Tragédie de Duels
3. LeUre en réponse à l'envoi d'un ouvrage manuscrit du roi de Prusse, ^ollaire l'adresse au copiste dont il suppose qu'il a reconnu l'écriture; en Éalilé il vise Frédéric.
Il faut que vous en ayez beaucoup, pour que vous ayez enfin montré par votre écrit la vraie manière d'être vertueux sans être un sot et sans être un enthousiaste.
Vous avez raison, vous touchez au but. C'est l'amour-propre bien dirigé qui fait les hommes de bon sens véritablement vertueux. 11 ne s'agit plus que d'avoir du bon sens; et tout le monde en a sans doute assez pour vous comprendre, puisque votre écrit est, cornme tous les bons ouvrages, à la portée de tout le monde.
Oui, l'amour-propre est le vent qui enfle les voiles, et qui conduit le vaisseau dans le port. Si le vent est trop violent. il nous submerge; si l'amour-propre est désordonné, il devient frénésie. Or il ne peut être frénétique avec du bon sens. Voilà donc la raison mariée à l'amour-propre : leurs enfantsont la vertu et le bonheur.
Je vous admire, mon cher Lorrain, quand je lis ces paroles : a Qu'y a-t-il de plus beau et de plus admirable que de tirer, d'un principe même qui peut mener au vice, la source du bien et de la félicité publique? y
On dit que vous faites aussi aux Welches l'honneur d'écrire en vers dans leur langue; je voudrais bien en voir quelquesuns. Expliquez-moi comment vous êtes parvenu à être poète, philosophe, orateur, historien et musicien. On dit qu'il y a dans votre pays un génie * qui apparaît les jeudis à Berlin, et que, dès qu'il est entré dans une certaine salle, on entend une symphonie excellente, dont il a composé les plus beaux airs. Le reste de la semaine il se retire dans un château bâti par an nécroman; de là il envoie des influences sur la terre. Je crois l'avoir aperçu il y a vingt ans; il me semble qu'il avait des ailes, car il passait en un clin d'œil d'un empire à un autre. Je crois même qu'il me fit tomber par terre d'un COU" d'aile.
Si vous le voyez ou sur un laurier ou sur des roses (car c'est là qu'il habite), mettez-moi à ses pieds, supposé qu'il en ait, car il ne doit pas être fait comme les tiommes. Dites-lui que