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Cette lettre ne s'est pas retrouvée

3. Jacques de Pérard, de l'Académie de Berlin. Do 1746 à 1750 il travailla à la Nouvelle Bibliol/tègiie germaniqui^ avec Formey, autre protestant français, né à Berlin d'une famille de réfugiés, professeur d'éloquence et de philoso[iliie, secrétaire perpétuel et doyen de l'Académie.

4. Les deux Denys, tyrans de Syracuse, vécurent de 405 à 343 avant J.-C.

D. [-C 1" janvier 1753, Voltaire ren-

LETTRE XCIX. — A FRANÇOIS |er, EMPEREUR D'ALLEMAGNE

A Francforts, le 5 juin 17b3.

Sire,

C'est moins à l'Empereur qu'au plus honnête homme de l'Europe que j'ose recourir dans une circonstance qui l'étonnera peut-être, et qui me fait espérer en secret sa protection.

Sa Sacrée Majesté^ me permettra d'ahord de lui faire voir comment le roi de Prusse me fit quitter ma patrie, ma famille, mes emplois, dans un âge avancé. La copie ci-jointe*, que je prends la liberté de confier à la boulé compatissante de Sa Sacrée Majesté, l'en instruira.

Après la lecture de cette lettre du roi de Prusse, on pourrait être étonné de ce qui vient de se passer secrètement dans Francforts

voya à Frédéric, avec une lettre respectueuse, le cordon de son ordre et la clef de chambellan. Frédéric insista pour qu'il les reprît et une réconciliation parût s'accomplir; le iioète semblait rentré dans la faveur du roi.

Mais Voltaire avait pris son parti et sa résolution était inébranlable. Alléguant sa santé, il supplia Frédéric de Tautoriser à partir; l'autorisation lui fut accordée, fort à regret, le 26 mars, et il partit le jour même dans un vaste carrosse à six chevaux où se tenaient son secrétaire et deux domestiques.

Le lendemain, 27, il arriva à Leipsig.

— Desnoiresterres, t. IV, p. 380-490.

1. Fils aîné du duc Léopold de Lorraine, dont la famille tenait ce duché depuis l'an 959 sans interruption, François 1" né en 1703, échangea la Lorraine en 1738 contre la Toscane et fut nommé empereur d'Allemagne en 1745. U avait épousé Marie-Thérèse, fille de l'empereur Charles VI, en 1736. Par lui, la maison de Lorraine devint maison impériale. II mourut en 1765; Marie-Antoinette, reine de France, était sa fille.

2. L'une des quatre villes libres de l'ancienne Confédération germanique, autrefois ville impériale, ville du cou-

ronnement. La célèbre bulle d'or de Charles IV s'y conservait dans le Rœmer, hôtel de ville. Place de commerce et de cliange considérable, centre important des opérations du Zollverein : 65,000 habitants environ.

3. Telle était la formule ou le protocole dont on se servait en s'adressant à l'empereur d'Allemagne, au chef « du Saint-Empire romain. » — V. page 187, note 5.

4. De la lettre du roi de Prusse, du 23 août 1750, lettre souvent invoquée par Voltaire.

5. Parti de 'Berlin le 26 mars, arrivé à Leipsig, hors des Etats de Frédéric, le 27 au soir. Voltaire y séjourna jusqu'au 18 avril, y terminant ses écrits contre Maupertuis. 11 se rendit de là à Gotha où le duc et la duchesse le reçurent au château et le retinrent trente-trois jours, obtenant de lui, en retour, la promesse d'écrire les Annales de l' Empire. Le 26 mai. il était à Cassel chez le landgrave de Hesse; le 30 il couchait à Marbourg, et le 31, à la nuit tombante, il franchissait les portes de Francfort-sur-le-Mein,en se diriger.nl vers Strasbourg

J'arrive à peine dans cette ville, le l"juin% que le sieur Freitag, résident de Brandebourg -, vient dans ma cb ambre ', escorté d'un officier prussien %et d'un avocat, qui est du sénat, nommé Biiker ^ Il me demande un livra imprimé, contenant les poésies du roi son maître, en vers français.

C'est un livre où j'avais quelques droits, et que le roi de Prusse m'avait donné, quand il fit les présents de ses ouvrages ^

J'ai dit au résident de Brandebourg que je suis prêt de "^ remettre au roi son maître les faveurs dont il m'a honoré, mais que ce volume est peut-être encore à Hambourg*, dans une caisse de livres prête' à être embarquée; que je vais aux bains de Plombières, presque mou-

1. Outre cette lettre, et les détails contenus dans la Correspondance générale à celte époque, il existe dL-iix récits faits par Voltaire de l'aventure de Francfort : le premier, très sérieux, très motivé fut rédi-é probablenrient pour le comte de Stadion, conseiller intime de l'empereur et grand maître de la cour de Vienne; il est inséré dans la Correspondance générale; le second, plus libre et plus plaisant, est contenu dans les Mémoirrs, écrits par Voltaire en 1719, pour servir à l'histoire de sa vie. Les historiens allemands se sont occupés du même fait, pour justifier le roi de Prusse :

M. Saint-Hené Taillandier a résumé et discuté leurs travaux et leurs découvertes dans un savant article de la Bévue des Deux-Mondes (15 avril 1865).

2. Résident de Brandebourg. Bien que l'électoral de Brandebourg fût devenu,depuis un demi-siècle, le royaume de Prusse, les termes anciennement consacrés n'avaient pas changé le protocole des relations officielles de la Prusse avec les villes libres d'Allemagne et avec la Diète. La Prusse n'avait à Francfort qu'un envoyé portant le titre de « résident de Brandebourg. » L'envoyé « résident » ou en résidence dans l'Etat auprès duquel il était accrédité, était moinsqu'un ambassadeur et plus qu'un simple agent.

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