‹ Lettres choisies de VoltaireChapitre 98 sur 157 · Borne Sauvée ou CatHina, tragédie · texte numérisé non relu

Borne Sauvée ou CatHina, tragédie

comparaison; mais mettons au moins huit semaines à corriger ce que nous avons fait en huit jours. Croyezmoi, croyez-moi, voilà la vraie tragédie. Nous en avions lombre, mais il s'agit qu elle soit aussi bonne que ie sujet est beau.

J'ai fait à peu près ce que vous avez voulu pour Nanine^; c'est l'affaire de deux minutes.

Adieu, adieu; ma tendresse pour vous est l'affaire de ma vie. Mme du Châtelet vous fait mille compliments. Portez-vous comme elle, et perdez moins à la comète^ qu'elle et moi.

P. S, Je suis peu de votre avis, messieurs, sur bien des points qui concernent Adélaïde; mais c'est pour une autre fois. Réservons-la comme un pâté froid; on le mangera quand on aura faim.

A FRÉDÉRIC, ROI DE PRUSSE

A Lunéville en Lorraine, ce 31 août 1749.

Sire, j'ai le bonheur de recevoir votre lettre datée de votre Tusculum de Sans-Souci, du Linterne de Scipion. Je suis bien consolé que mon agonie y ous amuse. Ceci est le chant du cygne; je fais les derniers eflbrts. J'ai achevé l'esquisse enlière de Catilina ^iclle que Votre Majesté en a vu les prémices dans le premier acte. J'ai depuis commencé la tragédie à!Èlectre^^ que je voudrais bien venir au plus vite achever à Sans-Souci. Je roule aussi de petits projets dans ma tête, pour donner plus de force et d'é-

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