‹ Lettres choisies; édition à l'usage des classesChapitre 108 sur 272 · Sur le Siècle de Louis XIV · texte numérisé non relu

Sur le Siècle de Louis XIV

tableau, des anecdotes intéressantes. Je hais les petits faits; assez d'autres en ont chargé leurs énormes compilations.

Je me suis piqué de mettre plus de grandes choses dans un seul petit volume qu'il n'y en a dans les vingt tomes de Lamberti'. Je me suis surtout attaché à mettre de l'intérêt dans une histoire que tous ceux qui l'ont traitée ont trouvé jusqu'à présent le secret do rendre ennuyeuse. Voilà pourquoi j'ai va des princes qui ne lisent jamais et qui entendent médiocrement notre langue, lire ce volume avec avidité, et ne pouvoir le quitter.

Mon secret est de forcer le lecteur à se dire à lui-même: « Philippe V sera-t-ilroi? sera-t-il chassé d'Espagne? la Hollande sera-t-elle détruite? Louis XIV succombera-t-il? » En un mot, j'ai voulu émouvoir, même dans l'histoire. Donnez de l'esprit à Duclos tant que vous voudrez, mais gardez-vous bien de m'en soupçonner.

Peut-être j'ai mérité davantage le reproche d'être un philosophe libre; mais je ne crois pas qu'il me soit échappé un seul trait contre la religion. Les fureurs du calvinisme, les querelles du jansénisme, les illusions mystiques duquiétisme, ne sont pas la religion. J'ai cru que c'était rendre service à l'esprit humain de rendre le fanatisme exécrable, et les disputes théologiques ridicules; j'ai cru même que c'était servir le roi et la patrie. Quelques jansénistes pourront se plaindre; les gens sages doivent m'approuver,

La liste raisonnée des écrivains, etc., que vous daignez approuver, serait plus ample et plus détaillée, si j'avais pu travailler à Paris; je me serais plus étendu sur tous les arts; c'était mon principal objet; mais que puis-je à Berlin?

Savez-vous bien que j'ai écrit de mémoire une grande partie du second volume ? mais je ne crois pas que j'en eusse dit davantage sur le gouvernement intérieur. C'est là, ce me semble, que Louis XIV paraît bien grand, et que je donne à la nation une supériorité dont les étrangers sont forcés de convenir.

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