Herculanum. V, pagn 196, note
fi. C'est-à-dire, destiné à. Sorte de
latinisme reçu dans la langue fran-
çaise. C'est le mot d'Evandre, dansVirgile, au sujet de la mort de Pallas:
Félix morte tua, Dcquo in hune ncrvala [dnloreru.
(Virgile, ÂSn., xi, 139.
6. « Nous ne sommes que des ombres d'un moment, et cependant on se donne des peines, on fait des projets, comme si on était immortel. Adieu, monseigneur ; daignez m'ai;uer encore un peu pour le moment où nous avons à végéicr sur ce [.•■■lit tas de boue, où vous ne laissez pas «le faire de grandes choses. » (Lettre au comte d'Argenson, 15 février 1752. J
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La consolation qui resterait à un certain âge, ce serait de faire encore un bond auprès des gens ta qui on a donné dès longtemps son cœur. Mais sais-je ce que je ferai demain? Occupons comme nous pourrons, de quart d'heure en quart d'tieure, la vanité de notre vie. S'il est permis d'espérer quelque chose à un homme dont la machine se détruit tous les jours, j'espère venir vous voir, cette année, avant que l'exei'cice de votre charge * vous dérobe cà mes empressements et vous fasse perdre un temps précieux.
Nous attendons ici le chevalier de La Touche ^ ; je le verrai avec plaisir, mais je le verrai peu. Le goiit de la retraite me domine actuellement. J'aime Potsdam quand le roi y est, j'aime Potsdnm quand il n'y est pas. Je trompe mes maladies par un travail assidu et agréable. J'ai deux gens de lettres auprès de moi qui sont mes lecteurs, mes copistes, et qui m'amusent, entièrement libre auprès d'un roi qui pense en tout comme moi. Algarotti et d'Argens ^ viennent me voir tous les jours au château où je suis logé ; nous vivons tous trois en frères, comme de bons moines dans un couvent *.
Pardonnez à mon tendre attachement, si je vous rends ce compte exact de ma vie ; elle devait vous être consacrée; souffrez au moins que je vous en soumette le tableau. Mon âme, toujours dépendante de la vôtre, vous devait ce compte de l'usage que je fais de mon exii^tence. Vous ne m'avez point parlé de M. le duc de Fronsac ni de M^^® de Richelieu ^ ; je souhaite cependant que vous
1. Le duc de Richelieu, qui était rua des quatre premiers gentilshommes de la chambre du roi (depuis 1744), devait être de service ou d'année en 1753.
2. Ministre de France en Prusse, successeur de lord Tyrcounel. 11 arriva à Berlin le id juillet 1752. — a De Berlin, 27 juillet. Le chevalier de la Touche, ministre de France, qui arriva ici hier de Hanovre, doit avoir incessamment audience du roi. » — [Gazette d'Utrecht, du 4 août 1752.)