‹ Lettres choisies; édition à l'usage des classesChapitre 107 sur 272 · A M. LE PRÉSIDENT HÉNAULT · texte numérisé non relu

A M. LE PRÉSIDENT HÉNAULT

A Berlin, le 8 janvier 1752

Une des plus grandes obligations qu'un homme puisse avoir à un homme, c'est d'être instruit; j'ai donc pour vous, mon cher confrère, la plus tendre et la plus vive reconnaissance. Je profiterai sur-le-champ de la plupart de vos remarques^; mais il faut d'abord que je vous en remercie.

Je jetterais mon ouvrage au feu, si je croyais qu'il fût regardé comme l'ouvrage d'un homme d'esprit.

J'ai prétendu faire un grand tableau des événements qui méritent d'être peints, et tenir continuellement les yeux du lecteur attachés sur les principaux personnages. Il faut une exposition, un nœud et un dénouement dans une histoire, comme dans une tragédie. Il y a, d'ailleurs, dans ce vaste

1. Magistrat, poète, puis historien, membre de l'Académie française et de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, mort en 1770. Détail curieux et généralement ignoré : un vers latin bien souvent reproduit en tète d'abrégés, et qu'on ne manque jamais d'attribuer à quelque ancien :

« Indocti discant et ament meminisse periti *,

est de lui. Il l'a traduit de Pope, et en a fait comme l'épigvaphe de son Nouvel abrégé chronologique de l'histoire de France (1744),

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