Histoire de Louis XI
4. Waivode de Transylvanie (1400- 1456),que les Turcs avaient surnommé le Diable. Il les battit souvent, gouverna la Hongriependant une régence de douze ans, et défendit avec succès Belgrade contre Mahomet II en 1456. — Ladislas IV, roi de Pologne et de Hongrie, battu et tué par les Turcs à la bataille de Varna en 1441.
Son successeur Ladislas V, fils d'Albert d'Autriche, fit périr le fils d'Hunyade, libérateur du pays et défenseur du trône ; la haine de ses sujets le força ù s'enfuir à Prague où il mourut à dix-neuf ans.
DR VOLTAIRE. l'S
VOUS l'écris dans la crainte de ne pas vous Irouver. Bonsoir, Snllusle.
LETTiiE LXXVI. — A Bl. LE M&RQUIS D'ARGENSON».
Jeudi 13 mai 1745, à onze heures du soir 2.
Ab ! le bel emploi pour voire historien' ! Il y a trois cents ans que les rois de France n'ont rien fait de si glorieux. Je suis fou de joie.
Bonsoir, monseigneur.
LtTTnE LXXVII. — AU r/IÊWt.
Le ÎO de mai 1745, aa soir
Vous m'avez écrit, monseigneur, une lettre telle * que M™^ de Sévigné l'eût faite, si elle s'était trouvée au milieu d'une bataille. Je viens de donner bataille aussi, et j'ai eu plus de peine à chanter la victoire % que le roi à la remporter. M. Bayard de Richelieu* vous dira le
1. Sur ce personnage, V. page 123, note 9. — Le marquis d'Argenson, ami de Voltaire, et l'un de ses plus fermes appuis à la Cour, était min'stre des atfaires étrangères depuis le 28 novembre 1744. Il quitta ce poste en janvier 1747 et mourut dix ans après. Homme d'un extérieur un peu lourd, parfois trivial dans ses expressions, mais esprit élevé, profond, rêveur sérieux qui, parmi quelques chimères, a prédit et appelé de ses vœux la plupart des réformes économiques et sociales que le dix-neuvième siècle a réalisées. Il a laissé en neuf volumes publiés par la Société de l'Histoirp. de France des mémoires du plus haut intérêt.
2. La nouvelle de la victoire de Fonlenoy, remportée le 11 mai 1745, venait d'arriver à Paris.
3. Voltaire venait d'être nommé genlilliomme ordinaire de la chambre du roi et historiographe de France avec deux mille francs d'appointements. Le brevet qui lui confère ce second t tre est daté du l^ avril 1745 : On y lit : « Personne n'a paru à Sa Majesté plus digne de recevoir des marques de sa hienveillance et d'être distingué par un titre honorable
LETTU. Ca. DE VOLTAIRE.
que le S. Arrouet de Voltaire, qui par la supériorité de ses talents a fait les progrès les plus rapides dans toutes les sciences qu'il a cultivées et dont les ouvrages reçus avec de justes applaudissements sont le fruit... »
4. Cette lettre, fort belle, en effet, écrite sur le champ de bataille par le marquis d'Argenson qui accompagnait le roi, est citée dans la Cor' respondance générale de Voltaire (n» Mcccxxxix. Edit. Beachot).
5. Allusion au poème de Fontenoy qu'il composa sur les premiers bulletins de la victoire. Cette improvisation poétique eut un très grand succès. En dix jours, il en parut cinq éditions.
6. Surnom donné au duc de Richelieu par le marquis d'Argenson dans sa lettre sur la journée du 1 1 mai. Le duc s'était signalé dans la bataille :
a Votre ami, M. de Richelieu, est un vrai Bayard .-c'est lui qui a donné le conseil, et qui l'a exécuté, de marcher à rinfanlerio anglaise, comme des chasseurs, ou comme des fourrageurs, pèle-mèle, la main baissée, le bras raccourci, maîtres, valets, offi-
reste. Vous verrez que le nom d'Argenson n'est pas oublié*. En vérité vous me rendez ce nom bien cher; les deux frères le rendront bien glorieux.
Adieu, monseigneur; j'ai la lièvre à force d'avoir embouché la trompette. Je vous adore*.
LETTRE LXXVill. — A M. D'ALEMBERT '.
Le 13 décembre 1746.
En vous remerciant, monsieur, de vos bontés et de votre ouvrage sur la cause générale des vents*. Du temps de Voiture % on vous aurait dit que vous n'avez pas le
ciers, cavaliers, infanterie, tous ensemble. Cette vivacité française, dont on parle tant, rien ne lui résiste ; ce fut l'affaire de dix minutes que de gagner la bataille avec cette botte secrète. Les gros bataillons anglais tournèrent le dos... »