‹ Lettres choisies de VoltaireChapitre 62 sur 157 · Hor., liv. I, ép. I], Y. M · texte numérisé non relu

Hor., liv. I, ép. I], Y. M

A FRÉDÉRIC, PRINCE ROYAL DE PRUSSE

Décembre I738.

Monseigneur, il nous arrive dans le moment une écritoire* que Mme du Gliatelet et moi indigne comptions avoir rhonneur de présenter à Votre Altesse Royale pour vos étrennos. Le ministre qui, selon votre très-bonne plaisanterie, est prêt à vous prendre souvent pour un bastion ou pour une contrescarpe, vous offrirait une coulevrine ou un mortier; mais nous autres êtres pensants, nous présentons en toute humilité à notre chef Tinstrument avec lequel on communique ses pensées. Je l'ai adressée à Anvers; elle part aujourd'hui, et d'Anvers elle doit aller à Vesel à l'adresse de M. le baron de Borck, ou, à son défaut, au commandant de la place, pour être remise à Votre Altesse Royale. Ce qui m'encourage à prendre cette liberté, c'est que ce petit hommage de votre sujet, ayant été fait à Paris, imite et surpasse le laque de la Chine. C'est un art tout nouveau en Europe, et tous les arts vous doivent des tributs. Pardonnez-moi donc, monseigneur, cet excès de témérité.

Je suis avec la plus tendre reconnaissance, l'estime el l'attachement le plus inviolable, et le plus profond respect, monseigneur, de Votre Altesse Royale, etc.

i. Voltaire et Frédéric n'échangeaient plus seulement des lettres et des épithètes ; ils en étaient aux petits cadeaux, comme on le voit par cette lettre d'envoi, et par la lettre de remerciment du 5 février de la même année.

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