LETTRE XCV[. - A M. LE MARÉCHAL DUC DE RICHELIEU
A Polsdam, le lOjuin 1752.
Mon héros^j vos bontés m'ont fait éprouver une espèce de plaisir que je n'avais pas goûté depuis longtemps. En lisant voire belle lettre de trente-deux pages ', j'ai cru vous entendre, j'ai cru vous voir, je me suis imaginé être à votre chocolat, au milieu de vos pagodes *, et goûter le plaisir délicieux de votre entretien. Je vous remercie tendrement de tous les éclaircissements que vous voulez bien me donner; ce sont presque les seuls qui me manquaient.
Vous savez que j'avais passé près d'un an à faire des extraits des lettres de tous les généraux et de beaucoup de ministres ** ; je doute qu'il y ait à présent un homme
dix-septième siècle, même après que la prononciation, d;ibord semblable, fût ce.enue différente :
J.'hoDDeiir et la vertu n'osèrent plus pa- [roitre; La piété chercha le désert et le cloître. BoiLEAO, Ep., m, 80.
— On dit, à ce propos, qu'un jour ce dieu
[bizarre,
Voulant pous.=er à bout tous les ri meurs
[fronçois
Inventa du sonnet les rigoureuses lois.
]u., Art poét.. H, 82.
1. En 1694, l'année même de la naiseance de Voltaire, un grammairien peu connu, Hené Miileran, avait recommandé celte réforme ortlio^rapliique dans un livre intitulé : les deux Grammaires françaises. U est peu probable que Voltaire en ait eu connaissance. — Desnoircsterres, t. IV, p. 213.