Observation qui a cessé d'être juste
±. C'est-à-dire, un bon acteur. Ce mot s'appliquait également aux acteurs tragiques et comiques; la Comédie-Française désignait le Théâtre- Français: « aller à la comédie «signitiait « aller au spectacle. » On lit dans M"" de Sévigné : « Racine a fait une comédie qui s'appelle Bajazet. »
(T. ir, p. 465.)
3. Frère de M. d'Argental et grand ami de M"" du Detfand. Le comte de Pont-de-Veyle, né en 1697, mort en 1774, fut lecteur du roi et intendant général des classes de la marine. 11 composa des chansons, des pièces fugitives et plusieurs comédies, le Fat puni, le Complaisant, le Somnambule.
4. La future duchesse de Châteauroux, née vers 1717, morte en 1744.
Son crédit grandissait chaque jour.
Elle était fort amie du duc de Richelieu, le prini'.ipal protecteur de Voltaire à cette époque. Voltaire était alors à Paris où il était venu passer l'hiver, en quittant Bruxelles à la fia de janvier 1742.
5. Voir cette lettre de Voltaire à Frédéric, juillet 174i, qui commence ainsi : a Sire, j'ai reçu des vers et de très jolis vers de mon adorable roi. » (Beuchot, t. LIV, p. 449, 1. mclxiii.) Comment cette lettre, écrite avec la liberté d'une causerie familière, a-t-elle été surprise et publiée? C'est un secret qui n'a pas été suffisamment expliqué. Elle ût grand bruit; les Mémoires et les correspondances du temps en témoignent. On peut lire, à ce sujet, les lettres échangées entre M"" du Deffand et le président Hénault. (T. I, p. 45, 46, 59, 61, 64.) Voltaire se hâta de désavouer les copies plus ou moins défigurées qu'on ea
lo6 LETTRES CHOISIES
la cruauté de la publier et telle qu'elle est parvenue, dit-on, entre vos mains, je mériterais voire indignation.
Mais, si vous saviez, madame, quelle est, depuis six ans ' , la nature de mon commerce avec le roi de Prusse, ce qu'il m'écrivit avant cette lettre, et dans quelles circonstances j'ai fait ma réponse, vous ne seriez véritablement indignée que de l'injustice que j'essuie * ; et je serais aussi sûr de votre protection que vous l'ôtes d'être aimée et estimée de tout le monde.
îlne m'appartient pas de vous fatiguer de détails au sujet de cette lettre, que je n'ai jamais montrée à personne, et au sujet de toutes celles du roi de Prusse, dont je n'ai jamais abusé.
Si je pouvais un jour, madame, avoir l'honneur de vous entretenir un quart d'heure, vous verriez en moi un bon citoyen, un homme attaché à son roi et à sa patrie, qui a résisté à tout, dans l'espoir de vivre en France^ ; un homme qui ne connaît que l'amitié, la société et le repos. Il veut vous devoir ce repos, madame; la France lui est plus chère, depuis qu'il a eu l'honneur de vous faire un moment sa cour, et ses sentiments méritent votre protection. J'ai l'honneur
faisait courir, il s'adressa à la toute puissante comtesse de Mailly auprès de qui il avaitd'influenls intercesseurs. Cette • tracasserie » fort vive, et pendant un instant dangereuse, ne dura pas.
1. Sur les commencements de ce t commerce •, et sur le sens de ce mot, V. pages 83 et 85, note 3.
2. Voltaire est fondé à dire qu'une lettre intime et confidentielle ne peut être ni comprise, ni jugée, si l'on ne connaît les circonstances qui l'ont précédée et qui l'expliquent.
3. Assertion vraie. Frédéric désirait vivement attirer Voltaire à Berlin et se l'attacher. « Il m'offre une bonne maison à Berlin et une jolie terre, écrivait celui ci à ses amis, mais je préfère mon second étage dans la mai-
son que j'habite ici, »(à Bruxelles, où il était retourné au mois d'août 1742.)
4. Au mois de septembre de cette même année 1742, Voltaire eut une troisième entrevue, à Aix-la-Chapelle avec Frédéric. Le cardinal de Fleury avait autorisé ce voyage, et il fut si satisfait du zèle qu'y déploya l'officieuse diplomatie du poète qu'il lui écrivit une lettre dont voici le début : « Vous êtes tout d'or, monsieur; j'ai fait part de votre lettre au roi qui en a été fort content. [Journal de Barbier, t. viti, p. 198.) — La tracasserie qu'on avait faite à Voltaire au mois de juillet, à propos de sa correspondance avec le roi de Prusse, était donc entièrement oubliée et réparée Il revint à Paris en novembre 1742
LETTiiE LXVII. — A M. L'ABBÉ AUNILLQN ».
Bruxelles, octobre 1742. Allah ! illah ! Allah; Mohammed rezoul, Allah !«
Je baise les barbes de la plume du sage Aunillon, fils d'Aunillon, resplendissant entre tous les imans ' de la loi du Christ.
Votre lettre a été pour moi ce que la rosée est poui' les fleurs, et le rayon de soleil pour le tournesol. Que Dieu vous couronne de prospérité comme vous l'êtes de sagesse, et qu'il augmente la rondeur de votre face ! Mon cœur sera dilaté de joie, et la reconnaissance sera dans lui comme sur mes lèvres, quand mes yeux pourront lire les doctes pages du généreux iman qui fortifie la faiblesse de mon drame par la force de son éloquence. J'attends avec impatience sa docte dissertation. Mais comme la poste des infidèles est très chère, et que le plus petit paquet coûte un sultanin *, je vous supplie de vouloir bien faire mettre promptement au coche de Bruxelles cet écrit bien ficelé et point cacheté, selon les usages de la peu sublime Porte de Bruxelles. Ce paquet arrivera en six ou sept jours, attendu qu'il n'y a que dixsept cent vingt-huit stades ^ de la ville impériale de Paris à celle où la divine Providence nous retient actuellement. Que Dieu vous accorde toutes les églantines ^ de
1. L'abbé Aunillon avait adressé à Voltaire, à propos de Mahomet, une lettre écrite en style oriental : le poète lui répond sur le même ton. — Chanoine et grand-vicaire d'Evreux, né en 16S4, Aunillon fit représenter en 1728 une comédie en trois actes et en prose : les Amants déguisés. Il composa aussi des romans : Azor ou le Prince enchanté; la Force de l'éducation. 11 mourut en 1760. Vers 1746 il fut envoyé à Bonn, sur le Rhin, avec une mission secrète du gouvernement, il était chargé de visiter et d'observer le pays. On a les rapports qu'il adressa au ministère.
t. « Dieu est Dieu ; Mahomet est le prophète de Dieu. »
3. L'iman est celui qui dans une mosquée préside aux prières publiques et prononce les paroles. Chez certains peuples musulmans, ce nom se donne, en outre, aux plus savants docteurs et interprètes de la loi. En résumé, il signifie : science et vertu.
4. Monnaie d'or, qui a cours en Turquie, en Egypte et dans les Etats barbaresques.
5. Le stade est de 180 mètres. Le calcul de Voltaire est approximatif:
on compte de Bruxelles à Paris, par voie de terre, 260 kilomètres, et 370 par le chemin de fer.
6. Fleur d'églantier en métal précieux qu'on décerne aux jeux floraux, institués à Toulouse en 1323, sous la
Toulouse et toutes les médailles des Quarante ! que le bordereau * de la fortune tombe de ses mains entre les vôtres I
Ecrit dans mon bouge, sur la place de Louvain % affligé d'une énorme colique, le 8 de la lune du neuvième mois, l'an^ de l'hégire \ [22.
Si la divine Providence permet que vous voyiez le plus généreux et le plus aimable des enfants des hommes, d'Argental, fils de Ferriol % dont Dieu croisse'* lachevance % nous vous prions de l'assurer que nous soupirons après l'honneur de le voir avec plus d'ardeur que les adjes ' ne soupirent après la vue de la pierre noire de Caaba ^, et qu'il sera toujours, ainsi que sa compagne ornée de grâces, l'objet des plus vives tendresses de notre cœur.
nom de CoUèr/e du gay scavoir, restaurés en 1484, par Clémence Isaure, et transformés en Académie par Louis XIV. Outre Téglantine, on y décerne l'amarante, la violette en or et le souci d'argent.
1. Etat des espèces diverses qui composent une somme ou le montant d'une caisse.