A M. PRAULT
Ce 27 octobre 1736.
Le projet que vous avez de donner un recueil de mes faibles ouvrages, redouble en moi l'ardeur de les corriger; non-seulement je retouche la Henriade avec un soin trèsscrupuleux, mais j^v. retravaille toutes mes tragédies.
Envoyez-moi, mon cher Prault, trois Brulus, trois OEdlpes y avec l'exemplaire de VOEdipe corrigé, que vous devez avoir. Je prétends les envoyer aux comédiens, avec les nouveaux changements qui sont très-considérables, et vous les imprimerez tels que les comédiens les auront représentés.
Mandez-moi si on a joué r Enfant prodigue ^, tel que vous l'avez imprimé. Je voudrais que votre édition fût brûlée, aussi bien que tout ce que j'ai fait. Je ne suis content de rien et je raccommode tout.
1. Les lettres marquées d'un * sont tirées du recueil de lettres inédites de Voltaire publiées par MM. de Cayrol et A. François (Didier^ 1857J.