‹ Lettres choisiesChapitre 192 sur 456 · Le couvent est toujours sous la · texte numérisé non relu

Le couvent est toujours sous la

bénédiction du seigneur: mais comptez que, de tous les moines, le plus chétif, qui est moi, est celui qui vous aime davantage. «(Lettre à Dar-et, 29 avril 1 752.) — u Ce monde est un vaste temiile dédié à la discorde. Notre académie de Berlin est une chapelle tout à fait sous la protection de cette divinité. »

(Lettre à M"» Denis, 22 mai 1752 ) Ces deux appréciations, très di Ilerentes, mais vraies l'une et l'autre, selon les temps, résument l'histoire du séjour de Voltaire en Prusse.

5. Nés du mariage du duc de Hii-helicu avec la princesse de Guise.

soyez un aussi heureux père que vous êtes un homme considérable par vous-même. Le bonheur domestique est, à la longue, le plus solide et le plus doux. Adieu, monseigneur ; je fais mille vœux pour que vous soyez heureux longtemps et que je puisse en être témoin quelques moments.

Je m'aperçois que j'ai encore beaucoup bavardé, après avoir cru finir ma lettre. Pardonnez celte prolixité à un homme qui compte parmi les douceurs les plus flatteuses de sa vie celle de s'entretenir avec vous, et de vous ouvrir son cœur. Adieu, encore une fois, mon héros ; adieu, homme respectable, qui soutenez l'honneur de la patrie. Il me semble que je vous serais attaché par vanité, si je ne vous l'étais par le goût le plus vif. Conservez-moi des bontés que je préfère à tout.

LETTRE XCVII. — A Mn^e DENIS.

A Potsdam, le 24 juillet 1752.

VouL avez la plus grande raison, vous et vos amis, de presser mon retour ; mais vous ne m'en avez pas toujours pressé par des courriers extraordinaires, et ce qu'on mande par la poste est bientôt su ^ Quand il n'y aurait que ce malheur-là dans l'absence (et il y en a tant d'autres !), il ne faudrait jamais quitter sa famille et ses amis. L'établissement des postes est une belle chose, mais c'est pour les lettres de change. Le cœur n'y trouve pas son compte; il n'est plus permis de l'ouvrir dès qu'on est éloigné.

La plus grande des consolations est interdite; je ne vous écris plus, ma chère enfant, que par des voies sûres, qui sont rares. Voici mon état : INIaupertuis ' a fait discrè-

Vol taire avait contribué à ce mariage en 1734. V. page 74, note 2. — Le fils aîné, dans la maison de Richelieu, portait le titre de duc de Fronsac, tant que vivait son père.

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