Virg , ecl. I, T
Il y a une anecdote dont je ne puis encore convenir, c'est que les nouvelles rentes ne furent pas proposées par M. Colbert. J'ai toujours ouï dire que ce fut lui-même qui les proposa, étant à bout de ses ressources, et je no crois pas que Louis XIV consultât dautres que lui.
Avant de finir ma lettre, j'ai voulu avoir encore le plaisir de relire le chapitre vi et la fin du précédent : a Un monarque qui n'a plus à songer qu'à gouverner, gouverne toujours bien. » Cette admirable maxime se trouve à la suite de choses très-édifiantes. Mais, pour Dieu, que ce monarque songe donc à gouverner !
Je ne sais si on songe assez à une chose dont j'ai cru m'apercevoir. J'ai manqué souvent d'ouvriers à la campagne ; j'ai vu que les sujets manquaient pour la milice, je me suis informé en plusieurs endroits s'il en était de môme ; j'ai trouvé qu'on se plaignait presque partout; la France n'est pas si peuplée (proportion gardée) que l'Allemagne, la Hollande, la Suisse, l'Angleterre. Du temps de M. de Vauban nous étions dix-huit millions : combien sommes-nous à présent? C'est ce que je voudrais bien savoir.
Voilà l'abbé Moussinot qui va monter en chaise, et moi je vais fermer votre livre; mais je ferai avec lui comme avec vous, je l'aimerai toute ma vie.
On me mande cjue Prault vient d'imprimer une petite histoire de Molière et de ses ouvrages, de ma façon. Voici le fait : M. Fallu me pria d'y travailler, lorsqu'on imprima le Molière in-4°; j'y donnai mes petits soins; et, quand j'eus fini, M. de Chauvelin donna la préférence à M. de La Serre :
t< Sic vos non vobis'L.. »