PRÉFACE. VII
«nWre at comme la suite chronologique de ses travaux, de ses occupations et de ses idées.
C*est à l'abbé de Chaulieu, à Pami Thieriot, à Génonville, à Cideville, au P. Porée, à l'abbé D'Olivet, c'est à ses amis et à ses maîtres que s'adressent les premières lettres, période de légèreté comme celle des temps; d'amitié franche et généreuse, comme celle de la jeunesse; de tâtonnement, d'aventures, et surtout de reconnaissance envers des professeurs dont il a apprécié le savoir et le dévouement, et dont il veut rester l'élève et l'ami. L'époque arrive où il sent qu'il lui faut la fortune pour avoir l'indépendance, et prendre sa place au soleil, pour écraser les jalousies, les haines puissantes que cette indépendance va soulever : les hommes d'affaires, le bon abbé Moussinot, trésorier de Saint- Merry, sont accablés d'instructions catégoriques contre des débiteurs, grands seigneurs ou financiers qui se lassent ou dédaignent de lui servir ses rentes. Au même momcLt, pour assurer sa fortune httéraire aussi bien que l'autre, il adresse à l'Académie française, au R. P. de La Tour, de véritables manifestes, des professions de foi éclatantes, l'apologie la plus complète des jésuites, ses maîtres. C'est par ces soumissions solennelles qu'il veut obtenir une place à l'Académie française. Le Héros de la Henriade lui a donné l'exemple : ce que le Béarnais a fait pour entrer en roi dans Paris, son poëte le fera pour faire son entrée en maître à l'Académie. Ajoutons que de simples billets intimes, pleins de déférence et de respect pour un jeune philQsophe inconnu alors et infirme, « âme tendre et fière, 6 pour Vauvenargues, indiquent la sincérité de ces nobles sentim.ents, et justifient un choix qu'imposaient à l'Académie des titres littéraires incontestables, soit qu'on les compare à ceux de ses collègues, soit qu'on les pèse absolument au poids de l'éloquence, de la poésie et de l'histoire.
Des prétentions ouvertes, des hostilités légitimes, de courts chagrins personnels lui font tourner les yeux vers le prince royal de Prusse, qui Tac table de caresses, et qui lui fait la cour, pour l'amener à la lui faire à lui-