M"« de Launay, qui a passé qua
LETTRE LXXXlil. — A M. DESTOUCHES î.
A Paris, 1749,
Auteur solide, ingénieux 2^ Qui du théâtre êtes le maitre, Vous qui fites le Glorieux ^ Il ne tiendra qu'à vous de l'être; Je le serai, j'en suis tenté, Si mardi ma table s'honore D'un convive si souhaité; Mais je sentirai plus encore De plaisir que de vanité.
Venez donc, mon illustre ami, mardi à trois heures ; vous trouverez quelques académiciens, nos confrères; mais vous n'en trouverez point qui soit plus votre partisan et votre ami que moi. AP" Denis * dispute avec moi, je l'avoue, à qui vous estime davantage ' ; venez juger cette querelle. Savez-vous bien que vous devriez apporter votre pièce nouvelle ^ ? Vous nous donneriez les prémices des plaisirs que le public attend. L'abbé du Resnel^ ne va point aux spectacles, et il est très bon juge; ma
rante années à la cour deSceaux (1710- 1750), a décrit, dans ses spirituels mémoires, les amusements de ce « palais des arts et des plaisirs » : « On jouait des comédies ou l'on en répétait tous les jours. On songea aussi à mettre les nuits en œuvre pour des divertissements qui leur fussent appropriés. C'est ce qu'on appela les grandes Nuits... » (p. 9U), — Voir la idescription de ces divertissements dans les Mémoires du Président Eénault,Y>. 112-120.
1. V. page 161, note 3. — Ce poète avait donné aux comédiens une pièce nouvelle en cinq actes et en vers, la Force du yiaturel.
2. Expressions fort justes, car Destouches a pour mérite distinctif unbon sens fin, une sagesse ingénieuse plutôt que la verve comique.
3. Sa meilleure pièce, jouée en 1742 : elle eut trente représentations.
4. V. page 33, note 5. — Mariée en I7J8 à un chevalier de Saint-Louis,
commissaire ordonnateur des guerres, jyjinc Denis devint veuve en 1744 et ouvrit à Paris, rue du Bouloi, un salon où elle accueillait quelques gens de lettres, entre autres Marmontel, qui débutait alors au théâtre. (Mémoires de Marmontel, 1. III, p. 87, édition Belin.) — Elle était laide, mais elle avait du babil et quelque teinture de belles-lettres; elle était bonne musicienne, aimait le plaisir, le luxe et la dépense. A la fin de cette année 1749, elle quitta samaison et vint s'installer chez son oncle.
5. Cette dame, absolument dénuée de talent, montrait à cette époque des prétentions littéraires et tenait en portefeuille une comédie intitulée la Coquette punie, qu'on ne joua jamais, Lt dont la Noue s'appropria le sujet en 1757 dans la Coquette corrigée.
6. Jouée le 11 février 1750, cette pièce eut un certain succès et se soutint pendant une douzaine de représentations.