiques, transplantée à Paris par Mme Denis et consorts. Une Pichon vient de mourir à Paris et laisse de petits Pichon. J'ai dit qu'on m'envoyât un Pichon de dix ans pour rélever ; aussitôt un Pichon est parti pour Lyon. Ce pauvre petit arrive je ne sais comment; il est à la garde de Dieu. Je vous prie de le prendre sous la vôtre. Cet enfant est ou va être transporté de Paris à Lyon par le coche ou par charrette. Comment le savoir ? où le trouver ? J'apprends par une Pichon des Délices que ce petit est au panier ^ de la diligence. Pour Dieu^ daignez vous en informer ; envoyez-le-nous de panier en panier ; vous ferez une bonne œuvre. J'aime mieux élever un Pichon que servir un roi, fut-ce le roi des Vandales ^.