Pline, livre V, ëp. viif
tur; et tragœdia, quoquo modo scripta, bene reprsssenta^ tur; mais les yeux du lecteur sont des juges plus diffic que les oreilles du spectateur.
Celui qui lit ces vers à'A'xibiade :
a Je répondrai, seigneur, avec la liberté
ce D'un Grec qui ne sait pas cacher la vérité, »
se ressouvient à Tinstant de ces beaux vers de Drilan*
nicus :
a Je répondrai, madame^ avec la libe'^té
a D'un soldat qui sait mal farder la vérité ^ »
Il voit d'abord que les vers de M. Racine sont pleins d'une harmonie singulière qui caractérise en quelque fa- 7on Burrhus, par cette césure coupée, d'un soldat, etc. au lieu que les vers à'Alcibiade sont rampants et sans force ; en second lieu, il est choqué d'une imitation si marquée; en trcrisième lieu, il ne peut souflrir que le citoyen d'un pays renommé par l'éloquence et pai^ l'artilice donne à ces mêmes Grecs un caractère qu'ils n'avaient pas :
a Vous allez attaquer des peuples indomptables,
« Sur leurs propres foyers plus qu'ailleurs redoutables. >•
On voit partout la même langueur de style. Ces rimes d'épithètes, indomptables , redoutables^ choquent l'oreille délicate du connaisseur, qui veut des choses et qui ne trouve que des sons. Sur leurs propres foyers plus qu ailleurs, est trop simple, même pour la prose.
Je n'ai trouvé aucun homme de lettres qui n'ait été de mon avis , et qui ne soit convenu avec moi que le style de cette pièce est, en général, très-languissant. J'ajouterai même que c'est la diction seule qui abaisse M. de Cam-