‹ Lettres choisiesChapitre 13 sur 456 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

et l'opinion des grands esprits qui, comme lui, ont parlé avec supériorité des arts où chacun d'eux avait excellé.

Une préférence si juste n'a pas été pour nous une raison d'exclure les lettres d'un autre caractère et d'un intérêt différent. Nous avons accueilli celles qui, ayant trait à certains points curieux de sa biographie, ou bien aux événements marquants de la politique, peuvent éclairer l'histoire de cette grande existence ou l'histoire du siècle ; il nous a semblé aussi que la qualité des correspondants, leur degré d'intimité avec Voltaire, l'action par eux exercée sur son esprit et sur ses destinées étaient des titres à notre attention, et nous avons cru qu'en mettant en lumière le plus de correspondants possibleet les plus distingués, on ferait mieux sentir l'importance de ses relations avec la société contemporaine.

11 est des lettres plus courtes, d'un ton plus simple, d'un style courant et pressé, qui nous montrent Voltaire dans le train journalier de ses habitudes, dans la fiévreuse activité de son travail, qui nous instruisent de l'habile gouvernement de sa fortune, qui nous décrivent les soins multiples et vigilants par lui donnés à ses maisons, à ses domaines -. bien loin deles écar ter, nous les avons recherchées, car un tel personnage doit être observé et connu dans toute la variété de ses entreprises et de ses aptitudes ; il ne faut négliger aucun aspect de ce tableau.

Notre commentaire a une certaine étendue. La lecture des lettres de Voltaire n'est possible ou du moins n'est utile et vraiment intéressante que si le texte est souvent éclairci par des notes qui expliquent les allusions dont elles sont remplies, le caractère et l'histoire des personnes dont elles parlent, les faits qu'elles rappellent, les dispositions présentes et la situation de celui qui les écrit. De là, selon nous, l'à-propos, disons mieux, la nécessité d'un commentaire historique et biographique, parfois même grammatical et littéraire, car ce texte, d'un mérite cl d'une pureté absolument classiques, doit être étudié et traité avec autant de soin que les modèles de goût et de style depuis longtemps consacrés par l'expérience de l'enseignement.

Faut-il ajouter, en terminant, que nous avons sévèrement exclu de ce recueil tout ce qui touche aux questions irritautes, « tout ce qui divise, aigrit et envenime », comme disait Sainte- Beuve*, et que nous avons tenu à présenter à déjeunes intelligences non des sujets de controverse, mais uniquement ce qui peut leur apporter une instruction, un agrément, une vive et séduisante image de certaines perfections de la langue française, du génie français, un brillant aperçu de l'histoire d'un grand siècle et d'un merveilleux esprit?

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