Hambourg. V. page 200, note
— 11 était à Leipsig et il arriva à Francfort le 18 juin.
9. Prête à, c'est-à-dire, « préparée pour l'embarquement. » — Prêt à était d'un usage fréquent, en ce sens, au dix-septième et au dix-huitième siècles. On dit aujourd'hui près de.
rant, et que je le prie de me laisser la vie en me laissant continuer ma route.
n me répond qu'il va faire mettre une garde à ma porte* ; il me force à signer un écrit par lequel je promets de ne point sortir jusqu'à ce que les poésies du roi son maître soient revenues; et il me donne un billet de sa main conçu en ces termes :
« Aussitôt le grand ballot que vous dites d'être à Leipsick ou à Hambourg sera arrivé, et que vous aurez rendu Y œuvre de poëshie à moi, que le roi redemande, vous pourrez partir oii bon vous semblera ^. »
J'écris sur-le-champ à Hambourg pour faire revenir Yœuvre de poëshie pour lequel je me trouve prisonnier dans une ville impériale ^, sans aucune formalité, sans le moindre ordre du magistrat*, sans la moindre apparence de justice. Je n'importunerais pas Sa Sacrée Majesté s'il ne s'agissait que de rester prisonnier jusqu'à ce que Vœuvre de poëshie^ que M. Freitag redemande, ftit arrivée à Francfort ; mais on me fait craindre que M. Freitag n'ait des desseins plus violents % en croyant faire sa cour à son maître, d'autant plus que toute cette aventure reste encore dans le plus profond secret.
Je suis très loin de soupçonner un grand roi de se porter, pour un pareil sujet, à des extrémités que son rang et sa dignité désavoueraient, aussi bien que sa justice, contre un vieillard moribond qui lui avait tout sa-
1. Celle menace ne fut exécutée que le 20 juin, lorsque Voltaire, après avoir remis « l'œuvre de poësliie » et les insignes redemandés, se croyant libre de partir, fut arrêté indûment par Freytag qui attendait de nouvelles instructions et qui l'interna, lui, sa nièce el son secrétaire, dans l'auberge de la Corne de Bouc sous la garde de quatre soldats.
2. Ce* « œuvre de poëshie », imprimé secrètement en 1751 dans une chambre du château de Polsdam, et distribué à de très rares confidents, contenait un poème burlesque, le Palladion, dont Frédéric était l'auteur et où certains hauts personnages étrangers n'étaient pas épargnés. Il crai-
gnait que Voltaire, pour se venger, ne se servît de l'exemplaire qu'il lui avait donné. De là, tout le bruit de cette aventure de Francfort.
3. Francfort était à la fois ville libre et ville d'empire, siège de la diète, et lieu d'élection et de couronnement pour les empereurs. Cette arrestatioa était ab?oInraent arbitraire et illégale. Le roi de Prusse n'avait aucun pouvoir à Francfort, et le résident Freytag, chargé de veiller aux intérêts de SCS nationaux, était sans droit sur Voltaire, sujet français.