M"" de Sévigné, née en 16i
mourut en 1696. Sa fille ayant épousé en 1669 le comte de Grignan qui fut appelé en 1671 au gouvernement de Provence, en l'absence du jeune gouverneur, le duc de Vendôme, cette séparation de la fille et de la mère donna li«u. à l'/idinirable correspondance que Voltaiie caractérise d'u-j
mot si simple et si juste. Les autres dames auxquelles il est fait allusion ici sont apparemment. M""" de Maintenon (1635-1719), dont on a plusieurs volumes à& Lettres, M""* de La Fayette (1632-1693) dont la Correspondance, encore inédite ou peu connue aujourd'hui, était fort goùtco des contemporains, M"" de Caylus (1673-1729), pour qui Racine composa le prologue d'Esther, et dont les Souvenirs sont écrits avec tant de naïveté piquante et de délicatesse.
4. M"»* Deshoulières (1633-1694) s'exerça dans presque tous les genres, depuis* le madrigal jusqu'à la tragédie mais elle ne réussit que dans la pastorale et la poésie philosophique. Ses amis la surnommaient la Dixième muse, la Calliope française.
5. Pour la naïveté. On peut répéter ici les observations de Fénelon et les appliquer au genre de mérite qui caractérise ces poésies, moins estimées aujourd'hui et tombées dans l'oubli :
« Je préfère l'aimable au surprenant et au merveilleux... Je veux que (le poète) me fasse penser, non à lui et à son bel esprit, mais aux bergers qu'il fait parler. Combien cette naïveté champêtre a-t-elle plus de grâce qu'un trait subtil et raftiné de bel esprit I Oh ! qu'il y a de grandeur à se rabaisser ainsi, pour se proportionner à tout ce qu'on peint, et pour atteindre à tous les divers caractères ! i (§V.)
ne sera pas aussi clair, aussi simple, aussi élégant, ne vaudra rien du tout.
Yos réflexions, mademoiselle, vous eji^ apprendront centjbis jdIus quejejie pourniis vous en dire. Vous verrez que nosjbdns écrivains, Fénelon, BossûetHR-acine, Despréaux^employaient touiours]emot propre * . Ou s'ac- "coutumé^à bien parler, en lisant~soïrvent ceux" qui ont J^^BTënTcrir^^^ô^^ simple-
ment et noblenient-sa-^ensée sans effort. Ce n'est.point une étude; il n'en coûte aucune peine de lire ce qui est bon, et de ne lire que cela ; on n'a de maître que son plaisir et son goût.
Pardonnez, mademoiselle, à ces longues réflexions; ne les attribuez qu'à mon obéissance à vos ordres.
J'ai l'honneur d'être avec respect, etc.