IV PRÉFACE
celte correspondance, sera, comme on le verra aisément aussi utile à la religion que profitable à la philosophie, et glorieux pour la langue française et les lettres.
Enfin, ces extraits n'étant pas et ne pouvant pas être pour les bibliophiles, pour les historiens ou les érudits, mais s'adressant uniquement à la jeunesse et au public, à ce public qui, d'après la belle expression d'un poëte grec, a droit au même respect que Tenfance, il a fallu, dans les lettres mêmes que nous publions, supprimer plus d'un mot, plus d'une ligne ou d'un passage scabreux ou mauvais. Celles que de pareilles suppressions eussent dénaturées complètement, et dans leur sens et dans leur portée, avons-nous besoin de dire que nous les avons laissées de côté? Mais celles qui, ainsi épurées, n'altèrent en rien la pensée de Fauteur et deviennent de véritables chefs-d'œuvre, elles devaient rentrer dans notre recueil, et nous les avons prises, ne nous imposant qu'une règle, indiquée par le goût et la bonne foi littéraire, celle de supprimer purement et simplement, sans substituer au texte un mot, une syllabe ou seulement un signe. Nous n'avons même pas voulu continuer ou remplacer par des points les phrases interrompues ou supprimées. Tout le monde en voit la raison. Bons pour les esprits sérieux, amis des textes complets, qu'ils eussent guidés dans plus d'une vérification piquante, ces points offraient de véritables dangers pour des lecteurs moins graves qu'ils auraient pu lancer dans des recherches que n'eût pas toujours inspirées le pur amour de l'érudition. Les plus petits points, en pareil cas, ont un peu la grosse finesse du Lubin ds Molière , qui montre les choses aux gens, en leur jurant bien qu'il les leur cachera: nous avons supprimé les points. Nous avions d'ailleurs pour guides en cela, comme dans nos suppressions, les noms les plus autorisés dans les lettres et dans la science, et notamment un homme, dont les conseils nous sont précieux, M. Bersot, qui dans ses remarquables essais, et dans ses diverses publications relatives à Voltaire, nous a donoé cet exemple rigoureux, mais nécessaire,