‹ Lettres choisies de VoltaireChapitre 88 sur 157 · B/^ileau, ép. V| v · texte numérisé non relu

B/^ileau, ép. V| v

êtes du conseil des finances? Je vous en ferai, ou plutôt à la France, quand vous serez chancelier; car je veux que vous le soyez pour rae dépiquer. N'y manquez pas, je vous en conjure ; et le plus tut sera le nûeux.

Je vous avertis que je viendrai chercher bientôt la réponse à mon chiffon ; et, quand vous serez soûl des fermes et gabelles, etdixièines, et autres grosses besognes, je vous lirai ma petite drôlerie pour Tlnfante, en présence du nouveau marié. Nous parlons vers le 20 de ce mois.

Savez-vous bien, monsieur, que mon plus grand chagrin n'est pas de ne vous avoir point écrit, mais de passer ma vie sans vous faire ma cour? Je vous la ferai, je vous jure, mais quand? Vous ne soupez point, je ne dîne point ; vous allez entendre au conseil des choses assommantes, et j'en fais de frivoles. N'imporle, il faut absolument que je reprenne mon habitude de vous soumettre mes rêveries : « Dum validus^ dum Isetus eris, dum denique posées'. »

Mes respects, si vous le permettez, à monsieur voire fils tout comme à vous; mais, malgré mon long et coupable silence, je vous suis dévoué avec rattachement le plus tendre et le plus vieux. Il y a, ne vous déplaise, plus de quarante ans ; cela fait frémir.

Adieu, monsieur ; aimez-moi un peu, je vous en supplie ; que j'aie celte consolation dans celte courte vie. Il y a quarante ans, ô ciel ! que je vous aime, et je n'ai pas eu l'honneur de vivre avec vous la valeur de quarante jours I Ah ! ah !

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