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V. page 124, note 3 et page 37, note

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livre qn'à elle. L'approbation qu'il me faut est celle des honnêtes gens et deslecleurs déb-inléresscs.

J'aurais voulu demander à La Métrie, à l'article delà mort, des nouvelles de Vécorce d'oraiige *. Celle belle âme, sur le point de paraître devant Dieu, n'aurait pu mentir. Il y a grande apparence qu'il avait dit vrai. C'était le plus fou des hommes, mais le plus ingénu.

Le roi me disait tiier, devant d'Argens -, qu'il m'aurait donné une province pour m'avoir auprès de lui ; cela ne ressemble pas à Vécorce d'orange. Apparemment qu'il n'a pas promis de province au chevalier de Cliazot ^. Je suis très sûr qu'il ne reviendra point. Il est mécontent % et il a, d'ailleurs, des affaires plus agréables *. Laissez-moi arranger les miennes ®. Est-il possible qu'on crie toujours contre moi à Paris et qu'on me prenne pour un déserteur qui est allé servir en Prusse '?

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La Mellrie étail

mort le 1 1 novembre préecdent à l'iiire de 43 ans. « J<j ne reviens point de mon clonnement. MylordTyrconnel envoie prier la Meliriede venir le voir pour le guérir ou pour l'amuser. La Metlrie part, arrive chez son malade dans le temps que M"" Tyrconnel se met à lal)le ; il mange et boit, et parle, et rit plus que tous les convives ; quand il en a jusqu'au menton, on apporte un pàlé daigle déguisé en faisan, qu on avait envoyé du n^rd, bien farci de mauvais lard, de hachis de jiorc et de gingembre; mon homme mange tout le pàlé. et meurt le lendemain chez mylord Tyrconnel, assisié de deu.x médecins dont il s'était moqué. Voilà une gande époque dans 1 histoire des gourmands... Ma chère enfant, les chênes tombent, et les roseaux demeurent. » (Voltaire à M"* Denis, 14 novembre 1751.)

i. V. page 202, note 2.

3. Le e'iovalier de Cliazot, né en 17lfi, avait quille le service du roi de France à la suite d'un duel, où il avait tué son adversaire, cl s'élait réfugié auprès de Frédéric. Il eut le bonheur de sauver la vie à ce prince sur le champ de bataille de Muliwitz (1741) et reçut en récompense l'ordre pour le Méril'e avec le grade de major dans le régiment de Bayreulh. 11 se distingua dans les journées de Czaslau (I74ï) et de Hohenfriedberg (1745), fut mis à

l'ordre du jour de l'armée et célébré par Frédéric dans son poème intitulé Palladion. Ce brillant oflicier était joueur et prodigue : une question d'argent 1 ayant brouillé avec le roi de Prusse, il feignit d'être malade pour obtenir l'autorisation de rentrer en France. Au lieu de retourner sur le Rhin, il accepta l'offre que lui fit le Sénat de Lubeck de la place de gouverneur militaire de celte ville. 11 avait passé dix-huit ans en Prusse. — Desnoiresterres, t. IV, pages 51-65; 202-205.

4. Le roi, sur un futile prclexte, avait traité durement le chevalier de Ch.-izot à la tète de son régiment dans une grande revue du mois de mai 1751.

5. La vieille duchesse de Strélitz lui avait fait des legs considéiabics; rinijiératrice de Russie lui ofTrail le grade de général-major et un régiment de dragons. 11 donna la préférence aux propositions du sénat de Lubeck.

(Noie de M. de Latoucbe, ministre de France, à Berlin, successeur de Tyrconnel. — Journal de l'Institut historique, t. V. p. 29, 3' année, août 1836.)

6. « Je résolus de mettre en sûreté les pelures de l'orange. » Mémoires écrits par Voltaire en 1759.

7. Sur ce soulèvement passager de l'opinion, V. page 199, note 2.

Je VOUS répète que cette clef de chambellan, que je ne porte jamais, n'est qu'un bénéfice simple * ; que je n'ai point fait de serment ; que ma croix est un joujou auquel je préfère mon écriloire; en un mot, je ne suis point naturalisé Vandale, et j'espère que ceux qui liront V Histoire de Louis XIV verront bien que je suis Français ". Gela est étrange qu'on ne puisse avoir un titre inulile chez un roi de Prusse, qui aime les belles-lettres, sans soulever nos compatriotes ^ ! Je désire plus mon retour que ceux qui me condamnent de m'être en allé, et vous savez que ce ne sera pas pour eux que je reviendrai. Le Meunier^ son Fils et l'Ane *, n'ont pas essuyé plus de contradictions que moi.

On voit de loin les objets bien autrement qu'ils ne sont. Je reçois des lettres de moines qui veulent quitter leur couvent pour venir auprès du roi de Prusse, parce qu'ils ont fait quatre vers français. Des gens que je n'ai jamais connus m'écrivent : « Comme vous êtes l'ami du roi de Prusse, je vous prie de faire ma fortune. » Un autre m'envoie un paquet de rêveries ; il me mande qu'il a trouvé la pierre philosophale, et qu'il ne veut dire son secret qu'au roi. Je lui renvoie son paquet, et je lui mande que c'est le roi qui a la pierre philosophale. D'autres, qui vivaient avec moi dans la plus parfaite indifférence, me reprochent tendrement d'avoir quitté mes amis. Ma chère enfant, il n'y a que vos lettres qui me plaisent et qui me consolent ; elles font le charme de ma vie.

1. On appelait ainsi un emploi d'Eglise, avec revenu, par exemple, un canonicat, une abbaye, qui n'exigeait point la résidence du titulaire.

2. Dès sa première apparition, le Siècle excita l'enthousiasme des contemporains : a G le livre admirable, écrivait à cette date le marquis d'Argenson dans son journal; que d'esprit et de génie ! Quel choix de grandes choses ! Que cela est vu de haut et en grand 1 Quel style noble et élevé ! Peu de fautes et beaucoup de vérités.

Vc.llaire sait tout, parle de tout en expert... — Edition Janet, t. v, p. 147,— La première édition du Siècle de Louis XJV, faite à Berlin, offrait une

singularité d'impression, qui nous est signalée par lord Chesterûeld dans une lettre à son fils datée du 13 avril 1752 : il n'y avait aucune lettre majuscule dans le livre, excepté au commencement d'un paragra(.he ; les noms d'hommes, de villes et de n;itions étaient imprimés comme tous les noms communs sans lettre capitale au commencement du mot.

3. « Le Français est de tous les peuples celui qui se plait le plus à écraser ceux qui le servent, en quelque genre que ce puisse être.» — "Voltaire, lettre à d'Argental, 1751. {Correspondance générale, n» MDCCLXiV.)

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